Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
Ouverture du Sommet de la Montagne au Kirghizistan - Le changement climatique au cœur d'une initiative de l'UNESCO

Bichkek - Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a annoncé aujourd'hui la nouvelle initiative de l'UNESCO consistant à utiliser son réseau - unique en son genre - de réserves de biosphère pour surveiller le changement climatique planétaire.

Dans son discours inaugural au Sommet mondial de la montagne qui s'est ouvert aujourd'hui à Bichkek (Kirghizistan), il a rappelé qu'il était prouvé que les montagnes étaient très sensibles au changement climatique planétaire. Et sur les 408 réserves de biosphère situées dans 94 pays, 138 se trouvent en zones de montagne. "Les réserves de biosphère situées en montagne sont des centres de recherche idéaux pour l'étude du changement climatique et la surveillance de ses effets sur les conditions socio-économiques des populations qui y résident", a déclaré Koïchiro Matsuura.

La sensibilité des montagnes au changement climatique planétaire a émergé petit à petit au cours des dernières décennies, mais c'est de façon assez récente qu'elle a été réellement reconnue. L'un des signes les plus visibles de cette sensibilité est la fonte des glaciers dans la plupart des massifs montagneux du monde. Le fameux sommet enneigé du Kilimandjaro (Tanzanie) a déjà perdu 82 % environ de son permafrost depuis 1912, dont un tiers de ce total au cours des deux dernières décennies. Les glaciers dans les chaînes montagneuses du monde entier, des Alpes aux Andes ou aux Rocheuses, subissent un sort comparable.

La fonte accrue des glaces a provoqué la constitution de lacs immenses, uniquement retenus par des barrages naturels, précaires, de rochers restés captifs des eaux gelées pendant des milliers d'années. Si les digues venaient à se rompre, ces lacs inonderaient villes et villages situés en contrebas. Cet été, il a fallu pomper d'urgence un lac de 16 hectares, formé par la fonte du glacier Belvédère du Monte Rosa (Italie), qui menaçait le village italien de Macugnaga.

Le nouveau projet est mené en partenariat avec la communauté scientifique à travers une série de programmes existants, parmi lesquels la Mountain Research Intiative (MRI) basée à Berne (Suisse), l'International Human Dimensions Programme on Global Environmental Change (IHDP) et l'International Geosphere-Biosphere Programme (IGPB). Avec ces partenaires, l'UNESCO choisit à l'heure actuelle des sites de réserves de biosphère dans chacune des grandes régions de montagne du monde afin d'en faire les centres de ce nouveau programme de surveillance du changement climatique planétaire.

Le Sommet de Bichkek, organisé par le Kirghizistan, est l'événement culminant de l'Année internationale de la montagne qui s'achève en décembre. Plus de 400 délégués sont réunis pendant les quatre prochains jours pour discuter de stratégies concernant le développement durable des montagnes. Les zones de montagne, qui hébergent déjà 500 millions d'habitants, sont également les réservoirs d'eau de plus de la moitié de la population terrestre. En raison de leur difficulté d'accès, les montagnes sont aussi de riches sources de diversité culturelle et biologique. Et, bien qu'elles soient souvent des zones de conflits, elles ont été des lieux de retraite spirituelle depuis la nuit des temps. " Les montagnes, a souligné le Directeur général, ont un grand potentiel pour devenir des lieux de dialogue ".

L'Année internationale de la montagne fait suite à une suggestion du Président de la République du Kirghizistan, Askar Akaiev. Lors de l'ouverture du Sommet, Koïchiro Matsuura a remis à M. Akaiev un certificat reconnaissant officiellement la deuxième réserve de biosphère du Kirghizistan, Issyk Kul, qui a été ajoutée au Réseau mondial des réserves de biosphère l'année dernière. " Ce site spectaculaire, qui va du lac Issyk Kul à une altitude de plus de 7000 mètres, comprend d'importantes zones de conservation de la faune et de la flore, ainsi que des sites culturels significatifs ", a déclaré Koïchiro Matsuura avant de souligner : " Plus important encore, c'est un site modèle pour faire la preuve que la protection de l'environnement peut se réaliser via la promotion du développement durable en partenariat avec les habitants de la zone et à leur profit. Il s'agit d'un exemple vivant de la façon dont l'intégration de la science, de l'éducation et de la culture peut être la force motrice du renforcement du développement durable ".

L'UNESCO appuie un série d'initiatives sur l'écotourisme dans trois pays d'Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan et Tadjikistan) ainsi que dans quatre pays voisins (Inde, Iran, Népal et Pakistan). Le réseau vise à aider des communautés pauvres, souvent montagnardes, à utiliser le tourisme comme une source durable de revenus à travers la promotion de la conservation.


Contact à Bichkek
Peter Coles, Bureau de l'information du public de l'UNESCO, Section éditoriale,
Tél. : (+33) (0)6 14 69 54 98


Pour plus d'information sur la conférence, consulter:

http://www.globalmountainsummit.org/home_page.html



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de presse N°2002-84
Site Web 1 (URL) Web: The MAB Program - International Year of Mountains
Site Web 2 (URL) Web: Global change and mountain regions - the mountain research initiative
Site Web 3 (URL) Web: Global Terrestrial Observing System
Site Web 4 (URL) Web: International Geosphere-Biosphere Programme
Date de publication 28 Oct 2002
© UNESCO 1995-2007 - ID: 7323