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Avec le site en peril de Djam, l'Afghanistan rejoint le patrimoine mondial

26-06-2002 10:00 pm Budapest - Retranché dans une étroite vallée, le minaret de Djam dresse ses 65 mètres de briques ouvragées vers le ciel afghan. D'une valeur considérable pour l'histoire de la civilisation et de l'architecture islamiques, ce minaret, le deuxième du monde par la hauteur, a été inscrit aujourd'hui sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Le minaret et les vestiges archéologiques de Djam deviennent ainsi le premier site afghan jamais porté sur cette Liste. Mais il est menacé et a donc été inscrit simultanément sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Le minaret de Djam, daté de 1194, a été édifié par le sultan Ghiyathal-din Mohammed Ibn Sam (1163-1202), dans la province du Ghor (centre-ouest du pays). Réalisé en briques cuites, il est entièrement décoré de dessins géométriques, de motifs floraux et d'inscriptions coufiques, grâce à une technique de pose utilisée à Boukhara dès le Xe siècle. La richesse de son ornementation marque l'apogée d'une tradition artistique qui devait s'éteindre quelques décennies plus tard, avec la chute de la dynastie ghoride, au début du XIIIe siècle. Le minaret de Djam a inspiré le Qutb Minar de New Delhi, le seul minaret du monde qui le dépasse en hauteur.

Construit sur la rive sud du Hari-rud, à 1 900 mètres d'altitude, le minaret de Djam a été oublié pendant des siècles, avant d'être redécouvert le 18 ao?t 1957. Au terme d'une expédition exténuante, menée par Ahmed Ali Kohzad (président de la Société d'Histoire afghane) et l'archéologue français André Maricq, ce dernier écrivit : " Le paysage s'était ouvert : ici, notre torrent se jetait dans le Heri-roud. Et juste au confluent du torrent et du fleuve, au milieu d'un cirque de montagnes sombres, se dressait la silhouette dorée d'une tour colossale, rehaussée d'un bandeau de faïences bleues. [...] Féérique est la vision de cette tour immense entièrement décorée...".

La beauté du minaret n'est pas son seul attrait. Ce monument est aussi d'une importance capitale pour comprendre l'histoire de la dynastie ghoride et de l'islam médiéval. Or, sur ce plan, le minaret de Djam est loin d'avoir livré tous ses secrets. Historiens et archéologues spéculent depuis des décennies sur sa fonction initiale. Faisait-il partie d'une mosquée, bien qu'il n'en subsiste aucune trace? Ou était-ce plutôt une " tour de la victoire ", élevée pour célébrer la grandeur des Ghorides, qui avaient construit un empire et réussi à conquérir Delhi ? Autre énigme : le minaret marquait-il l'emplacement de Firuzkoh, la capitale des Ghorides détruite par les Mongols, qui n'a jamais été localisée formellement ?

Des éléments de réponse pourraient se nicher dans les ruines d'une forteresse, d'un palais et d'une muraille ponctuée de tours de garde, situées en face du minaret, sur la rive nord du Hari-rud. Des stèles gravées d'inscriptions hébraïques ont également été retrouvées non loin de là, signalant l'existence probable d'un cimetière juif. Ces stèles avaient été découvertes au début des années 60 par l'architecte italien Andrea Bruno, aujourd'hui consultant pour l'UNESCO, et transférées au musée de Kaboul. Le site contenait également les restes d'un bazar, qui fut détruit en 1964 en vue de construire un hôtel. Des fouilles scientifiques pourraient bientôt permettre d'en savoir plus sur la véritable histoire de Djam.

A moins que les pilleurs n'aient rien laissé. Depuis des années, le site, qui n'est pas gardé, fait l'objet de fouilles illégales et de vols : selon les experts, de nombreux objets de la période ghoride ont disparu, des pans de briques ouvragées du minaret ont été arrachés et des pierres de la muraille ont été volées pour être réutilisées. Lors d'une mission d'experts conduite par Andrea Bruno en mars 2002, l'Italien a de nouveau constaté d'innombrables sondages archéologiques sauvages sur la rive nord du Hari-rud.

Construit à l'intersection de deux rivières (le Hari-rud et le Djam-rud), le minaret est par ailleurs menacé par des infiltrations d'eau qui pourraient saper sa base. Alors qu'il penche déjà légèrement, des travaux de consolidation ont été entamés et demandent à être poursuivis. Autre problème : un projet de route qui, selon le tracé actuel, devrait traverser le site archéologique.

Ces nombreuses menaces ont amené le Comité du patrimoine mondial à inscrire le site de Djam sur la Liste du patrimoine mondial en péril. La procédure de la double inscription d'un site (sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste " en péril ") permet d'accélérer la mobilisation de la communauté internationale afin de prendre les mesures d'urgence qui s'imposent.

Avec la Liste du patrimoine mondial en péril, l'UNESCO entend attirer l'attention de la communauté internationale sur la nécessité de renforcer la protection des sites menacés - par la pollution minière ou industrielle, le pillage, la guerre, le tourisme mal géré, le braconnage, etc. Une fois inscrits sur la liste " en péril ", ils bénéficient généralement de mesures nationales plus efficaces et d'une aide financière internationale accrue.

L'inscription du site de Djam sur la Liste du patrimoine mondial en péril porte le total des sites inscrits sur cette liste à 32. Il vient s'ajouter aux 31 suivants : Butrint (Albanie), les palais royaux d'Abomey (Bénin), la réserve naturelle de Srebarna (Bulgarie), Angkor (Cambodge), Abou Mena (Egypte), le Parc national de Sangay (Equateur), les Parcs nationaux des Everglades et de Yellowstone (Etats-Unis), le Parc national du Simen (Ethiopie), la réserve naturelle du mont Nimba (Guinée et Côte-d'Ivoire), la réserve de biosphère Rio Platano (Honduras), le sanctuaire de faune de Manas et l'ensemble monumental de Hampi (Inde), la vieille ville de Jérusalem et ses remparts (site proposé par la Jordanie), Tombouctou (Mali), les réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré (Niger), le Fort de Bahla (Oman), les Monts Rwenzori (Ouganda), le Fort et les jardins de Shalimar à Lahore (Pakistan), la zone archéologique de Chan Chan (Pérou), les Rizières en terrasse des cordillères des Philippines (Philippines), le Parc national du Manovo-Gounda St. Floris (République Centrafricaine), cinq parcs ou réserves de la République démocratique du Congo, le Parc national des oiseaux du Djoudj (Sénégal), le Parc national de l'Ichkeul (Tunisie), la ville historique de Zabid (Yémen) et la contrée de Kotor (Yougoslavie).

Contacts

Budapest
Presse écrite : Isabelle Le Fournis, tél. +33 (0) 6 14 69 53 72
Presse audiovisuelle : Carole Darmouni, tél. +33 (0) 6 18 01 88 82

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Site Internet : Patrimoine mondial - UNESCO



Source Communiqué de presse N°2002-41
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 4839 | guest (Lire) Mise à jour: 13-11-2002 5:58 pm | © 2003 - UNESCO - Contact