Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture

Le Directeur général ouvre la troisième réunion du FOSRASUN à Tripoli

M. Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO, a participé le 24 février 2009 à Tripoli, en Jamahiriya arabe libyenne, à l’ouverture de la troisième session du Forum des Organisations régionales et sous-régionales africaines pour le soutien de la coopération entre l’UNESCO et l’UA/NEPAD (FOSRASUN).

Cette réunion, qui se tenait du 21 au 24 février 2009, avait été précédée d’une réunion d’experts réunissant des représentants de la Commission de l’Union africaine (UA), des Communautés économiques régionales (CER), des Organisations d’intégrations régionales (OIR) et du Secrétariat de l’UNESCO.

La réunion, placée sous la présidence du Président en exercice de l’Union africaine, Muammar El Kaddafi, Guide de la révolution du Grand Al Fatah, a été marquée par les allocutions successives du Secrétaire général de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD), M. Mohamed Al-Madani Al-Azhari, de la Commissaire en charge des Affaires sociales de la Commission de l’Union africaine, Mme Bience Gawanas, du Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, du Président de la République du Bénin et Président en exercice de la CEN-SAD, M. Yayi Boni, et du Président Muammar Kadhafi.

Dans son intervention, le Directeur général de l’UNESCO a rappelé que face à la crise économique et financière mondiale, il était essentiel, avec l’appui du FOSRASUN, de mobiliser tous les partenaires du développement pour accélérer les efforts consentis en faveur de l’éducation, de la santé et de la lutte contre la pauvreté en Afrique.

Se félicitant de voir le thème de « l’interface éducation/culture au cœur de l’intégration régionale » retenu par le forum, M. Matsuura a mis un accent appuyé sur la nécessaire intégration des principes de la diversité culturelle et linguistique, du pluralisme et du dialogue interculturel dans l’ensemble des politiques éducatives : « A l’heure où les sociétés apprennent de plus en plus à vivre dans des environnements multiculturels, la question de l’enseignement du fait de la diversité culturelle est en effet primordiale », a t-il notamment déclaré.

Dans cette perspective, M. Matsuura a également souligné le rôle crucial des langues, en tant que vecteurs de diversité culturelle, dans le développement durable des pays. « C’est précisément en favorisant un tel multilinguisme que nous saurons promouvoir la diversité culturelle et le dialogue interculturel, offrir à tous une éducation de qualité, promouvoir la diversité linguistique dans le cyberespace, construire des sociétés du savoir intégratrices, préserver le patrimoine culturel matériel et immatériel des sociétés », a-t-il souligné.

Le Directeur général de l’UNESCO a alors lancé un appel à l’Union africaine, aux Communautés économiques régionales (CER) et aux organisations d’intégration régionale (OIR), pour qu’elles soutiennent les nombreux chantiers ouverts dans ces différents domaines, en aidant à faire émerger de nouvelles stratégies concertées et à faire entendre la voix de l’Afrique sur le rôle essentiel que jouent l’éducation et la culture dans le développement durable des sociétés.

« Faire le lien entre éducation et culture, c’est d’abord et avant tout, comme stipulé dans la Décennie des Nations Unies pour l’éducation en vue du développement durable (2005-2014), encourager à respecter la diversité culturelle et le pluralisme dans l’éducation. C’est souligner l’importance d’une reconnaissance de la diversité culturelle et linguistique dans le monde, en favorisant à la fois le dialogue et les échanges, la circulation des savoirs et l’émergence de mémoires partagées. Ce chantier, à mon sens, est absolument prioritaire, car de lui découlent toutes les discussions et politiques possibles sur la gestion du multiculturalisme, la sauvegarde de patrimoines communs, l’harmonisation des politiques éducatives, ou la promotion d’un réel dialogue interculturel », a conclu M. Matsuura.

Le Président en exercice de l’Union africaine, Muammar El Kaddafi, pour sa part, a mis l’accent sur le rôle du FOSRASUN comme laboratoire et plate-forme de discussion, d’échange et de coopération entre la communauté internationale et le continent africain. Puis, tout en remerciant le Directeur général pour la priorité accordée à l’Afrique dans les programmes de l’UNESCO, il a appelé à un effort accru en faveur de la promotion des langues africaines en Afrique comme langues d'apprentissage, d'enseignement et d'échanges : « il faut réinscrire le multilinguisme dans l’enseignement, faire émerger les langues africaines comme langues de travail et de communication, et rompre l’isolement de l’Afrique », a-t-il notamment souligné.

En marge de la réunion du FOSRASUN, le Directeur général a été reçu en audience par le Guide du Peuple de la Jamahiriya arabe libyenne, Mouammar Kadhafi, avec lequel il a fait le point des relations de coopération avec l’UNESCO. Ils ont évoqué les préparatifs du prochain Sommet de l’Union africaine (Antananarivo, Madagascar, juillet 2009), auquel le Directeur Général a été invité à s’adresser en tant qu’invité spécial. Plus encore, le président en exercice de l’Union africaine a accepté qu’un point relatif à l’Histoire générale de l’Afrique soit inscrit à l’ordre du jour de ce prochain Sommet et a confirmé la volonté des autorités libyennes de financer des projets liées à l’enseignement des langues africaines.

Le Directeur général s’est également entretenu avec le Président de la République du Bénin, M. Yayi Boni, également Président en exercice de la CEN-SAD, qui a accepté l’invitation faite de se rendre à la prochaine session du Conseil Exécutif de l’UNESCO. Le Président Boni, à cette occasion, a vivement remercié le Directeur général pour son soutien apporté à la mise en œuvre des réformes éducatives portant sur la gratuité de l’enseignement et la formation des enseignants au Bénin. Au cours de son allocution en ouverture du FOSRASUN, le Président Boni avait également appelé les Communautés économiques régionales à harmoniser les programmes éducatifs au niveau régional.

Au cours de son séjour, le Directeur général s’est entretenu des projets de coopération avec l’UNESCO avec M. Mohamed Al-Madani Al-Azhari, Secrétaire général de la CEN-SAD ; avec M. Ahmed Mohamed Shérif, Secrétaire général de l’Association mondiale de l’Appel Islamique (WICS) et Président du Comité UNESCO pour le NEPAD ; et avec le Secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), M. Habib Ben Yahya.

Au cours d’un dîner offert par le Ministre libyen de l’éducation de base et Président de la Commission nationale pour l’UNESCO, M. Abdelkader El- Baghdadi, le Directeur général s’est également entretenu avec le Ministre de l’Enseignement supérieur, M. Abdelkabir Mohamed El-Fakhrey, et le Ministre de la culture, M. Noori Hamidi, des programmes de coopération menés en Libye et au niveau sous-régional.

Enfin, en marge de cette troisième session du FOSRASUN, M. Matsuura a rencontré les directeurs des Bureaux multipays et nationaux de l’UNESCO à Abuja, Addis-Abeba, Accra, Bamako, Dakar, Dar Es-Salaam, Harare, Libreville, Maputo, Rabat et Yaoundé, afin de discuter du renforcement de l’action et de la présence de l’UNESCO en Afrique.

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Auteur(s): La Porte-parole - Source: Flash Info N° 030-2009 -  Date de publication: 04-03-2009

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