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Les récifs coralliens de la planète vont mieux mais pour combien de temps?

Paris - Un rapport mondial sur la santé des récifs de corail de la planète qui vient juste d'être publié montre que certaines des zones les plus touchées par le blanchiment massif des années 1997-1998 ont commencé à se remettre.

Les plus grands progrès ont eu lieu dans les récifs désignés zones marines protégées (ZMP). Pour le rapport, la plus grande menace pour les récifs de corail reste d'origine humaine. Mais il s'inquiète également à propos d'El Nino - un réchauffement exceptionnel de la surface du Pacifique tropical qui avait causé les plus graves blanchiments mondiaux en 1997-1998 -qui se développe de nouveau cette année et pourrait provoquer un recul de la rémission. Selon le rapport, les récifs coralliens génèrent chaque année environ l'équivalent de 375 milliards de dollars en " biens et services " (c'est-à-dire poissons, tourisme mais aussi contribution à la protection des côtes, etc.), et 500 millions de personnes dépendent totalement ou partiellement des récifs qui sont en train d'être endommagés.

Le rapport de 378 pages, intitulé Etat des récifs coralliens dans le monde : 2002 et publié par l'Institut australien des sciences marines (AIMS), a été préparé par le Réseau mondial de surveillance continue des récifs coralliens (GCRMN), un réseau de personnes, d'Etats, d'institutions et d'ONG originaires de plus de 80 pays. La Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO (COI) est l'un des soutiens financiers et opérationnels du réseau. Le GCRMN met à jour son étude tous les deux ans depuis la parution du premier rapport en 1998, avec des contributions de 150 auteurs originaires de plus de 100 pays.

Le blanchiment intervient quand les colonies coralliennes calcifères rejettent les algues microscopiques qui vivent en symbiose avec elles et leur fournissent, avec l'aide du soleil, les nutriments nécessaires en échange d'un abri. Un seul degré de plus de la température de l'eau suffit à déclencher le processus de blanchiment. En 1997-1998, le pire El Nino de tous les temps, qui a provoqué un climat plus chaud et plus sec dans certaines parties du monde, a été suivi d'un blanchissement massif, causant des dégâts graves à quelque 16 % des récifs coralliens de la planète. Aujourd'hui, selon le rapport, près de la moitié de ces récifs montrent des signes d'" amélioration lente à modérée ". De nouveaux coraux s'installent sur les récifs le long des côtes de l'Afrique de l'Est et des Comores, notamment dans les zones marines protégées (définies par l'Union mondiale pour la nature - UICN - comme des zones " réservées par la loi ou par d'autres moyens efficaces pour protéger partie ou totalité de l'environnement qui s'y trouve "). Il y a eu également une " amélioration plus forte " aux Maldives, à Lakshadweeps (Côte méridionale de l'Inde) et à Palau, où il y a peu d'impact humain.

Quelque 21 récifs coralliens figurent sur la liste du Programme L'Homme et la biosphère (MAB) de l'UNESCO et 15 autres sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, ce qui oblige les Etats à instaurer un minimum de mesures de protection et à les gérer de manière durable. Sur quelques-uns de ces sites, les communautés locales sont impliquées dans la gestion des récifs et la pratique d'une pêche durable.

Mais le tableau n'est pas aussi rose partout. L'amélioration des récifs aux Seychelles, au Sri Lanka, sur les côtes indiennes et dans certaines parties de l'Asie du Sud-Est est " faible ou à peine visible ". Des niveaux importants de mouvement de sédiments, de pollution de nutriments, de surpêche et de pratiques halieutiques destructrices stressent les coraux et ralentissent leur amélioration. En Asie du Sud-Est, le krach économique de 1998 a aggravé le stress aux récifs, quand des citadins sont retournés dans leurs villages natals sur la côte dans l'espoir de vivre grâce aux ressources naturelles. Sur de nombreux récifs, les pêcheurs locaux utilisent toujours de la dynamite et du cyanure pour pêcher. Dans certaines parties de l'Aise du Sud-Est et de l'Afrique de l'Est cependant, des communautés prennent une part active dans la gestion et la surveillance de leurs récifs, grâce aux campagnes de sensibilisation réalisées par des ONG notamment.

La plus grave menace qui pèse sur les écosystèmes des récifs coralliens résulte de la combinaison du stress dû aux activités humaines et du changement climatique. El Nino qui est en train de se développer cette année pourrait faire reculer à nouveau les récifs. De plus, alors qu'El Nino se produisait selon un cycle de 7 à 11 ans, il est devenu plus fréquent au cours des dernières décennies, sans doute en raison du réchauffement planétaire. Clive Wilkinson, coordinateur mondial du GCRMN à l'Institut australien des sciences marines et rédacteur du dernier rapport, s'est inquiété la semaine dernière lors d'une réunion à l'UNESCO : " Même une meilleure gestion ne saurait empêcher le réchauffement planétaire de tuer les récifs. Mais si nous parvenions à une meilleure gestion, notamment de la pêche, l'amélioration pourrait être plus nette ".


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Des exemplaires du rapport peuvent être obtenus auprès de l'Institut australien des sciences marines (AIMS); l'Union mondiale pour la nature (IUCN); la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO; et le rapport peut être parcouru en ligne sur le site ReefBase.


Consulter aussi un nouveau guide sur les récifs coralliens dans les Réserves de biosphère de l'UNESCO, les sites du patrimoine mondial et les sites de la Convention RAMSAR : Les zones protégées des récifs coralliens dans les instruments internationaux, publié par Bernard Salvat, Jessica Haapkylä et Muriel Schrimm. CRIOBE-EPHE, Moorea, Polynésie française (disponible à l'UNESCO).



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de presse N°2002-103
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Date de publication 10 Dec 2002
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