Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
L'UNESCO lance un nouveau projet pour le bassin de la Mer d'Aral

Douchanbe (Tadjikistan) - Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura annoncera demain un nouveau projet pour l'étude du bassin de la Mer d'Aral sous l'égide du Programme mondial d'évaluation des ressources en eau (WWAP), qui réunit 23 agences des Nations Unies à travers un secrétariat hébergé par l'UNESCO.

Koïchiro Matsuura fera cette annonce lors d'un séminaire international qui se tiendra le 1 novembre à Douchanbe sur la gestion des ressources en eau douce, et qui réunira des décideurs politiques de haut-niveau, des scientifiques et des représentants des agences des Nations Unies, venant tous des six pays qui partagent le bassin : Afghanistan, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan. La nouvelle étude s'appuiera sur des recherches précédentes conduites par des agences des Nations Unies, notamment sur un rapport spécial de l'UNESCO analysant les risques de conflit et le potentiel de coopération entre les Etats du bassin, rapport qui sera publié au début 2003, Année internationale de l'eau douce.

" J'aimerais adresser mes plus sincères remerciements au gouvernement du Tadjikistan pour avoir acueilli cette manifestation et avoir pris l'initiative de faire désigner 2003 Année internationale de l'eau douce ", déclare Koïchiro Matsuura. L'ONU a choisi l'UNESCO pour être l'agence responsable de la coordination de toutes ses activités liées à l'eau pendant toute l'année autour du monde.

La Mer d'Aral est devenue synonyme de désastre écologique. Les photos dramatiques de bateaux rouillés échoués sur le sable de ce qui fut le quatrième plus grand lac de la Terre sont bien connues. Pendant l'ère soviétique, dans les années 1960, les autorités centrales décidèrent de détourner des quantités d'eau sans précédent des deux rivières qui approvisionnent l'Aral, l'Amou-Daria et le Syr-Daria, pour irriguer d'énormes plantations de coton, principalement au Kazakhstan. En plantant uniquement du coton, elles épuisèrent à la fois les réserves en eau douce et les sols. Mais au lieu de modifier cette politique, les fermiers furent encouragés à utiliser plus d'eau et des quantités dangereuses de pesticides et d'engrais.

Aujourd'hui, l'Aral ne fait plus que la moitié de sa taille d'origine. Les deux principaux ports de pêche sont à sec, désormais perdus à dix kilomètres d'une eau qui était déjà saumâtre et qui est devenue extrêmement polluée et quatre fois plus salée qu'auparavant. Le manque d'eau a également perturbé le microclimat. Aujourd'hui de violentes tempêtes de sable traversent régulièrement le bassin, entraînant chaque année environ 150 000 tonnes de sel et de sable contaminés par des résidus de pesticides.

La pêche et la navigation ont complètement disparu et les productions agricoles ont diminué. La population souffre également de sérieux problèmes de santé, principalement causés par la toxicité de l'eau potable et de l'eau d'irrigation.

L'UNESCO travaille, depuis 1992, avec les pays concernés à l'étude et à l'amélioration de cette situation, à travers un réseau d'une vingtaine de projets de recherche impliquant plus de 140 scientifiques de la région. En 1998, l'UNESCO a créé le Comité scientifique consultatif sur les problèmes du bassin de la Mer d'Aral afin d'étudier les options envisageables pour le futur. Il existe des plans à long terme visant à détourner d'autres rivières pour redonner vie à la Mer d'Aral. Mais, de tels plans pourraient causer de nouveaux dégâts écologiques. L'UNESCO s'est donc concentrée sur une aide aux gouvernements nationaux en vue de gérer le bassin et de coordonner leurs activités dans des domaines clés, comme l'agriculture et l'hydroélectricité, afin de rétablir la santé fragile du bassin tout entier.

L'Année internationale de l'eau douce servira de base pour encourager ce type de travail. La résolution de l'ONU proclamant l'année 2003 " Année internationale de l'eau douce " a été lancée par le gouvernement du Tadjikistan et soutenue par 148 autres pays. Elle incite les Etats, le système des Nations Unies et tous les autres acteurs non gouvernementaux et économiques à sensibiliser à l'importance de l'utilisation, de la gestion et de la préservation durables de l'eau douce. Elle les a également appelés à faire des contributions volontaires et apporter d'autres formes de soutien tout au long de l'année.


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E-mail: a.otchet@unesco.org

A Douchanbe: Peter Coles
Bureau de l'Information du Public, Rédaction
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E-mail: p.coles@unesco.org



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de presse N°2002-85
Date de publication 30 Oct 2002
© UNESCO 1995-2007 - ID: 7324