Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture

Le Directeur général lors du débat thématique sur l'EPT : « Ne relâchons pas nos efforts d'investissement dans l'éducation »

Le samedi 24 avril 2009, le Directeur général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, a participé au débat thématique de la 181e session du Conseil exécutif consacré au « rôle de l’UNESCO en tant qu’organisation chef de file et coordonnatrice des institutions partenaires de l’Education pour tous (EPT), avec un accent particulier sur les progrès de l’EPT en Afrique ».

Organisée par le Président du Conseil, M. Olabiyi Babalola Joseph Yaï, la session a réuni plusieurs personnalités de haut niveau, notamment Mme Naledi Pandor, Ministre de l'Education sud-africaine et Présidente du Bureau des ministres de la COMEDAF et de l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA) et M. Jean-Pierre Ezin, Commissaire chargé du développement des ressources humaines, de la science et de la technologie à la Commission de l'Union Africaine*.

« Ce débat a lieu au moment opportun : à l'heure où le monde traverse une crise financière et économique profonde, il est essentiel de coordonner les politiques internationales, notamment dans le domaine de l'éducation, et plus particulièrement en Afrique. Il sera tout simplement impossible de parvenir à l'EPT sans appliquer une stratégie à ce continent extrêmement divers, notamment aux pays et aux groupes les plus vulnérables », a déclaré M. Matsuura dans son discours d'ouverture.

Le Directeur général a ajouté que depuis Dakar, des progrès significatifs avaient été réalisés pour améliorer la collaboration et la cohérence des politiques entre les partenaires au niveau mondial, en particulier entre les cinq institutions partenaires de l'EPT (UNESCO, PNUD, UNFPA, UNICEF et la Banque mondiale). Il a toutefois reconnu qu'il y avait encore beaucoup à faire pour renforcer la collaboration sur le terrain, faisant notamment référence à la lettre que les directeurs des cinq organisations partenaires de l'EPT ont récemment envoyée au personnel sur le terrain et aux coordonnateurs résidents, dans laquelle ils s'engagent à augmenter leur aide dans des domaines prioritaires tels que l'assistance technique, la coordination des politiques, la mobilisation des ressources et la gestion de l'information. Le Directeur général a souligné que les cinq organisations se concentreraient principalement sur les pays qui représentent les plus grands défis en termes d'EPT (voir le Flash Info N° 063-2009*).

M. Matsuura a insisté sur le besoin urgent de développer le soutien à l'Afrique. « Depuis 2000, de très grandes avancées ont été obtenues dans plusieurs pays d'Afrique subsaharienne, preuve que la volonté politique existe. Il nous reste désormais à entretenir cette dynamique, donner une dimension plus stratégique à nos interventions et aligner nos actions sur les priorités et les besoins des pays », a déclaré le Directeur général. Il a poursuivi en donnant des exemples qui illustrent la façon dont l'UNESCO donne un nouvel élan à son aide aux pays africains en coopérant avec les organisations et les communautés économiques régionales d'Afrique sur des points cruciaux tels que l’alphabétisation, les enseignants et le VIH/sida.

« A l'heure actuelle, le droit à l'éducation est sérieusement menacé. La crise financière et économique risque d'avoir des conséquences dévastatrices pour l'Afrique. Nous devons nous exprimer avec force afin de convaincre les pays et les partenaires pour le développement que toute réduction des dépenses sociales ou de l'aide internationale risquerait de menacer une génération entière et de compromettre les progrès historiques accomplis en Afrique depuis 2000. Le niveau de l'aide à l'éducation a chuté de 22 % entre 2006 et 2007, ce qui est extrêmement préoccupant. Malgré les promesses faites par les donateurs d'augmenter leur financement pour l'Afrique, l'aide à l'éducation de base pour ce continent a représenté uniquement 1,8 milliard de dollars en 2007, soit moins d'un quart du montant nécessaire pour atteindre l'EPT. Nous devons renverser cette tendance », a conclu M. Matsuura.

Plusieurs thèmes communs ont été identifiés lors du débat thématique. Tout d'abord, les participants ont reconnu qu'il était nécessaire de poursuivre la progression vers l'EPT et d'assurer le maintien des dépenses pour l'éducation de base dans les budgets nationaux comme dans les budgets d'aide aux pays étrangers. En second lieu, les participants ont insisté sur l'importance d'aborder tous les thèmes de l'EPT, notamment les objectifs d'alphabétisation négligés, la prise en charge de la petite enfance et de l'éducation (ECCE) ainsi que la qualité, en mettant l'accent sur les enseignants. La nécessité d'accorder une attention particulière à l'équité et à l'intégration a également été soulignée. Par ailleurs, les membres du Conseil ont exhorté les parties prenantes à adopter une approche holistique en matière d'éducation, soulignant les liens qui existent entre l'EPT et les progrès réalisés aux niveaux secondaire et supérieur. Enfin, les participants ont dialogué en toute franchise et dans un esprit constructif sur le rôle de l'UNESCO en tant qu'organisation chef de file pour l'EPT. Ils ont salué les avancées réalisées en termes de coordination des politiques mondiales, en particulier entre les cinq institutions partenaires de l'EPT, rappelant qu'il s'agissait désormais de traduire ces efforts en un soutien plus cohérent et efficace au niveau des pays. Les participants ont mis l'accent sur la nécessité de développer l'assistance technique et le renforcement des capacités, convenant du rôle central que l'UNESCO avait à jouer dans ces domaines. Ils ont également reconnu l'importance de la coopération Sud-Sud, qui remplit une fonction de moteur pour la progression vers l'EPT. Les Etats membres ont là encore souligné la contribution unique que pouvait apporter l'UNESCO sur ce point, notamment en mettant en relation les parties prenantes et en jouant un rôle de facilitateur.


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* Sont intervenus lors de la session du matin sur la coordination mondiale de l'UNESCO et de l'EPT : M. Nick Alipui, Directeur, Division des programmes, UNICEF et M. Birger Fredriksen, conseiller international confirmé, ancien membre du personnel de l'UNESCO et Directeur de secteur du développement humain à la Banque mondiale. Kevin Watkins, Directeur de l'équipe du Rapport mondial de Suivi de l'Education pour tous, a présenté un aperçu des implications de la crise économique sur les progrès de l'EPT. Ont participé à la session de l'après-midi sur les défis de l'EPT en Afrique, aux côtés de Mme la Ministre Naledi Pandor et de M. le Commissaire Jean-Pierre Ezin : M. Mamadou Ndoye, conseiller international confirmé, ancien Ministre sénégalais et ancien Secrétaire exécutif de l'ADEA et M. Lisardo Justiniano Garcia Ramis, ancien Vice-Directeur, Institut central des sciences pédagogiques, Ministère de l'Education cubain et ancien conseiller auprès des gouvernements du Venezuela et de la République populaire d'Angola. Nicholas Burnett, Sous-Directeur général de l'UNESCO pour l'Education, a conclu les deux sessions par des commentaires.

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Auteur(s): La Porte-parole - Source: Flash Info N° 075-2009 -  Date de publication: 28-04-2009

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