Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
DEBUT EN JUIN DE LA RECONSTRUCTION DU PONT DE MOSTAR

Paris - Les travaux de reconstruction du Stari Most, ou Vieux Pont de Mostar
(Bosnie-Herzégovine), détruit lors de la guerre en ex-Yougoslavie, sont sur le point de commencer, après plus de deux ans de recherches scientifiques et archéologiques pour la consolidation de ses fondations et celle des berges de la rivière Neretva.

Afin de marquer symboliquement le début des travaux, qui aura lieu les derniers jours de juin, et dans le cadre de l’Année internationale des Nations Unies pour le patrimoine culturel, le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a convoqué le jeudi 6 juin une réunion d’information durant laquelle seront également présentés les résultats d’autres travaux de restauration et de réhabilitation réalisés en Bosnie-Herzégovine par l’UNESCO. Un des axes prioritaires d’action de cette Année internationale cherche précisément à mettre en valeur la capacité du patrimoine en tant qu’outil de réconciliation entre les peuples.

La reconstruction du pont, édifié au XVIème siècle par l’architecte ottoman Mimar Hajreddin et détruit fin 1993 lors des affrontements qui eurent lieu dans l’ex-Yousgoslavie, est l’ultime étape d’un projet auquel l’UNESCO, la Banque Mondiale, et les autorités locales travaillent depuis plus de deux ans. Un accord signé entre les trois parties a confié à l’UNESCO la création d’un Comité international d’experts chargé de la supervision scientifique et technique des travaux de reconstruction du pont et la restauration des principaux monuments historiques de la ville.

L’Italie, la Turquie, la France, les Pays-Bas et d’autres bailleurs de fonds ont apporté les 15 millions de dollars nécessaires à la réédification du pont et de ses deux tours, ainsi qu’à la réhabilitation de onze édifices du quartier historique de Mostar, sérieusement endommagés durant les affrontements. Dans le budget total, deux millions de dollars proviennent de la municipalité de Mostar et 660.000 du gouvernement croate.

Pour Mounir Bouchenaki, Sous-Directeur général de l’UNESCO pour la culture, « la composition multicommunautaire et multiculturelle du Comité d’experts […] montre […] que l’Organisation a su fédérer et réconcilier autour de monuments ayant une valeur symbolique forte, les ennemis d’hier pour les amener à collaborer pour restaurer ensemble un patrimoine culturel qui est à la fois partie intégrante de leur passé partagé et gage de leur avenir commun ».

Au delà de sa reconstruction, l’objectif que poursuit l’UNESCO en redonnant vie au pont, joyau de l’art ottoman, est d’en faire un symbole de la cohabitation pacifique dans une ville qui, entre 1992 et 1995, a perdu plus de 2.000 habitants au cours des combats entre Serbes, Croates et Bosniaques.


Le Stari Most fut détruit le 9 novembre 1993. Durant deux jours de bombardements, le pont reçut 68 impacts de tirs d’armes lourdes. Il est prévu que sa reconstruction se termine à la fin de cette année ou au printemps 2003 ; la date finale dépendra en fait des crues de la rivière Neretva.

Outre Koïchiro Matsuura, Hamdija Jahic et Neven Tomic, respectivement Maire et Vice-Maire de Mostar, participeront à la réunion de jeudi, qui comptera aussi avec la présence du Haut Représentant civil adjoint Jean-Pierre Berçot et du professeur Léon Pressouyre, Président du Comité international d’experts de l’UNESCO pour la reconstruction du pont de Mostar.

La séance se terminera par la projection d’une présentation des travaux de restauration des divers monuments de la ville déjà réalisés sous la supervision de l’UNESCO, comme la Mosquée Tabacica, le Petit Pont et un hammam, financés respectivement par l’Arabie Saoudite, le Luxembourg et la France.

Les journalistes souhaitant assister à la réunion d’information sur Mostar sont priés de s’inscrire auprès du Service de presse, tél. 01 45 68 17 47

Contact : Lucia Iglesias
Bureau de l’information du public, Section éditoriale



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Avis aux Médias No.2002-20
Date de publication 04 Jun 2002
© UNESCO 1995-2007 - ID: 4692