Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
L'éducation joue un rôle clé dans la lutte contre le VIH/SIDA

WASHINGTON - Avec quelques 40 millions de personnes estimées infectées par le virus du VIH/SIDA dans le monde, les responsables de l'Organisation des nations unies et de la Banque mondiale ont averti, aujourd'hui, que pour atteindre les objectifs éducatifs visant à scolariser 115 millions de garçons et de filles, au niveau primaire, à l'horizon 2015, les efforts doivent être renforcés et intensifiés si le monde entend freiner la propagation de cette pandémie.

Réunis à Washington, les membres de l'Equipe spéciale inter-agences sur l'éducation de l'ONUSIDA ont rendu public un nouveau plan d'action - VIH/SIDA et Education: une approche stratégique - destiné à aider les pays dans leur lutte contre la propagation de l'infection VIH en renforçant leurs efforts nationaux en vue d'atteindre l'objectif de l'Education Pour Tous (EPT) qui consiste en la fourniture, d'ici 2015, d'une éducation primaire de qualité à tous les enfants. L'Equipe spéciale inter-agences (IATT) a relevé que, comme le VIH/SIDA tue les enseignants à une vitesse plus rapide que celle de leur formation, faisant de leurs élèves des orphelins et menaçant de réduire à néant les efforts consentis par les pays les plus touchés par cette épidémie pour atteindre l'objectif EPT, il était donc indispensable de penser une nouvelle stratégie pour réduire davantage ces infections. Les chercheurs soutiennent qu'une bonne éducation de base est l'un des moyens les plus efficaces et les moins onéreux pour prévenir le VIH.

"Sans éducation, le SIDA continuera de se propager. Si cette pandémie n'est pas maîtrisée, l'éducation sera hors de portée," a déclaré le docteur Peter Piot, Directeur exécutif du Programme commun co-parrainé des Nations unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA). "Le programme VIH/SIDA et éducation est destiné aux décideurs dans les secteurs de l'éducation et du SIDA ; cependant, son message s'adresse à toute personne concernée par cette épidémie: enseignants, administrateurs d'écoles, enfants scolarisés, jeunes hors du système scolaire, apprenants adultes et dirigeants locaux, dans un monde menacé par cette maladie."

Depuis sa création en janvier 1996, ONUSIDA réunit huit agences du système des Nations unies à l'effet de diriger, renforcer, soutenir et accompagner une lutte aussi large que possible contre ce fléau. Ses co-sponsors sont: l'UNICEF, le PNUD, le FNUAP, le PNUCID, l'OIT/BIT, l'UNESCO, l'OMS et la Banque mondiale. Outre les co-sponsors de l'ONUSIDA, IATT compte parmi ses membres USAID, DIFiD, Education International et d'autres ONG. L'IATT est présidée par l'UNESCO.

Stratégie d'action

Les pays touchés par le VIH/SIDA ont travaillé avec les partenaires de l'ONUSIDA afin de mettre en place un plan d'action pour la mise en œuvre opérationnelle de la stratégie IATT en Afrique. Ce plan appelle des efforts de partenaires multiples des pays, du système onusien, des donateurs bilatéraux, des ONG et du secteur privé, à trois niveaux:

  • Plaidoyer au niveau ministériel pour promouvoir la volonté politique;
  • Partage des expérience entre les pays et renforcement des capacités par le biais de séminaires en vue de mieux comprendre les actions réalisables;
  • Soutien, dans chaque pays, du secteur éducatif afin d'élaborer et mettre en œuvre une lutte efficace et effective.

    La première étape dans le déclenchement de cette nouvelle stratégie consistera à organiser un sommet régional à Mombassa, Kenya, le mois prochain. Accueilli conjointement par le gouvernement du Kenya et le partenariat ONUSIDA-IATT, ce séminaire verra la participation de l'Ouganda, l'Ethiopie, l'Erythrée, la Zambie et la Tanzanie, qui échangeront leurs expériences éducatives sur le VIH/SIDA. Leurs équipes nationales, issues des secteurs de la santé et de l'éducation, travailleront avec les agences qui s'occupent des orphelins et des enfants vulnérables, la société civile, les syndicats d'enseignants et les commissions nationales VIH/SIDA, afin d'impulser la lutte de la famille éducative contre cette épidémie. D'autres pays d'Afrique sont en train de planifier des initiatives similaires, avec l'IATT, pour pouvoir ainsi couvrir l'ensemble du continent africain.

    "La nouvelle poussée vers un 'vaccin de l'éducation' tarde à venir, quand on sait le pouvoir du secteur éducatif dans la lutte contre le VIH/SIDA. Aucun pays ne peut se permettre de rester passif. Les pays les plus touchés par cette pandémie doivent freiner la propagation de la maladie pour mettre à l'abri les générations futures - l'Ouganda et la Thaïlande ont prouvé que cela est possible" précise Don Bundy, spécialiste de la santé scolaire auprès de la Banque mondiale et auteur principal d'un récent rapport intitulé 'Education et VIH/SIDA: une lumière d'espoir'. "Les pays à faible prévalence doivent comprendre que l'absence de vigilance mène rapidement à la catastrophe et que, grâce à la prévention, une intervention prompte permet de sauver des vies humaines et préserver les ressources financières. Tous les pays doivent reconnaître l'importance et le soutien réciproque liant les deux objectifs suivants: la prévention du VIH et la protection et l'aide au système éducatif.

