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SCIENCES EXACTES ET NATURELLES

Planète science (april – juin 2007)

Sommaire Vol. 5 n°2

Planète science (april – juin 2007)

PLEINS FEUX SUR
p 2 -Loin de la nanomanie

ACTUALITÉS
p 8 -Avis de tempête sur le réchauffement planétaire
p 9 - « Diversité » cartographie le corridor biologique de la Mésoamérique
p 10 - Colonie de vacances avec des robots
p 10 - Le programme mondial de l’eau se délocalise en Italie
p 11 - Les Palestiniens acquièrent une chaire de math et de physique
p 11 - L’Afrique s’engage en faveur de la recherche
p 12 - Un prêt de 30 millions de dollars pour la réserve du pays maya
p 13 - Surveillance sismique à plein temps des mers d’Europe
p 13 - Un demi million de dollars pour des scientifiques prestigieuses

INTERVIEW
p 14 - Igor Vasilievich Severskiy sur la fonte des glaciers en Asie centrale

HORIZONS
p 16 - Sauver ce qui reste de la fauneau Darfour
p 21 - Dénombrer les femmes scientifiques : un véritable cassetête

EN BREF
p 24 - Agenda
p 24 - Vient de paraître

Lien direct vers Vol. 5 n°2 (document PDF)

Voir aussi les ARCHIVES de Planète science

ÉDITORIAL

Le plafond de verre

L' UNESCO a entrepris depuis une dizaine d’années un programme d’activités « Femmes, science et technologie ». Ne s’agit-il pas d’une question secondaire au regard de problèmes majeurs tels l’extrême pauvreté, le réchauffement climatique et les pandémies, pour ne citer que quelques exemples ? Alors que la planète est confrontée à des enjeux cruciaux pour sa survie, n’aurait-on pas mieux à faire que d’attribuer des prix et des bourses spécifiquement aux femmes ou de se préoccuper de l’éducation scientifique des filles?

Prenons le temps d’examiner la situation. Les dernières données publiées par l’Institut des statistiques de l’UNESCO, et présentées dans ce numéro, montrent que la science et la technologie restent des domaines majoritairement investis par les hommes. Les femmes représentent seulement le quart des chercheurs dans le monde, environ 10% des professeurs d’université et moins de 5% des membres des académies des sciences, sans parler de leurquasi absence des Prix Nobel scientifiques, avec moins de 3% d’attributions.

Et même si le nombre de femmes impliquées dans les sciences de la vie dépasse souvent celui de leurs collègues masculins, il n’empêche que, dans ces domaines aussi, le « plafond de verre » se fait sentir dès qu’on atteint les postes de décision. « Nos collègues masculins n’acceptent pas facilement les femmes », regrette le Professeur AmeenahGurib-Fakim, l’une des cinq lauréates du Prix L’ORÉAL–UNESCO de cette année.Elle ajoute : « Pour qu’une femme réussisse, son bagage doit être dix fois plus lourd que celui de son homologue masculin. »

Même dans des pays comme l’Argentine, la Thaïlande et le Kazakhstan, où s’est instaurée la parité entre les sexes, le plafond de verre demeure une réalité. Cependant, comme il est habituel avec l’arrivée de toute population nouvelle, l’afflux des femmes dans les professions scientifiques commence à modifier, lentement mais sûrement, la physionomie de ces professions. Les femmes apportent avec elles des approches et des points de vue nouveaux qui ne peuvent que bénéficier au progrès. L’influence des femmes se traduit déjà dans l’agenda de la science, grâce à leur présence plus importante dans les conseils scientifiques. Elles confèrent à l’innovation une valeur ajoutée, du fait qu’elles détiennent, par leur statut d’ « initiées », des informations privilégiées en matière de besoins et d’aspirations des consommatrices, qui pourraient être précieuses dans l’élaboration de produits et de services.

Le plafond de verre ne se brisera pas du jour au lendemain. Mais je suis fier de penser que le partenariat de l’UNESCO avec L’ORÉAL, qui a déjà honoré 350 femmes scientifiques durant les neuf premières années de son existence, aura contribué à le fissurer.

W. Erdelen
Sous-directeur général pour les sciences exactes et naturelles

  • Publication Date: 07-04-2007
     - Planète science
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