Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
Lancement à New York de la Décennie des Nations Unies pour l'Alphabétisation

Paris – « L’alphabétisation, source de liberté », est le thème de la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation (2003 – 2012), qui va être lancée au siège des Nations Unies à New York demain 13 février par le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, et Natsagiin Bagabandi, Président de la Mongolie.


L’objectif de la Décennie est de donner un nouvel élan aux efforts réalisés dans le monde pour réduire de manière durable les taux élevés d’analphabétisme. Selon les statistiques de l’UNESCO, quelque 861 millions de personnes, soit 20 % des adultes de la planète, ne savent ni lire ni écrire et ne peuvent participer complètement à l’organisation et aux activités de leurs sociétés. Les deux tiers de ces adultes sont des femmes. 113 millions d’enfants ne sont pas scolarisés et n’ont donc pas, eux non plus, accès à l’alphabétisation.

Ces chiffres montrent un progrès considérable par rapport à la première étude des taux mondiaux d’analphabétisme réalisée dans les années 1950, qui avait à l’époque trouvé que la proportion d’adultes analphabètes était de 44 %. Néanmoins, il reste un grand chemin à parcourir pour atteindre l’objectif fixé lors du Forum mondial sur l’éducation de Dakar (Sénégal, 2000), de diviser par deux l’analphabétisme à l’horizon 2015. Si aucun progrès n’est fait rapidement, l’UNESCO estime que 15 % des adultes du monde - soit 800 millions de personnes – seront encore analphabètes à cette date.

L’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et de l’Ouest, les Pays arabes et l’Afrique du Nord représentent 70 % des adultes analphabètes du monde. Environ 186 millions de personnes, soit 14 % de la population, sont analphabètes dans les pays de l’Asie de l’Est et du Pacifique. Quant à l’Amérique latine et les Caraïbes, quelque 39 millions de personnes, soit 11 % de la population, y sont considérées analphabètes.

L’analphabétisme, néanmoins, n’est pas le problème du seul monde en développement. L’Etude internationale sur l’alphabétisation des adultes, qui au milieu des années 1990 a comparé l’aptitude à lire et à écrire dans 12 pays industrialisés (Allemagne, Australie, Belgique, Canada, Etats-Unis, Irlande, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Suède et Suisse), a montré qu’au moins 25 % des adultes de ces pays n’avaient pas atteint le niveau minimum d’aptitude à lire et à écrire considéré comme nécessaire pour répondre aux exigences de la vie quotidienne et du travail dans les pays membres de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

« C’est là une situation inacceptable, qui met en évidence la nécessité de renforcer nos efforts à tous », a déclaré Koïchiro Matsuura dans un message pour célébrer le lancement de la Décennie pour l’alphabétisation*. « Le succès de la Décennie pour l’alphabétisation dépendra des partenariats engagés, de la mobilisation des gouvernements, des agences des Nations Unies, de la société civile et des ONG, des collectivités locales, du secteur privé et des individus ».

Dans son message, le Directeur général a mis l’accent sur le fait que la priorité pendant la Décennie sera donnée aux groupes les plus défavorisés, particulièrement les femmes et les filles, les minorités ethniques et linguistiques, les populations autochtones, les migrants et les réfugiés, les enfants et les jeunes non scolarisés, et les personnes handicapées.

Koïchiro Matsuura a souligné que la Décennie ne devait pas être vue comme une initiative ponctuelle, mais plutôt comme faisant partie intégrante de la détermination mondiale d’atteindre l’Education pour tous (EPT), ainsi que de l’agenda du développement pour le siècle naissant.

L’UNESCO, en tant qu’agence coordinatrice de la Décennie, a préparé un Plan d’action international pour la mise en œuvre de l’alphabétisation pour tous. Il propose six lignes d’action : changement de politiques, développement de programmes flexibles pour remplir les besoins différents des gens, renforcement des compétences pour améliorer le travail des professionnels dans le domaine de l’alphabétisation, recherche d’une meilleure compréhension des problèmes et de la façon de les résoudre, participation de la communauté, suivi et évaluation pour mesurer les progrès réalisés.

L’un des projets phares de l’UNESCO pour la Décennie, bâti sur ces priorités, est le projet LAND-Afghan, que vient de lancer l’Organisation pour s’attaquer à l’analphabétisme en Afghanistan. L’UNESCO estime que parmi les adultes afghans de plus de 15 ans, seulement 51,9 % des hommes et 21,9 % des femmes savent lire et écrire.

LAND-Afghan se consacrera principalement à la constitution d’un réseau national d’alphabétiseurs formés aux méthodes modernes d’éducation non formelle. Il formera également les gens à l’élaboration et à la production de matériels d’enseignement et fournira l’équipement nécessaire, y compris le matériel d’impression. L’abondant matériel existant développé par le Centre culturel de l’Asie/Pacifique (ACCU) au Japon et le Bureau de Bangkok de l’UNESCO sera adapté et traduit dans les deux principales langues du pays, le pachtoune et le dari.

Des centres pédagogiques communautaires seront créés dans les différentes régions d’Afghanistan afin de donner accès aux programmes d’alphabétisation au plus grand nombre, et un Centre d’alphabétisation pour les femmes et les filles sera ouvert à Kaboul.

Une autre initiative importante, réalisée par l’Institut de statistique de l’UNESCO, basé à Montréal (Canada), est le Programme d’évaluation et de suivi de l’alphabétisation (LAMP), une étude mondiale qui mesure les différents niveaux d’alphabétisation – du savoir lire et écrire basique aux compétences plus élaborées nécessaires pour participer pleinement à une société où l’on apprend. L’objectif est de fournir un panorama plus précis et plus détaillé de l’analphabétisme dans le monde, d’aider à identifier des groupes qui ont des besoins spéciaux et de permettre de concevoir pour eux des programmes sur mesure. De meilleures données permettront également un meilleur suivi des progrès réalisés dans l’alphabétisation.

« Ces premières années du nouveau millénaire ont mis en évidence deux réalités : l’interconnexion des sociétés humaines et l’imprévisibilité des événements qui traversent le monde », a déclaré Koïchiro Matsuura. « Désormais, nous sommes tous davantage conscients de la responsabilité mutuelle qui nous incombe et de la nécessité d’appréhender le monde dans sa globalité. […] Il est fondamental que chacun ait la capacité, collectivement et individuellement, de prendre part à des réseaux de communication écrite, afin de construire le dialogue, la compréhension et l’harmonie. Il s’agit de surcroît d’un droit de l’homme fondamental ».




Pour obtenir le texte complet du message du Directeur général, les faits et chiffres de l’alphabétisation et le plan d’action préparé pour la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation, consulter le site spécial de l’UNESCO pour la Décennie sur :
http://portal.unesco.org/education/ev.php

Ce site est également accessible par le site du secteur de l’Education : www.unesco.org/education


 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de presse N°2003-10
Generic Field
Espagnol | Russe | Arabe
Contact éditorial : Sue Williams, Bureau of Public Information, Editorial Section. Tel: +33 (0)1 45 68 17 06
- Email s.williams@unesco.org
Date de publication 12 Feb 2003
© UNESCO 1995-2007 - ID: 9334