Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture

Ouverture de la 181e session du Conseil exécutif de l’UNESCO

La 181e session du Conseil exécutif de l’UNESCO a été ouverte le 20 avril 2009 par son Président, M. Olabiyi Babalola Joseph Yaï. Cette session a été l’occasion, pour le Directeur général de l’Organisation, M. Koïchiro Matsuura, de défendre le projet de programme et de budget pour 2010-2011 (35 C/5) présenté au Conseil dans le contexte particulier de la crise économique et financière.

Evoquant tout d’abord l’ampleur de la crise et les dangers de la voir se transformer en une catastrophe sociale et humaine, le Directeur général a souligné que la réponse de la communauté internationale avait également été sans précédent. Le sommet du G20, tenu à Londres le 2 avril dernier, avait envoyé un signal fort de solidarité et de volonté politique et chargé les Nations Unies de mettre en place des mécanismes de surveillance des impacts de la crise sur les plus pauvres et les plus vulnérables. La réunion du Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies pour la coordination (CCS) accueillie juste après, les 4 et 5 avril, par l’UNESCO, sous la présidence du Secrétaire général des Nations Unies, avait quant à elle marqué une étape significative pour le renforcement de l’action internationale en réponse à la crise. Ainsi, la réunion du CCS avait réaffirmé la détermination du système à répondre uni à la crise et à s’acquitter de son devoir de protéger les plus pauvres des effets de la crise, estimant qu’une réponse coordonnée était nécessaire et que le système multilatéral avait un rôle central à y jouer.

L’UNESCO, quant à elle, a ajouté le Directeur général, a une responsabilité particulière de plaidoyer en faveur des plus menacés, en particulier en faveur de l’éducation, notamment pour l’Afrique. Le Directeur général a rappelé à cet égard son appel aux membres du G20 sur l’importance d’investir sur l’éducation. Le rôle de l’UNESCO est également de conseiller les gouvernements, par exemple dans le domaine des politiques scientifiques et de l’innovation. Enfin, le Directeur Général a indiqué que l’Organisation est prête à jouer pleinement son rôle dans le suivi des effets de la crise, grâce notamment à ses outils comme le ‘Rapport mondial de suivi sur l'Education pour tous (EPT)’ dans le domaine de l’éducation ou le ‘rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau’ dans celui de l’eau douce.

Le 35 C/5, a poursuivi le Directeur général, « a été conçu pour répondre à ces défis, en s’articulant autour d’un scénario de croissance réelle zéro, (…) seul à même de maintenir le pouvoir d’achat global de l’Organisation et de préserver sa capacité d’action ».

Tout en reconnaissant les difficultés budgétaires auxquels les Etats font face aujourd’hui, le Directeur général a poursuivi son plaidoyer en faveur de la croissance réelle zéro : « Permettez-moi cependant d’insister: c’est aujourd’hui qu’il faut investir, en termes réels, dans l’éducation, la science, la culture et la communication. Les besoins sont immenses. C’est la responsabilité essentielle du système multilatéral, mais c’est aussi, pour l’UNESCO, une exigence de solidarité dont nous savons qu’elle sera garante d’un retour à la croissance et au développement durable ».

Cependant, a précisé le Directeur général, il ne s’agit pas pour autant de garder la même structure budgétaire, mais plutôt de construire un « budget de priorités », fidèle aux orientations données par le Conseil à sa dernière session et aux objectifs de la Stratégie à moyen terme pour 2008-2013 (34 C/4), en renforçant les activités de programme, et en premier lieu l’éducation.

Après avoir fourni des arguments techniques pour justifier du calcul du montant estimé comme croissance réelle zéro, le Directeur général a surtout tenu à insister sur le fait que le débat ne se situait pas tant au niveau technique que politique. « Il s’agit ici d’abord et surtout de la volonté des Etats de tenir et maintenir, malgré leurs contraintes budgétaires, leurs engagements en matière de coopération et de multilatéralisme », a-t-il estimé.

En décrivant le contenu du projet de C/5, le Directeur général a précisé qu’il avait été conçu pour renforcer les domaines d’action prioritaires de chaque secteur de programme tout en maintenant les deux grandes priorités globales que sont l’Afrique et l’égalité entre les sexes, pleinement intégrées par chaque grand programme.

Le Directeur général a également indiqué que deux axes majeurs de programmation avaient été privilégiés: l’aide à la formulation de politiques, et le renforcement des capacités, et mis l’accent pour chaque secteur sur l’élément prioritaire : les trois piliers de l’EPT, l’alphabétisation, les enseignants et la formation technique et professionnelle ; la formulation et mise en place de politiques de la science, de la technologie et de l’innovation, appuyées sur des données scientifiques fiables pour répondre aux défis du changement climatique, de l’accès à l’eau potable, de la pression sur les écosystèmes, de l’aggravation des catastrophes naturelles ; l’aide à la formulation de politiques en matière de migrations, de jeunesse, des effets sociaux du changement climatique ou de l’accès aux nouvelles technologies de l’information ; la poursuite de la mise en œuvre des conventions tout en mettant l’accent sur la thématique culture et développement.

Enfin, le Directeur général a ajouté que le projet de C/5 renforçait encore davantage la coopération avec le système des Nations Unies et sa politique de décentralisation.

« Je me suis exprimé ce matin sur des sujets très différents, dont la dimension parfois technique ne doit pas nous faire perdre l’essentiel : nous devons aujourd’hui investir dans les domaines de compétence de l’UNESCO car ils sont garants d’un retour durable à la croissance et à la cohésion sociale. Les effets sociaux de cette crise sont en effet déjà inquiétants et pourraient s’aggraver. Cette crise touche d’abord les plus vulnérables. C’est à eux que je pense aujourd’hui en m’adressant à vous », a conclu le Directeur général.

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Auteur(s): La Porte-parole - Source: Flash Info N° 066-2009 -  Date de publication: 24-04-2009

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