Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
Alphabétisation: les états doivent assumer leurs responsabilités, souligne le directeur général

Paris - L'objectif fixé lors du Forum mondial sur l'éducation (Dakar, Sénégal, 2000) - réduire de moitié l'analphabétisme des adultes d'ici 2015 - ne sera pas atteint si un effort considérable n'intervient pas au cours des prochaines années.


Face à cette réalité, le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a appelé aujourd'hui les gouvernements à assumer leurs responsabilités dans la bataille pour mettre fin à l'analphabétisme et garantir une éducation de base à tous les citoyens. "Dans ce monde d'Etats-nations, [...] l'alphabétisation est du ressort de la responsabilité nationale, et ce sont les gouvernements qui sont les principaux garants de cette responsabilité", a déclaré Koïchiro Matsuura. "Les gouvernements doivent évidemment bénéficier du soutien de leurs partenaires, mais aucun ne peut abdiquer ses responsabilités".

Koïchiro Matsuura a fait cette déclaration à l'occasion de la remise annuelle des Prix de l'alphabétisation de l'UNESCO. Les lauréats de ces prix sont : le Département de l'éducation des adultes au ministère érythréen de l'Education ; le Programme d'alphabétisation et d'éducation de base des adultes de l'Ouganda ; le Conseil communautaire d'alphabétisation Bunyad du Pakistan ; le Centre régional pour l'éducation des adultes basé en Egypte ; et Judith Kalman (Mexique) qui recevra pour sa part le Prix international de la recherche en alphabétisation, décerné par l'Institut de l'UNESCO pour l'éducation (Hambourg, Allemagne). La cérémonie clôturait deux jours de célébration de la Journée internationale de l'alphabétisation (8 septembre) au siège de l'UNESCO.

" Pour nombre d'entre nous, l'alphabétisation est un dû. Mais pour d'autres, elle ne peut être obtenue qu'au prix d'un effort particulier, a poursuivi Koïchiro Matsuura. Il est choquant de voir un élément aussi essentiel [...] prendre la forme d'un luxe inaccessible pour des millions de personnes, tout au long de leur existence ".

Selon les dernières statistiques publiées par l'UNESCO, un adulte sur cinq aujourd'hui est encore analphabète, soit 20,3% de la population mondiale âgée de quinze ans et plus. Les données statistiques indiquent une nette tendance à la baisse de l'analphabétisme en pourcentages. Mais les progrès restent excessivement lents. Au rythme actuel, 15 % de la population adulte mondiale seront encore analphabètes en 2015, ce qui représente une baisse de 25 % par rapport aux chiffres actuels.

Les statistiques montrent que les gouvernements, pour résoudre à terme le fléau de l'analphabétisme, tendent à miser sur le développement de leur système scolaire, qui accapare la part du lion de la plupart des budgets d'éducation. Malheureusement, cette orientation condamne des centaines de millions d'adultes à vivre toute leur vie sans espoir d'apprendre à lire et écrire, ce qui est " étranger à toute conception de la dignité humaine et des droits de la personne humaine ", selon les mots de Koïchiro Matsuura.

" Tous les acteurs concernés doivent jouer leur rôle dans cet effort ", a lancé le Directeur général, en rappelant aux Etats les six objectifs approuvés par 164 pays au Forum mondial sur l'éducation (Dakar, Sénégal, 2000) afin d'assurer l'éducation pour tous d'ici 2015 et, en particulier, de réduire de moitié l'analphabétisme dans ce délai.

Koïchiro Matsuura a aussi souligné l'importance de la Décennie des Nations Unies pour l'alphabétisation, qui sera lancée en janvier prochain et servira jusqu'en 2012 à galvaniser les décideurs partout dans le monde en vue de remplir les objectifs fixés dans la capitale sénégalaise.

L'UNESCO servira de chef de file au sein du système des Nations Unies, coordonnant les activités de la communauté internationale durant cette décennie. L'Organisation a mis sur pied un plan d'action international, destiné à stimuler et harmoniser les activités des gouvernements nationaux, des communautés locales, des organisations non gouvernementales, des universités, des institutions publiques ou privées, et de la société civile.

Servant de " schéma-directeur pour le changement ", ce plan d'action accorde la priorité aux programmes de politique du développement, au développement des infrastructures, à la recherche, à la participation communautaire ainsi qu'au suivi et à l'évaluation des politiques et des actions. Il insiste sur la nécessité d'une attention particulière à accorder " d'urgence " aux femmes (qui forment toujours les deux tiers des analphabètes dans le monde), aux minorités ethniques et linguistiques, aux populations autochtones, aux migrants, aux réfugiés, aux handicapés, aux personnes âgées et aux enfants d'âge pré-scolaire, surtout ceux qui n'ont pratiquement pas, voire pas du tout, accès aux soins infantiles et à l'éducation.

Pour compléter le plan d'action et soutenir les initiatives des gouvernements et de toutes les parties prenantes à l'alphabétisation, l'UNESCO a lancé le programme NFEMIS (Systèmes de gestion de l'information sur l'éducation non formelle) qui développe des nouveaux systèmes de collecte de données, de suivi et d'évaluation des programmes afin de mieux mesurer l'impact de l'alphabétisation et des activités éducatives et de fournir des indications plus fiables sur l'analphabétisme.

NFEMIS ne se contentera pas des statistiques officielles. Il recherchera plutôt les informations rassemblées par les communautés locales, grâce au développement d'un réseau de Centres d'apprentissage communautaires ou de Centres multimédias communautaires, implantés partout dans le monde avec le soutien de l'UNESCO et de ses partenaires nationaux et internationaux. Plusieurs centaines de ces centres ont déjà vu le jour en Asie, et leur nombre s'accroît rapidement en Afrique et en Europe centrale.

L'UNESCO cherche aussi à promouvoir la recherche sur l'alphabétisation, l'élaboration de matériels didactiques adaptables à des situations culturelles et sociales très diverses, la formation des enseignants en alphabétisation et la fourniture d'équipements pour développer l'enseignement à distance grâce aux nouvelles technologies. L'objectif commun à toutes ces initiatives est de fournir toute l'aide possible aux gouvernements et aux autres intervenants (les représentants de la société civile, les institutions publiques et privées, les particuliers ou les agences internationales) dans la conception des politiques et des programmes indispensables pour parvenir à un monde alphabétisé.

Soulignant que le thème de la Journée internationale de l'alphabétisation était cette année " L'alphabétisation comme Liberté ", Koïchiro Matsuura a souligné que " l'alphabétisation est une force vitale, positive et active dans la vie des gens, une force qui leur permet de faire des choix, de participer à la vie de la société et d'exercer leurs droits, autrement dit d'être libres ".


Contact: Sue Williams
Bureau de l'information du public, Section éditoriale
Tél.: 00 33 (0) 1 45 68 17 06
E-mail: s.williams@unesco.org



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de presse N°2002-61
Site Web 1 (URL) Web: Les programmes de l'UNESCO en faveur de l'alphabétisation
Date de publication 09 Sep 2002
© UNESCO 1995-2007 - ID: 6011