Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
Les ministres de l'Education africains appelent à la solidarité et à l'action

Dar-es-Salaam - La huitième Conférence des ministres de l'Education des Etats d'Afrique (MINEDAF VIII) a clos aujourd'hui ses travaux, en lançant un double appel à la communauté internationale et aux gouvernements africains eux-mêmes pour faire de l'éducation un des piliers du développement de l'Afrique.

Organisée par l'UNESCO, en coopération avec le pays hôte et l'Union Africaine (UA), MINEDAF VIII a réuni pendant 5 jours 29 ministres et un grand nombre de représentants de 49 pays, d'agences du système des Nations Unies et d'organisations intergouvernementales et non gouvernementales.

" La Conférence lance un appel à la communauté internationale pour accompagner l'Afrique dans sa stratégie de renouveau éducatif et de renaissance culturelle pour la construction de la nouvelle Afrique ", dit la Déclaration d'engagement, adoptée aujourd'hui à de Dar-es-Salaam. Convaincue que les objectifs fixés au Forum mondial sur l'éducation (Dakar, 2000) peuvent être atteints, elle a également lancé " un appel solennel pour un sursaut continental ".

Reconnaissant les efforts déployés par les pays pour la réalisation des objectifs de l'Education pour tous (EPT), les participants à MINEDAF VIII ont néanmoins constaté que " les progrès restent encore limités et en-deçà des attentes ". L'achèvement du cycle primaire demeure un des problèmes majeurs : " Le taux d'accès en sixième année d'école primaire, qui s'établit à 56%, n'a progressé que de 5 points en dix ans, de 1990 à 2000 ". Au cours de la même période, l'indice de parité filles/garçons a également progressé de 5 points et le taux d'alphabétisme de 10, constate la Déclaration de Dar-es-Salaam.

Actuellement, en Afrique, quelque 40 millions d'enfants en âge scolaire ne vont pas à l'école et seulement la moitié des enfants scolarisés terminent le cycle primaire. Contrairement aux tendances actuelles dans le monde, le ratio élèves/maître y est en hausse, certaines classes atteignant plus de 100 élèves. L'analphabétisme chez les adultes est estimé à 40%. Au rythme actuel, 20 pays d'Afrique sub-saharienne ne parviendront pas à l'éducation pour tous en 2015, objectif fixé au Forum de Dakar.

La Conférence a rappelé que les partenaires bilatéraux et multilatéraux doivent poursuivre et renforcer leur soutien - notamment par le financement des plans nationaux EPT validés -, indispensable à la réalisation des programmes et activités opérationnelles. L'aide bilatérale à l'éducation a baissé de 16% au cours de cette décennie et les estimations des besoins d'aide se sont révélées trop faibles (environ 50%). Selon le Rapport de suivi de l'éducation pour tous 2002, 5,6 milliards de dollars supplémentaires seront nécessaires chaque année pour parvenir à l'éducation de base universelle.

" Une aide extérieure conséquente sur un champ d'intervention plus ouvert et selon des procédures accélérées est nécessaire ", dit la Déclaration, proposant l'annulation de la dette " dont le service annuel dans certains pays dépasse les besoins annuels de ressources pour réaliser l'éducation pour tous ".

Conscients cependant que l'amélioration des systèmes éducatifs en Afrique exige une exploitation plus rationnelle des ressources humaines et financières par les gouvernements africains eux-mêmes, " en démultipliant les initiatives et surtout en travaillant main dans la main ", les participants à la Conférence ont souligné la détermination des Africains d'être les artisans de leur développement et de leur avenir. Ils ont réaffirmé leur " engagement en faveur d'une alliance pour la renaissance de l'Afrique " et décidé de renforcer la coopération régionale.

S'engageant à finaliser les plans nationaux EPT d'ici à décembre 2003, les participants ont proposé une série de mesures de réforme concrètes : augmenter la part du budget de l'Etat allouée à l'éducation afin qu'elle représente au moins 20%, consacrer environ 50% du budget de l'éducation à l'enseignement primaire, augmenter les dépenses courantes d'enseignement hors salaires afin de mettre à la disposition des élèves des matériels didactiques adéquats, améliorer la formation des enseignants et leur situation salariale, viser un ratio de 40 élèves par maître, réduire les taux de redoublement, inciter le secteur privé à accueillir plus d'enfants.

Bien qu'ils aient accordé la priorité à une éducation de base de qualité, les ministres africains de l'Education ont insisté sur une approche globale de l'éducation à tous les niveaux, depuis la petite enfance jusqu'à la formation post-universitaire. Cette approche, mettant l'accent sur l'éducation des filles et des femmes, l'enseignement des sciences et de la technologie, la lutte contre l'impact du VIH/sida, l'utilisation des langues nationales à l'école, l'éducation aux valeurs humaines, notamment à la paix et à la citoyenneté, est appelée à créer une synergie non seulement à l'intérieur du système éducatif, mais aussi entre celui-ci et les autres secteurs de la vie économique, sociale et culturelle.


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Voir le Rapport de suivi de l'éducation pour tous 2002: Le monde est-il sur la bonne voie ? et celui préparé pour MINEDAF VIII



Sue Williams, Bureau de l'information du public, Section éditoriale
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Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de presse N°2002-99
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Date de publication 05 Dec 2002
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