Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
Ouverture à Kaboul dèun centre pour les médias et la culture destiné a encourager la liberté d'expression

Paris/Kabul - La liberté d'expression en Afghanistan a fait aujourd'hui un pas en avant avec l'ouverture officielle du Centre afghan pour les médias et la culture de Kaboul, où sont déjà installées neuf publications indépendantes et où l'UNESCO a mis à la disposition des journalistes afghans une dizaine d'ordinateurs branchés par satellite à l'Internet.

L'inauguration de ce Centre - créé conjointement par l'UNESCO et l'organisation non gouvernementale AÏNA avec le soutien financier de l'Union Européenne, des agences d'aide des gouvernements britannique et américain DFID et USAID - sera présidée par le ministre afghan de l'Information et de la Culture, Sayed M. Raheen, le directeur du Bureau de l'UNESCO à Kaboul, Martin Hadlow, le président d'AÏNA, Reza Deghat, le rédacteur en chef du Kabul Weekly, Faheem Dashty, et la rédactrice en chef de la revue féminine Malalai, Jamila Mudjaed.

Ce Centre abrite des médias indépendants comme l'hebdomadaire Kabul Weekly, des ONG ainsi que plusieurs espaces de formation dans les domaines de la photographie, de la vidéo, de la presse et des techniques de communication. Les journalistes afghans pourront y trouver une aide pour leur travail, utiliser la bibliothèque et les équipements modernes de communication et d'impression, assister aussi aux débats organisés avec des invités locaux ou étrangers. On y trouve également trois salles de classe où sont donnés des cours de journalisme, d'informatique et d'anglais, ainsi qu'un espace de conférence et de projection, notamment utilisé pour la création d'un ciné-club. Les journalistes disposent aussi sur place de journaux locaux et étrangers, ainsi que des dépêches de l'agence française AFP.

En plus du Kabul Weekly, d'autres journaux indépendants lancés au début de l'année, tels que les publications féminines Malalai et Seerat, le magazine satirique Zambil e Ghan, l'hebdomadaire d'enquêtes Payam e Millat, le magazine grand public Sabawoon et le tout récent magazine pour enfants Parvaz ont déjà des bureaux dans le Centre. Celui-ci accueille également le magazine franco-afghan les Nouvelles de Kaboul, ainsi qu'une lettre hebdomadaire d'information destinée à diffuser des informations hors de la capitale. Au total - pour l'instant -neuf publications qui comptent parmi les plus importantes sur le jeune marché de la presse indépendante afghane.

Le Centre afghan pour les médias et la culture fait office de " pépinière de médias " en réduisant les coûts pour ces publications naissantes et en apportant une expertise pour les recherches de financement, le développement de réseaux de diffusion à Kaboul et dans le reste du pays, la prise de contact avec les agences internationales et l'organisation de la publicité. " Tous les acteurs réunis autour de ce centre affichent une même ambition : soutenir des projets de médias indépendants ; favoriser l'émergence d'une génération de journalistes professionnels ; défendre une véritable liberté d'expression en Afghanistan et garantir un débat démocratique et pluri-ethnique à travers le pays ", explique Martin Hadlow.

Le Groupe de publications des femmes afghanes a déjà un bureau dans le Centre, où se réunissent une vingtaine de journalistes afghanes afin d'échanger des idées et participer à des ateliers sur les problèmes de gestion, de sexisme et de santé, mais aussi pour discuter sur la façon dont les journalistes traitent des sujets qui concernent spécialement les femmes. Le projet est soutenu par l'UNESCO et la Fondation Heinrich Böll. Le Groupe - constitué autour de deux publications féminines indépendantes, Malalai et Seerat - a des liens étroits avec la Voix des femmes afghanes dans les médias du monde, une association soutenue par l'UNESCO et AÏNA qui réunit les journalistes afghanes de l'écrit et de l'audiovisuel et les aide à tisser des liens avec leurs collègues du monde entier.

Un bloc image a été créé au Centre au début de l'été autour des métiers de la photographie et de la vidéo pour permettre à une nouvelle génération de journalistes afghans d'être formée sur les meilleurs équipements dans le domaine du numérique. Plusieurs projets ont déjà été menés à bien dans le cadre d'une formation pratique : réalisation d'un film de 52 minutes sur le Nouvel An afghan, tournage par des équipes afghanes de 3 films éducatifs projetés à travers tout le pays grâce a une large campagne de cinéma itinérant ; formation d'un groupe de 20 femmes afghanes au tournage et au montage en numérique, dans le but de réaliser un document vidéo historique : Les femmes afghanes vues par les femmes afghanes.

A terme, le Centre a pour vocation de créer un véritable programme de formation aux métiers de l'image, l'AÏNA Image Institute, qui permettra à des jeunes issus de la faculté de journalisme de compléter leur formation par un programme pratique leur permettant de devenir des professionnels de l'image selon les standards des agences internationales.

Le Centre afghan pour les médias et la culture a également pour objectif de faciliter la collaboration entre les organismes et agences internationaux impliqués dans la reconstruction des infrastructures de communication de l'Afghanistan, qui ont été très touchées (et souvent détruites) par tant d'années de guerre. Des ONG comme l'Institute for War and Peace Reporting (IWPR) basée à Londres, Media Action International (Genève), IMPACS (Canada), le Baltic Media Centre and Internews (Washington) ont tous des bureaux dans le Centre.


Contact: Asbel López
Bureau de l'information du public, Section éditoriale
E-mail: a.lopez@unesco.org
Tél: 33 (0) 1 45 68 17 07
Fax: 33 (0) 1 45 68 56 59



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de presse N°2002-76
Date de publication 09 Oct 2002
© UNESCO 1995-2007 - ID: 6804