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2000 COURS DU MIT ACCESSIBLES GRATUITEMENT SUR INTERNET : UNE CHANCE POUR LES UNIVERSITES DU SUD

17-07-2002 10:00 pm Paris - Les professeurs du MIT, le prestigieux Institut de technologie du Massuchusetts, vont mettre sur internet le contenu de leurs cours - conférences, exercices et examens, travaux dirigés, manuels, expériences et simulations, démonstrations, bibliographies, programmes d’étude, etc. - afin que ce matériel soit à la disposition des étudiants et institutions d’enseignement supérieur du monde entier. En quelques années, pas moins de deux mille cours doivent entrer dans la base de données et être accessibles gratuitement (si c’est pour un usage non commercial). Les 50 premiers seront mis en ligne au cours des prochains mois. Le projet, principalement financé par la Fondation Mellon, la Fondation William et Flora Hewlett, et par le MIT, représente un investissement de cent millions de dollars sur une période de dix ans.

Pour que ce précieux matériel éducatif soit vraiment profitable, il faut pourtant « comprendre d’abord les besoins des universités des autres pays, en particulier des pays en développement, les associer au processus et obtenir d’elles un feed-back », souligne Anne Margulies, directrice au MIT du projet Open CourseWare.

Cette préoccupation a été au cœur du forum de discussions - Forum sur l’impact des didacticiels libres dans l’enseignement supérieur dans les pays en développement - qui a réuni du 1er au 3 juillet dernier au siège de l’UNESCO, à Paris, une vingtaine d’experts mondiaux.

« On ne doit pas envisager le matériel offert par le MIT sans tenir compte des conditions de réception », souligne le professeur Abdulaye Diakité, de l’Université de Conakry (Guinée). « Certaines expériences de laboratoire effectuées au MIT ne peuvent être répétées dans les universités des pays en développement. Nous devons avoir un suivi très attentif, avec des informations non seulement sur l’utilité des cours mais aussi sur les façons de les adapter », ajoute-t-il.

Le MIT est disposé à faire ces efforts pour aider les étudiants et enseignants des pays du Sud. Pour offrir, par exemple, à un étudiant marocain en ingénierie la possibilité de comparer ses cours à ceux qui sont dispensés, au niveau analogue, dans la faculté correspondante du MIT. Ou pour permettre à un enseignant guinéen de comprendre, en suivant pas à pas un enseignement de chimie, comment ses collègues du MIT conçoivent l’acquisition des connaissances par les étudiants.

« Un des principaux objectifs du projet réside dans l’amélioration de la qualité de l’enseignement universitaire, tant au MIT lui-même - quand l’enseignant met ses cours en ligne, des collègues peuvent les évaluer - que dans les autres universités. Dans une université moyenne des Etats-Unis, un étudiant en ingénierie peut suivre un cours et ensuite, de chez lui, consulter le cours équivalent au MIT. Il pourra, le cas échéant, interroger son propre professeur et lui demander pourquoi il n’a pas fourni une information aussi actualisée et aussi complète. Selon une recherche que nous avons réalisée, l’argument "Je peux me procurer sur le web un matériel supérieur à celui que vous m’offrez dans votre cours" semble devoir être l’outil le plus efficace pour inciter les enseignants à améliorer la qualité de leur travail », souligne Sally M. Johnstone, directrice de la Western Cooperative for Educational Telecommunications (WCET), une coopérative américaine qui promeut l’utilisation des technologies dans l’enseignement supérieur.

Le projet du MIT ne peut s’assimiler à celui d’une éducation à distance. La consultation du site ne donne droit à aucun diplôme du MIT. Il n’est pas non plus prévu d’échanges directs entre enseignants et étudiants. « Lire le texte d’une conférence sur internet n’est pas comparable à la participation d’un étudiant à un cours, qui est un événement vivant, avec une interaction entre enseignant et élèves. Ce que nous offre le MIT est l’accès ouvert à un descriptif des contenus et de la structure de ses cours. Il doit pouvoir servir de point de référence», souligne le professeur Mohamed Dhabi, qui enseigne la littérature à l’Université Mohammed V de Rabat.

Que recouvre l’"Open CourseWare"? Les experts réunis à l’UNESCO se sont efforcés d’en donner une définition: «Fourniture libre de ressources éducatives, assistée par les technologies de l'information et de la communication, pour consultation, utilisation et adaptation par une communauté d'utilisateurs à des fins non commerciales». Les participants sont même allés jusqu’à proposer de rebaptiser le projet « Ressources éducatives libres », afin d’éviter toute confusion entre le projet «Open CourseWare» et le mouvement du «free software».

