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L'UNESCO s'alarme de la situation de la Reserve de faune à okapis en République démocratique du Congo

Paris – L’UNESCO a fait part de son inquiétude face aux déprédations qui ont eu lieu dans la Réserve de faune à okapis, inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1996 et portée sur la Liste en péril en 1997, et a demandé l’aide de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) pour repousser les graves menaces qui pèsent sur l’avenir de cette réserve, dans une lettre adressée au chef de la MONUC.

« Nous sommes très inquiets des affrontements qui ont récemment eu lieu dans la région de l’Ituri entre les milices du Mouvement de libération du Congo (MLC) et ses alliés du Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCD-N) et le RCD-Kisangani-Mouvement de libération (RCD-K-ML), a écrit Francesco Bandarin, Directeur du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, à Amos Namanga Ngongi, Chef de la MONUC, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, dans une lettre datée du 14 janvier 2003.

« D’après nos informations, ces affrontements ont eu des effets désastreux pour la Réserve de faune à okapis, poursuit-il. La station du parc à Epulu a été pillée par les milices et les gardes désarmés ont dû fuir dans la forêt, avec pour conséquence une augmentation inquiétante du braconnage, surtout celui des éléphants, par les groupes armés. »

Face aux nouvelles menaces qui pèsent sur la réserve, l’UNESCO a demandé l’appui de la MONUC pour tenter de sauver ce qui peut l’être et venir en aide au personnel du parc. « Nous étions très contents que la MONUC ait pu faciliter la signature d’un accord à Gbadolite entre les trois mouvements rebelles concernés le 30 décembre 2002 pour respecter le cessez-le-feu », poursuit Francesco Bandarin.

« Néanmoins, comme l’accord prévoit un retrait des troupes du MLC de la ville de Mambassa à 20 km, ces troupes risqueraient d’être stationnées au milieu de la Réserve de faune à okapis, avec des conséquences néfastes pour la conservation du site. C’est pourquoi nous sollicitons votre appui pour assurer que le retrait se fasse jusqu’au village de Mungbere pour l’axe nord et jusqu’au village de NiaNia pour l’axe ouest. Nous apprécierons également que les forces de la MONUC puissent faciliter le mouvement du personnel du parc dans la région, le réarmement des gardes ainsi que les patrouilles de lutte anti-braconnage. »

La Réserve de faune à okapis est, avec les Parcs nationaux des Virunga, de la Garamba, de Kahuzi-Biega et de la Salonga, l’un des cinq sites du patrimoine mondial de la RDC qui figurent aussi sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Cette réserve occupe environ un cinquième de la forêt d’Ituri au nord-est de la RDC. Elle est habitée par des populations nomades de Pygmées mbuti et de chasseurs efe et abrite de nombreuses espèces menacées de primates et d’oiseaux ainsi que 5 000 des 30 000 okapis qui vivent encore à l’état sauvage.

Dans le cadre du projet de « Conservation de la biodiversité dans les régions de conflits armés : la protection du patrimoine mondial naturel en République démocratique du Congo », mené en partenariat avec la Fondation des Nations Unies (FNU) entre 2000 et 2004, l’UNESCO met en œuvre une stratégie à deux niveaux dans les cinq sites de RDC.

Au niveau international, l’Organisation et la FNU cherchent à mobiliser le soutien politique de toutes les instances gouvernementales concernées en RDC et dans les Etats voisins impliqués dans le conflit. Au niveau local, des aides directes sont débloquées, en particulier pour payer les gardes des parcs, qui ont prouvé leur détermination à assurer la protection des sites. Le personnel des parcs bénéficie également de programmes de formation pour les aider à s’adapter à la crise.

Le budget total du projet est de 4,3 millions de dollars. La Fondation des Nations Unies contribue à hauteur de 2,9 millions de dollars et le gouvernement belge à hauteur de 250 000 dollars. Le reste des fonds (1,15 million de dollars) a été promis par l’Union européenne. Le plus gros du budget est utilisé pour venir en aide aux 1 100 gardes qui assurent des patrouilles quotidiennes sur les cinq sites du patrimoine mondial de RDC.



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de presse N°2003-07
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Date de publication 04 Feb 2003
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