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L'UNESCO organise une conférence sur la prévention des guerres de l'eau

Paris - Le Programme hydrologique international (PHI) de l'UNESCO et Green Cross International, une organisation non gouvernementale de défense de l'environnement, tiennent du 20 au 22 novembre une conférence internationale sur la prévention des guerres de l'eau à l'intérieur d'un pays et entre les Etats.

La conférence intitulée " Du conflit à la coopération dans la gestion des ressources internationales en eau " aura lieu à l'International Institute for Infrastructural, Hydraulic and Environmental Engineering de Delft (Pays-Bas).

Plus de 200 experts du monde entier sont attendus aux sessions de la conférence qui commenceront par des présentations d'études de cas ; les thèmes généraux ainsi illustrés seront ensuite discutés par les participants. Ces sessions de discussion permettront aux experts des différentes régions d'échanger leurs perspectives sur des questions extrêmement sensibles, comme des projets de construction de grands barrages en Inde et comme les tensions autour des ressources en eau au Moyen-Orient. Des experts d'Irak, d'Israël, de Jordanie, de Syrie et des Territoires palestiniens donneront communication de leurs recherches.

Le 20 novembre, les présentations seront centrées sur la nécessité de développer des mécanismes institutionnels de résolution des conflits, comme ceux qui sont survenus dans le bassin du fleuve Volta, l'une des régions les plus pauvres d'Afrique. Plus de 80 % du bassin est situé au Burkina Faso et, plus en aval, au Ghana. On s'attend à ce que la pénurie d'eau se fasse de plus en plus sentir au fur et à mesure de la diminution des pluies et de l'augmentation de la demande, notamment parce que le Burkina Faso prévoit de prendre plus d'eau pour l'irrigation et que le Ghana prépare un autre projet de barrage hydroélectrique. William Cosgrove, du World Water Council, avec des représentants du Réseau des organisations de bassins et de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye, élargira le sujet avant de donner la parole à des participants provenant de toutes les régions du monde qui présenteront leurs expériences de partage des fleuves internationaux.

Au cours de la première session du 21 novembre, sera passé en revue le projet des Highlands au Lesotho, le plus grand chantier de génie civil d'Afrique qui doit détourner l'eau des Montagnes Maloti du Lesotho vers la province industrielle de Gauteng en Afrique du Sud à travers une série de tunnels et de barrages. Des représentants de la région et de la Banque mondiale, qui a financé ce projet controversé, marqué par des allégations de corruption et de non-respect des droits de l'homme, discuteront du thème, plus large, des accords de partenariat public-privé. Cette session traitera également de la façon dont les Etats riverains du Danube essaient de gérer et de protéger le bassin de leur fleuve.

Au cours de la deuxième session, sera examiné l'impact des changements climatique, social et technologique à travers l'exemple du bassin du Mékong, où des inondations récurrentes et d'autres problèmes ont conduit à l'accroissement de la coopération entre les Etats situés sur ses berges. Un représentant de l'Institute for Catastrophic Loss Reduction (Toronto, Canada) mènera les débats.

Le 22 novembre, le thème principal sera les accords internationaux de sécurité dans les bassins partagés, comme celui du Lempa, qui traverse Guatemala, Honduras, El Salvador, où la demande en eau augmente même si sa qualité se détériore en raison de la pollution. Les discussions porteront ensuite sur le Moyen-Orient, où l'eau est parfois citée comme une source potentielle de guerre. Pourtant, des experts comme Aaron Wolf, un consultant de l'UNESCO qui est le Directeur de la base de données des conflits transfrontaliers sur l'eau douce, contesteront la théorie qui veut que la rareté de l'eau conduise à la guerre, en passant en revue les données de cette base de données qui couvre les 261 bassins internationaux du monde et les principaux accords concernant l'eau. Selon Aaron Wolf, la seule, et unique, guerre de l'eau date d'il y a environ 4 500 ans et a eu lieu en Mésopotamie. Bien que l'eau soit utilisée comme une arme en période de conflit, Aaron Wolf, comme d'autres experts, pense qu'elle est le plus souvent une source de coopération comme dans le cas du processus de paix entre Israël et la Jordanie.


Contacts
A la conférence: Saskia Castelein
Tél. : +31 15 21 51 733
E-mail : s.castelein@unesco.org

Information: Amy Otchet
Bureau de l'information du public, Section éditoriale
Tél.: +33 (0)1 45 68 17 04
E-mail : a.otchet@unesco.org



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Avis aux médias N°2002-55
Site Web 1 (URL) Web: Programme hydrologique international de l'UNESCO
Date de publication 14 Nov 2002
© UNESCO 1995-2007 - ID: 7646