Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
SORTIE DU RAPPORT DE L'UNESCO " LES SCIENCES SOCIALES DANS LE MONDE "

Paris - A quoi servent les sciences sociales ? Cette discipline, qui consiste à recueillir des informations sur la société afin d'éclairer la décision politique, est un outil d'interrogation du réel. Les sciences sociales ont connu des fortunes diverses selon les époques, les pays et les contextes idéologiques. C'est ce que montre le rapport "Les sciences sociales dans le monde", co-édité par l'UNESCO et la Maison des sciences de l'homme de Paris, qui vient de sortir en français. A l'occasion du lancement de ce rapport, une table ronde est organisée avec des chercheurs de plusieurs pays, à Paris, jeudi 6 juin à 18 h (*).

" L'émergence de nouvelles et plus nombreuses communautés scientifiques, dit la préface, et l'intensification de la circulation des informations et des personnes aident les sciences sociales à surmonter peu à peu [leur] européocentrisme et [leur] américanocentrisme. [...] Aujourd'hui, le monde ne peut être compris qu'à partir d'une multiplicité de points de vue ".

Cette multiplicité de points de vue est précisément ce qu'offre ce rapport, auquel ont collaboré des auteurs de toutes les régions du monde. Il se compose de deux grandes parties.

La première, "Panorama", est un historique et un état des lieux. Au cours du XXe siècle, les sciences sociales se sont peu à peu affranchies de la philosophie et de l'histoire et ont acquis un statut indépendant. Leur véritable essor date des années 60 en Occident. Accompagnant les grands mouvements sociaux, elles deviennent à cette époque militantes. Les recherches portent alors sur l'organisation du travail, les classes, l'Etat capitaliste et la sexualité...

Dans les pays de l'ex-bloc soviétique, il a fallu attendre les années 80 pour voir émerger de nouvelles recherches. Ainsi, en Russie, dit le rapport, "jusqu'à récemment, Sigmund Freud ou Max Weber n'étaient pas officiellement enseignés ou connus". De même, en Chine la recherche s'ouvre actuellement au reste du monde, tandis que dans les pays arabes la situation est très contrastée de l'un à l'autre. En Afrique, si on peut aujourd'hui "affirmer des positions critiques sans crainte et sans risque", les chercheurs doivent toutefois, faute de moyens, se tourner vers les financements d'organisations étrangères qui leur imposent leurs thèmes de travail.

En règle générale, l'université n'est plus le seul employeur des chercheurs en sciences sociales. Bureaux d'études, instituts de sondage, organisations internationales et services de marketing ont également besoin de connaître les comportements et opinions des individus.


La deuxième partie de l'ouvrage, "Questions et applications", est consacrée à la façon dont les sciences sociales traitent certains des grands problèmes qui se posent aujourd'hui à l'humanité: la science et la technologie, le développement, l'environnement et les sciences du comportement.

* Présentation du rapport le 6 juin, à 18 h à la Maison des Sciences de l'homme, 54 bd Raspail, Paris 6e - Table ronde avec Maurice Godelier (EHESS), Margaret Maruani (CNRS), Valery Nosulenko (Académie des Sciences de Russie), Helgio Trindade (UFRGS, Porto Alegre), animée par Jean-François Dortier (rédacteur en chef de Sciences Humaines)

Contact :
Monique Perrot-Lanaud
Bureau de l'information du public, Section éditoriale
Tél. 01 45 68 45 40
m.perrot@unesco.org



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Avis aux Médias No.2002-21
Date de publication 05 Jun 2002
© UNESCO 1995-2007 - ID: 4691