Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
L'EAU EST UN BIEN PUBLIC, PAS UNE SIMPLE MARCHANDISE, SELON L'UNESCO

Johannesburg/Paris - Les premiers résultats de l'enquête réalisée par les Nations Unies - la plus importante à ce jour - pour évaluer les ressources en eau douce de la planète seront présentés le 3 septembre au Water Dome (de 14h à 16h30, salles 3 et 4), pendant le Sommet mondial sur le développement durable (SMDD), à Johannesburg.

Vingt-quatre agences des Nations Unies se sont associées pour réaliser un rapport mondial sur l'eau, qui sera achevé en 2003. L'UNESCO a pris la direction de ce projet, intitulé Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau (World Water Assessment Programme, WWAP) ; à terme, il permettra d'évaluer et de contrôler la totalité des ressources hydrologiques de la planète. Il fournira, par exemple, la première carte mondiale des ressources en eaux souterraines, récemment réalisée par l'UNESCO, l'Association internationale des hydrogéologues (AIH) et la Commission de la carte géologique du monde (CCGM).

" Dans le futur, les ressources en eaux souterraines vont jouer un rôle de plus en plus important. Aujourd'hui, plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable et plus de 2,4 milliards n'ont pas de système d'assainissement efficace. Au Sommet de Johannesburg, les Etats prendront, une fois de plus, l'engagement de réduire ces chiffres de moitié d'ici 2015. Si l'on veut atteindre cet objectif, il faut évaluer correctement et gérer les eaux souterraines, qui représentent un potentiel extraordinaire mais qui sont très vulnérables à la pollution et à la surexploitation ", explique Andras Szollosi-Nagy, Directeur du Programme hydrologique international (PHI) de l'UNESCO.

" A Johannesburg, il faut également prendre en compte la question éthique ", poursuit M. Szollosi-Nagy, qui participe au Sommet. " L'accès à l'eau devrait être considéré comme un droit humain fondamental. Pour l'UNESCO, l'eau n'est pas qu'une marchandise, c'est un bien public. Il faut bien sûr facturer le coût de la fourniture d'eau, afin de gérer la demande. Mais une véritable reconnaissance juridique du fait que l'eau est un bien public devrait être au centre de tout débat sur la privatisation de cette ressource. "

Le PHI vise à fournir les études scientifiques, les conseils et la formation nécessaires à l'amélioration de la gestion des ressources en eau, aux niveaux national et international. Il traite une large gamme de problèmes - depuis l'exploitation éthique de l'eau fossile (qui peut avoir des milliers voire des millions d'années) jusqu'au contrôle des inondations en Europe.

" Il était plus facile de contrôler les ressources hydrologiques il y a dix ans qu'aujourd'hui ", souligne M. Szollosi-Nagy. " De nombreux Etats ont réduit leurs budgets de surveillance et de recherche. Mais cette vision à court terme finit par leur coûter cher, comme en témoignent, par exemple, les inondations catastrophiques qui viennent de frapper l'Europe. De nombreux experts estiment que ces inondations sont liées aux changements climatiques. Il est trop tôt pour le savoir mais ce qui est indéniable, c'est que des facteurs d'origine humaine ont aggravé les choses. Si l'on surveillait davantage la situation, on pourrait mieux prévoir les événements. Par ailleurs, les infrastructures permettant d'endiguer les inondations périodiques ne sont pas suffisantes. "

" Dans les pays en développement, c'est encore pire. Dans les vingt prochaines années, la moitié des réservoirs d'eau naturels d'Afrique aura disparu à cause de la sédimentation. Les alluvions fluviaux s'accumulent du fait de la déforestation, de l'érosion et de la mauvaise gestion des terres. Au rythme actuel, de nombreux réservoirs seront tellement remplis de ces alluvions qu'ils ne pourront plus fonctionner et provoqueront des pénuries importantes d'électricité, d'eau d'irrigation et d'eau potable ", explique M. Szollosi-Nagy, en se référant à une base de données du PHI sur les flux de sédimentation dans les cours d'eau de la planète.

Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, participera à la présentation du WWAP, ainsi que le Secrétaire général du SMDD, Nitin Desai, et plusieurs ministres de l'Environnement et de l'Eau. La manifestation permettra de lancer l'Année internationale de l'eau douce des Nations Unies (2003), dont l'UNESCO est l'agence chef de file.

L'UNESCO organisera également une table ronde sur les conflits internationaux liés à l'eau, en coopération avec la Croix-Verte, une ONG fondée par Mikhaïl Gorbatchev. Des experts y présenteront des approches innovantes pour résoudre les conflits qui couvent dans cinq bassins fluviaux partagés entre plusieurs pays : ceux des fleuves Okavango, Volta, La Plata, Jourdain et Incomati. Chaque présentation sera suivie d'un débat. L'UNESCO et la Croix-Verte travaillent ensemble, dans le cadre du WWAP, à l'important projet sur la diplomatie de l'eau " Du conflit possible au potentiel de coopération " (From Potential Water Conflicts to Co-operation Potential). La table ronde de l'UNESCO se tiendra au Water Dome le 3 septembre de 14h à 16 h.


Présentation du World Water Assessment Programme (WWAP)
"Monitoring Global Progress"
3 septembre, 14h-16h, salles 3 et 4 du Water Dome

Panel de discussion "Water for Peace"
3 septembre, 14h-16h, Water Dome



Contacts: Amy Otchet
Bureau de l'information du Public
Portable à Johannesburg: (+27) (0)828 580 718
E-mail: a.otchet@unesco.org

Isabelle Le Fournis, Bureau de l'information du Public
Portable: (+33) (0) 614 695 372
E-mail: i.le-fournis@unesco.org



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Avis aux médias N°2002-32
Site Web 1 (URL) Website: UNESCO - Eau
Date de publication 29 Aug 2002
© UNESCO 1995-2007 - ID: 5646