    Le nouveau rapport de stratégie dresse un sombre tableau de l'impact de cette épidémie sur les systèmes éducatifs. La moitié des 15 000 nouvelles infections, enregistrées chaque jour dans le monde, touchent les jeunes âgés entre 15 et 24. Cette maladie est bien partie pour causer des ravages dans les pays africains les plus affectés, qui enregistrent des taux de prévalence élevée chez les enseignants (30% au Malawi), l'apparition d'une population d'orphelins et de victimes de l'échec scolaire et un fossé grandissant dans l'éducation. Beaucoup plus vulnérables à l'infection VIH, les filles sont aussi les plus exposées à l'exclusion du système scolaire, étant souvent sollicitées à rester à la maison pour aider des parents malades ou prendre en charge des tâches ménagères.

    L'ampleur réelle de l'impact de cette épidémie sur l'éducation peut être mesurée au regard des formidables défis qui se posent à ce secteur. Plus de 113 millions d'enfants, âgés entre 6 et 12 ans, sont rejetés par le système scolaire des pays en développement. Deux tiers de ces enfants sont des filles. Un enfant sur quatre scolarisés quitte les bancs de l'école analphabètes. Même si on faisait abstraction de l'impact du VIH/SIDA, au moins 55 des pays les plus pauvres n'arriveront pas à atteindre l'objectif de scolarisation primaire universelle à l'échéance de 2015; 28 de ces pays figurent parmi les 45 nations les plus touchées par le VIH/SIDA.

    "L'éducation est une arme efficace et démontrée contre le VIH/SIDA. Malheureusement, cette maladie attaque, et avec succès, le tissu éducatif même. Ainsi, les efforts visant à préserver les fonctions essentielles de l'éducation et à éduquer en vue d'empêcher la propagation de cette épidémie, sont à la fois inséparables et complémentaires," a déclaré Alexandra Draxler, pédagogue et Correspondant de l'UNESCO pour le VIH/SIDA. " Cette stratégie est un cadre unique de collaboration pour une large coalition d'acteurs ", poursuit-elle.

    Nombre de pays durement touchés par le SIDA (comme l'Afrique du sud et le Botswana) assiste à une dégradation de leurs acquis éducatifs, tandis que les pays qui luttent pour atteindre les objectifs EPT voient leurs efforts affaiblis et leurs conditions se détériorer.

    Mesures pratiques de la nouvelles stratégie

    Le document VIH/SIDA et éducation: une approche stratégique propose une série de mesures pratiques pour mobiliser le secteur éducatif, porteur de vie, dans la bataille contre le VIH/SIDA: Quelques exemples pour illustrer:

  • Les enseignements doivent être bien formés pour parler à leurs élèves de sexualité, des relations de l'hygiène et de la santé.
  • L'éducation sur la prévention du VIH/SIDA doit commencer dès le plus jeune âge, et se poursuivre durant toutes les années d'enfance et d'adolescence.
  • Les responsables éducatifs et de la santé, les enseignants, les travailleurs de la santé, les parents, les élèves et les étudiants, les dirigeants locaux et communautaires, les organisations religieuses et les ONG doivent tous travailler ensemble, pour: (a) permettre aux écoles de mettre en œuvre des programmes de qualité en matière de santé scolaire; (b) permettre aux écoles et à d'autres entités d'entreprendre des activités de prévention du VIH/SIDA dans l'enceinte de l'école.
  • L'éducation informelle et les émissions audio-visuelles associant et ciblant les jeunes peuvent également élargir le champ de l'éducation dans la prévention du VIH/SIDA.

    Ces activités visent à aider les systèmes éducatifs africains à mettre en œuvre des stratégies efficaces de lutte contre le VIH/SIDA, dans leurs plans éducatifs nationaux, et mobiliser des ressources, y compris des aides extérieures. Le but général est d'aider les systèmes éducatifs des pays d'Afrique à entreprendre des action effectives pour prévenir, et à défaut, réduire l'impact du VIH/SIDA pour leur permettre d'atteindre l'objectif de la scolarisation primaire universelle à l'horizon 2015 et réduire la prévalence de l'infection. Ainsi, ces pays auront contribué, de manière conséquente, à la réalisation du Objectifs de développement pour le millénaire.


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    Auteur(s) Communique de presse conjoint ONUSIDA/UNESCO/La Banque Mondiale 2002
    Source Communique de presse conjoint ONUSIDA/UNESCO/La Banque Mondiale 2002
    Site Web 2 (URL) Web: ONUSIDA
    Site Web 3 (URL) Web: Le travail de la Banque mondiale dans le domaine éducatif
    Site Web 4 (URL) Web: L'action de la Banque dans la lutte contre le VIH/SIDA
    Date de publication 17 Oct 2002
    © UNESCO 1995-2007 - ID: 7195