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LE DIRECTEUR GENERAL DE L'UNESCO MET EN GARDE CONTRE LA MENACE D'UNE IMMINENTE CRISE DE L'EAU

28-02-2002 11:00 pm Paris - A l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, vendredi 22 mars, le Directeur général de l'UNESCO met en garde contre une imminente crise de l'eau et déclare que " s'il y a crise de l'eau, il y a crise du développement ". Il souligne que " nous ne garantirons aux générations futures des ressources durables en eau qu'à la condition de conjuguer principes scientifiques et éthiques avec des pratiques socialement acceptables ".

La crise hydrique est l'un des principaux défis auxquels le monde est confronté aujourd'hui. Il faut se rappeler que 97,5 % de l'eau de la "planète bleue" est trop salée pour être utilisée par l'homme et que seul 0,26 % de l'eau douce restante est accessible. Le reste est profondément enfoui ou geléen Antarctique et au Groenland.

Cependant, la demande globale de cette ressource limitée a été multipliée par plus de 6 au cours du siècle passé, c'est-à-dire que, selon les estimations de l'UNESCO, elle a cru plus de deux fois plus vite que la population. Sans une meilleure gestion des ressources en eau et des écosystèmes associés, deux tiers de l'humanité souffriront de manque d'eau de façon plus ou moins sévère d'ici 2025. En 2050, toutes les régions du monde seront affectées si la croissance de la population se poursuit à ce rythme.

Aujourd'hui, près de 20% de la population mondiale n'a pas accès à des ressources en eau potable et plus de 50% vit sans installation sanitaire correcte. En permanence, environ la moitié des habitants des pays en développement souffre de maladies liées à l'eau comme la diarrhée, certaines infections parasitaires, la cécité des rivières (onchocercose), ou la malaria. Ces fléaux tuent chaque année 5 millions de personnes, parmi lesquelles de nombreux enfants de moins de 5 ans.

Accroître l'accès à l'eau potable ne constitue que l'un des problèmes auxquels sont confrontés les pays en développement. Ils ont déjà les plus grandes difficultés à maintenir le système public d'approvisionnement existant. Dans les villes du Sud, il n'est pas rare que plus de la moitié de l'eau transportée dans des canalisations vieilles et mal entretenues soit perdue du fait des fuites. De plus, les eaux usées sont rarement traitées et se retrouvent inévitablement dans les rivières, ruisseaux et nappes phréatiques. Les études de l'UNESCO ont montré qu'il suffisait d'un mètre cube d'eau usée non traitée pour contaminer dix mètres cube d'eau propre.

Les pays industrialisés sont également concernés puisque plus de 25% de l'eau circulant dans les systèmes d'adduction publics sont perdus. Bien que ces pays se soient généralement dotés de lois imposant le traitement des eaux usées, ils ne sont pas épargnés par les pollutions industrielles, héritées des décennies écoulées. Des produits chimiques toxiques et des métaux lourds comme le plomb, le mercure ou le chrome se sont déposés dans les sédiments des cours d'eau ; ils menacent dangereusement les écosystèmes et peuvent contaminer la chaîne alimentaire en se concentrant dans les poissons, à leur tour consommés par les humains.

L'agriculture est une autre source majeure de pollution. La contamination en nitrate due à un usage excessif d'engrais constitue aujourd'hui l'une des plus sérieuses menaces pesant sur la qualité de l'eau dans tous les pays du monde, riches ou pauvres. Aux Etats-Unis par exemple, trois quart des nappes phréatiques californiennes sont contaminées par les nitrates, les pesticides et l'excès de sel généré par l'agriculture intensive.

Avec près de 80% de la demande globale, le monde agricole est également le plus gros consommateur d'eau. Cependant, selon les évaluations de l'UNESCO, environ 60% de cette eau est gaspillée du fait des fuites et de l'évaporation dans les canaux d'irrigation. Et cette eau perdue contribueà l'appauvrissement des sols et des récoltes, spécialement dans les zones arides. L'eau suinte entre les cultures, détrempe le sol et s'évapore en le laissant saturé en sels, ce qui réduit les rendements. Pris dans un cercle vicieux, les fermiers utilisent alors plus d'eau pour des récoltes en baisse, ce qui contribue à dégrader encore plus le sol. Plus de 30% des zones irriguées dans le monde sont d'ores et déjà concernées par ce phénomène.

En dépit des progrès technologiques, qui offrent l'option de la désalinisation, il n'y a pas de remèdes rapides. Etant donné la demande croissante d'une population qui augmente, étant donné aussi les impératifs de préservation de l'environnement et de développement économique, le monde n'a pas d'autres solutions que d'adopter une approche plus holistique de la gestion de l'eau. Il est par exemple courant, particulièrement dans les pays en développement, de construire de nouveaux réseaux d'adduction dans les villes sans mettre en place des réseaux correspondants de collecte et de traitement des eaux usées.

Etant donné l'urgence de la situation dans le monde, l'UNESCO a fait de l'eau l'une de ses priorités-clé, notamment au travers du Programme hydrologique international (PHI). Créé en 1975, le PHI a été le promoteur des efforts scientifiques destinés à évaluer les ressources globales en eau et à développer des principes éthiques et socio-économiques pour la gestion de l'eau. En accueillant le secrétariat du Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau, qui comprend 23 agences des Nations Unies, le PHI pilote également les travaux destinés à produire le Rapport sur la mise en valeur de l'eau dans le monde. La première édition de ce rapport sera diffusée lors du troisième Forum mondial de l'eau à Kyoto, au Japon en mars 2003. Pour la première fois, des décideurs nationaux, des organisations non-gouvernementales et de simples citoyens auront accès à une évaluation régulière des ressources hydriques mondiales.

La compétition qui se développe autour de ressources hydriques limitées laisse craindre que de futures guerres pourraient avoir l'eau pour enjeu. Plus de 260 fleuves franchissent des frontières et leurs bassins accueillent plus de 40% de la population mondiale. Alors que l'eau a souvent été utilisée comme arme dans les conflits, la dernière guerre proprement dite menée pour les ressources en eau a eu lieu il y a 4500 ans, autour du Tigre et de l'Euphrate.

L'histoire montre cependant que le manque d'eau n'est pas seulement une source de conflit mais peut aussi inciter à la coopération. Afin d'encourager ce mouvement, l'UNESCO a joint ses forces à celles de la Croix verte internationale, organisation non gouvernementale dirigée par Mikhaïl Gorbatchev. Un projet commun vise à fournir aux décideurs, mais aussi aux spécialistes en hydrologie et à ceux qui espèrent le devenir, les compétences de négociateurs nécessaires à la prévention des conflits internationaux liés à l'eau. Selon les termes du Directeur général de l'UNESCO, l'objectif est de "faire tout notre possible pour que le XXIème siècle soit celui de la "paix de l'eau " et non celui des "guerres de l'eau " ".

Contact : Amy Otchet, Section éditoriale, Bureau de l'information du public
e-mail : a.otchetnesco.org / tél. 33 1 45 68 46 83


Site Internet : message complet du Directeur général de l'UNESO - Koïchiro Matsuura
Site Internet : Unesco - eau


Source Feature No.2002-03


 ID: 4783 | guest (Lire) Mise à jour: 29-07-2002 2:59 pm | © 2003 - UNESCO - Contact