Dans son intervention devant la 35e session de la Conférence générale de l’UNESCO, organe suprême de l’Organisation, la Cheikha a déclaré : « Priver les enfants du droit à l’éducation, c’est les priver du droit de vivre ».
Evoquant les 75 millions d’enfants qui sont privés d’éducation de par le monde et les 150 millions – en majorité des filles – qui ne peuvent pas bénéficier d’une éducation primaire complète, la Cheikha a demandé : « Ne s’agit-il pas là d’une injustice perpétrée par la communauté internationale, d’une discrimination et d’une violation de leur droit sacré à l’éducation ? ».
« Si nous sommes vraiment convaincus que l’éducation représente le moyen de bâtir un monde […] de démocratie, de liberté, d’égalité et de justice, il nous faut premièrement revoir nos priorités, deuxièmement créer une nouvelle culture, reposant sur une ferme volonté politique et visant à réconcilier héritage et progrès, les valeurs religieuses, sociales et politiques, troisièmement travailler à changer les mentalités de façon à ce qu’elles soient plus en harmonie avec les besoins de la société », a-t-elle poursuivi.
« En ce qui concerne le droit à l’éducation, nous devons tous nous interroger sur notre crédibilité, du point de vue éthique, juridique et humain, si chaque fois que les sanctuaires que doivent être les institutions éducatives sont violés de façon brutale et préméditée, nous ne prenons pas les mesures fermes et appropriées qui s’imposent », a mis en garde la Cheikha.
Elle a exprimé son indignation face à la terreur délibérément imposée aux enfants lors des guerres et rappelé son initiative Education Above All qui « vise à suivre, enquêter et prouver les attaques contre l’éducation dans des zones en crise ou conflit et à trouver des alternatives appropriées ».
Durant sa visite, la Cheikha s’est entretenue avec le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, et elle a réitéré son soutien aux programmes de l’Organisation traitant de l’éducation en situation de post-conflit, en particulier à Gaza et en Iraq.