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Accueil > Quatre-vingt ministres de la culture travaillent sur le thème « le patrimoine immatériel, miroir de la diversité culturelle » - Mise à jour: 18-09-2002 12:43 pm
11-09-2002 10:00 pm Il y a des langues, des rituels sociaux et religieux, des chants, des danses, des techniques théâtrales, des savoir-faire artisanaux qui font que les cultures se distinguent les unes des autres, et qui méritent, tout autant que les pyramides d’Egypte ou le vieux Quito, d’être préservés pour le bien commun de l’humanité et des générations futures.    
Ces manifestations de la créativité humaine, qui reflètent et perpétuent la diversité culturelle, constituent le « patrimoine immatériel de l’humanité ». Comme les sites et les monuments du patrimoine culturel matériel, ou les parcs et les paysages qui composent le patrimoine naturel, ces œuvres humaines ne sont pas à l’abri des dangers liés à la mondialisation, au tourisme de masse et à la guerre.

Mais qu’entend-on précisément par « patrimoine culturel immatériel » ? Pourquoi est-il si nécessaire de le préserver ? Qui doit le faire et comment ? Pour répondre à ces questions, l’UNESCO et les autorités turques ont invité les Etats membres de l’Organisation à Istanbul, les 16 et 17 septembre. Une centaine d’Etats seront représentés, dont quatre-vingt par leur ministre de la Culture.

La table ronde « Le patrimoine culturel immatériel, miroir de la diversité culturelle » sera ouverte par le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura. Elle permettra à des décideurs et à des acteurs de la société civile d’unir leurs efforts pour la première fois, afin de définir les politiques publiques nécessaires pour sauvegarder ce patrimoine si fragile.

Selon l’UNESCO, il appartient à tous les gouvernements, à l’aide de chercheurs, de créateurs et de gardiens de ce patrimoine, d’identifier les formes et les expressions culturelles spécifiques à leur pays. Ils doivent également, ainsi que leurs populations respectives, prendre conscience de la valeur de ce patrimoine, promouvoir des organismes locaux et nationaux de gestion, des programmes éducatifs et des législations nationales appropriées. Enfin, il faut mettre en place des mécanismes de coopération technique et financière internationale.

Ces initiatives sont d’autant plus nécessaires que « le patrimoine immatériel n’est pas seulement le lieu de mémoire de la culture d’hier, mais le laboratoire où s’invente demain », affirme Koïchiro Matsuura.

Le patrimoine immatériel et la diversité culturelle, principaux thèmes de la table ronde, comptent parmi les priorités de l’UNESCO. Il y a près d’un an, les Etats membres de l’Organisation ont approuvé la Déclaration universelle sur la diversité culturelle, qui, en tant que « facteur de développement », est « pour le genre humain, aussi nécessaire qu’est la biodiversité dans l’ordre du vivant ». …/…
UNESCOPRESSE/N°2002-63 – 2

En 2001, l’UNESCO a proclamé dix-neuf espaces culturels ou formes d’expression populaire « chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité ». Parmi ces chefs-d’œuvre de toutes les régions du monde, on compte, entre autres, le théâtre de marionnettes sicilien Opera dei Pupi (Italie), le carnaval d’Oruro (Bolivie), l’opéra Kunqu (Chine), les trompettes Gbofe d’Afounkaha (Côte d’Ivoire) et l’espace culturel de la place Jemaa el-Fna (Maroc)1. De nouveaux chefs-d’œuvre seront régulièrement proclamés, la prochaine fois en 2003.

L’UNESCO travaille actuellement à un projet de convention internationale en vue de protéger le patrimoine immatériel. Koïchiro Matsuura souhaite « qu’elle puisse déboucher sur un ensemble de principes et de mesures universellement acceptables (…) non pas pour contraindre et figer, mais pour permettre l’invention de nouvelles formes de solidarité nationale et internationale ».

La table ronde d’Istanbul, ville-carrefour des continents et des cultures, sera une occasion de progresser vers cet objectif. « Ne pas se mobiliser, met en garde le Directeur général de l’UNESCO, serait une faute. Plus qu’une faute, un manquement à nos obligations vis-à-vis des générations futures, tant il est vrai que les sociétés oublieuses d’elles-mêmes sont condamnées à périr ».




1. La liste des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité peut être consultée à l’adresse suivante :
http://www.unesco.org/culture/heritage/intangible/index.shtml


La table ronde se déroulera à partir du lundi 16 septembre 2002, 9h30, à l’Hôtel Çiraðan Palace Kempinski (Istanbul) avec traduction simultanée dans les six langues officielles des Nations unies (l’anglais, l’arabe, le chinois, l’espagnol, le français et le russe).

Contact :
Lucía Iglesias Kuntz
Bureau de l’information du public, Section éditoriale
Tél. à Istanbul : 33 (0)6 14 69 54 98
l.iglesias@unesco.org

Un B-Roll sur le patrimoine immatériel est disponible
Tél. +33 (0)1 45 68 17 38






Source UNESCOPRESSE

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