Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
L'UNESCO célèbre à Venise le trentième anniversaire de la Convention du Patrimoine Mondial

Venise - Quelque 500 spécialistes du patrimoine, personnalités politiques et chefs d'entreprise participent, depuis aujourd'hui et jusqu'au 16 novembre, au Congrès international intitulé " Patrimoine mondial 2002: héritage partagé, responsabilité commune ", organisé par l'UNESCO pour célébrer, à Venise, les trente ans de la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, l'instrument juridique de l'Organisation le plus universellement accepté.

Adoptée à Paris le 16 novembre 1972, la Convention est entrée en vigueur en décembre 1975 après avoir été ratifiée par vingt pays. Aujourd'hui, elle compte 175 Etats parties et constitue un outil crucial pour mener à bien des actions concrètes visant à préserver des sites culturels et naturels en danger.

De nombreuses initiatives de sauvegarde du patrimoine commun de l'humanité en témoignent, dont la campagne de protection du patrimoine culturel de l'île de Pâques (Chili), la restauration des peintures murales de la tombe d'Aménophis III (Egypte) ou celle de l'Acropole d'Athènes (Grèce).

De plus, en vertu de la Convention, 730 sites naturels et culturels situés sur les cinq continents sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, jouissant ainsi de la reconnaissance qui leur est due en tant que réalisations de l'homme ou de la nature " d'une valeur universelle exceptionnelle ".

Lorsque l'on parle de " patrimoine mondial ", on se réfère en effet à des lieux ou à des paysages emblématiques, comme les Parcs nationaux de l'Iguazu (Brésil et Argentine), le Mémorial de la Paix d'Hiroshima (Japon), les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande, les palais royaux d'Abomey (Bénin) ou, bien entendu, la lagune et la cité de Venise (Italie), qui accueille le Congrès.

Tous ces sites sont exposés à des menaces de diverses natures : guerres, catastrophes naturelles, fouilles illicites ou développement excessif de l'urbanisation et du tourisme. Pour faire face aux problèmes les plus urgents, le Centre du patrimoine mondial gère un fonds de près de 4 millions de dollars par an, utilisé pour aider les Etats parties à prendre des mesures d'urgence, d'ordre technique et économique.

En 2002, le fonds a notamment été utilisé suite à des catastrophes naturelles comme, par exemple, les vents de 120 km/h qui, en mars, ont endommagé les églises de bois de Chiloé (Chili), abattant la tour de l'une d'elles, Nuestra Señora del Rosario de Chonchi, ou encore les inondations du mois d'août, qui ont causé des dégâts dans plusieurs sites culturels d'Europe centrale, dont le paysage culturel de la Wachau (Autriche) ou le centre historique de Prague (République tchèque), tous deux inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.

Ce fonds a également pour vocation, entre autres, d'aider certains Etats parties à identifier des sites en vue de leur éventuelle inscription, d'apporter à ces mêmes Etats l'assistance technique nécessaire à la sauvegarde desdits sites et de financer la formation du personnel local. D'autre part, le label " Patrimoine mondial " draine vers ceux qui l'affichent des aides internationales et des revenus supplémentaires, surtout liés au tourisme.

Au cours des trente ans d'existence de la Convention et des vingt-quatre ans de la Liste - ouverte en 1978 avec l'inscription des îles Galápagos, appartenant à l'Equateur, et de 11 autres sites -, le concept de patrimoine mondial a évolué de façon notable. Alors qu'il s'attachait à l'origine aux grands sites monumentaux ou religieux, il inclut désormais d'autres types de biens, comme les sites mixtes (c'est-à-dire naturels et culturels, tel le Parc national de Tongariro, en Nouvelle-Zélande, inscrit en 1990), les paysages culturels (on en dénombre actuellement vingt-trois, parmi lesquels figure la vallée de Vinales, à Cuba) et les lieux de mémoire (outre Hiroshima, mentionné plus haut, le camp de concentration d'Auschwitz, en Pologne, ou l'île de Gorée, au Sénégal).

Trente-trois des 730 sites inscrits figurent sur la Liste du patrimoine mondial en péril, ce qui " ne constitue absolument pas une sanction ", explique Francesco Bandarin, Directeur du Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO. " Au contraire, cela permet très souvent aux Etats concernés d'attirer l'attention nationale et internationale et de prendre des mesures pour résoudre les problèmes qui se posent. " L'exemple le plus récent en est donné par le minaret et les vestiges archéologiques de Djam, le premier site d'Afghanistan, inscrit en 2002.

Pourtant, le champ d'action de l'UNESCO ne se borne pas aux sites figurant sur la Liste du patrimoine mondial. Comme le rappelle Mounir Bouchenaki, le Sous-Directeur général de l'UNESCO pour la culture, " il n'y a pas de patrimoine à deux vitesses. Les sites inscrits sur la Liste sont très souvent des sortes de locomotives pour attirer l'attention internationale sur le très riche patrimoine de notre planète. "

La rencontre de Venise, organisée avec le soutien du gouvernement italien, de la région du Veneto, de la province et de la Ville de Venise, s'inscrit dans le cadre de l'Année des Nations Unies pour le patrimoine culturel, qui se déroule en 2002. Les cinq séances de travail (trois matinées et deux après-midi) seront l'occasion de dresser le bilan des trente ans de la Convention, mais aussi et surtout d'explorer de nouveaux moyens d'étendre sa portée et d'associer les ONG, la société civile et le secteur privé à la conservation durable des biens culturels*.

Ce dernier aspect est d'une importance cruciale. En effet, comme le souligne le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, " l'identification, la préservation et la mise en valeur des sites qui reflètent la diversité culturelle et naturelle de notre planète ne peuvent être garanties que si les gouvernements, les autorités locales, les entreprises et, surtout, les populations locales œuvrent ensemble dans ce sens. Il nous faut donc inciter tout citoyen à devenir acteur de la conservation et de la mise en valeur du patrimoine de l'humanité. "


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* Parmi les nombreuses interventions prévues dans le cadre du Congrès figurent celles d'éminents spécialistes tels que l'ex-Président du Mali, Alpha Oumar Konaré, le prix Nobel nigérian Wole Soyinka, le président du Comité du patrimoine mondial, Tamás Fejerdy, le Directeur général de la Promotion culturelle et de la Coopération du ministère italien des Affaires étrangères, Francesco Aloisi de Larderel, le maire de Venise, Paolo Costa, et le Secrétaire général du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS), Jean-Louis Luxen. L'UNESCO sera représentée par son Directeur général, Koïchiro Matsuura, son Directeur général adjoint Marcio Barbosa, le Sous-Directeur général pour la Culture, Mounir Bouchenaki, le Sous-Directeur général pour la science, Walter Erdelen, et le Directeur du Centre du patrimoine mondial, Francesco Bandarin.

La Première Dame d'Egypte, Suzanne Moubarak, et les ministres italiens de la Culture, Giuliano Urbani, et de l'Environnement, Altero Matteoli, interviendront également au cours de la séance de clôture, le matin du 16 novembre.


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Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de presse N°2002-90
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Date de publication 13 Nov 2002
© UNESCO 1995-2007 - ID: 7622