Les experts ont souligné que les cours doivent être "durables", c’est-à-dire que chacun doit pouvoir, à son gré, modifier un cours ou n’en utiliser qu’une partie. Cela signifie aussi que les investissements en infrastructures que peuvent être appelés à réaliser les universités des pays en développement, en particulier en équipements et programmes informatiques, ne doivent pas être obsolètes au bout de deux ans à peine. La technologie qu’utilisera le MIT devrait permettre la connexion du plus grand nombre d’utilisateurs, dotés des équipements les plus variés, avec le moins possible de problèmes d’intégration.

Les obstacles culturels ont également été évoqués à l’occasion de ce forum. Ainsi, les connaissances de base en mathématiques, utilisées pour les programmes sur le développement des télécommunications, font-elles l’objet d’enseignements très distincts d’un pays à l’autre. La notion d’aménagement des enseignements est un concept-clé du projet, elle ne se limite pas à des problèmes de traduction à partir de l’anglais mais inclut aussi l’adaptation du contenu d’un pays à un autre, d’une culture à une autre ou d’une réalité à une autre. Faute de cet accompagnement, le projet du MIT risque d’avoir un impact limité, avertissent certains des participants.

D’autres, plus optimistes, ont souligné que ce travail était déjà à la fois le pain quotidien des professeurs, qui adaptent leur cours à la personnalité des groupes auxquels ils s’adressent, et celui des étudiants, qui doivent pour leur part s’adapter au marché du travail une fois leurs études terminées. « Je donne le même cours de mathématiques en France et en Egypte mais je ne le fais pas de la même manière », explique Mohamed Nabil Sabry, enseignant à l’Université Mansura du Caire. « Les étudiants français préférent que je pose d’abord le cadre conceptuel, avant d’en venir aux exemples, alors que les Egyptiens préfèrent l’inverse ».

C’est pourquoi, aux yeux des experts, la coopération internationale est fondamentale pour la réussite du projet. Une université doit pouvoir télécharger un cours, le traduire, l’adapter et le remettre en ligne afin qu’il puisse être utilisé par d’autres. Pour faciliter cette coopération, les experts ont suggéré la création d’une organisation - peut-être autour d’un site Internet www.openeducationresources.org - qui puisse coordonner les travaux des différents intervenants dans le monde.

L’UNESCO envisage de lancer, avec le MIT et d’autres partenaires, un projet international d’évaluation et d’amélioration des ressources éducatives ouvertes. Il a été proposé d’établir des contacts entre une douzaine d’établissements d’enseignement supérieur qui seraient chargés, une année durant, d’expérimenter, de mettre en application et d’évaluer une séquence complète de ressources éducatives ouvertes dans le domaine de la science et de la technologie. Le retour d’information de ces institutions - réactions des étudiants et enseignants, type de soutien nécessaire de la part des institutions d’enseignement, données statistiques sur l’accès et l’utilisation du matériel fourni - est fondamental pour le développement ultérieur du projet. Le forum a également recommandé l’établissement d’un répertoire mondial pour aider les usagers dans leurs recherches de ressources éducatives ouvertes, ainsi que d’un forum international où se feraient l’accréditation et la validation des ressources éducatives ouvertes, un forum où on discuterait par exemple de la pertinence pour les pays du Sud du matériel mis en ligne ou de la qualité des traductions. L’UNESCO est en train d’examiner ces deux options.

A long terme, l’ambition du MIT est d’inciter d’autres institutions à suivre son exemple, pas nécessairement son modèle. «Le succès du projet doit être jugé en fonction du nombre d’universités qui persuaderont leurs propres enseignants de mettre, à leur tour, le contenu de leurs cours en ligne. Le MIT entend répercuter son expérience en la matière, et c’est la meilleure manière de progresser », explique Vijay Kumar, directeur de l’enseignement informatique au sein du MIT.

Si l’exemple du MIT fait des émules dans le monde, il aidera à mieux comprendre comment se forme au quotidien l’acquisition des connaissances dans les différentes cultures. Une information appréciable qui pourrait être partagée par tous grâce aux nouvelles technologies de l’information.

Contact :
Asbel Lopez
Bureau de l’information du public, Section éditoriale
a.lopez@unesco.org
tél: 33 (0) 1 45 68 17 07

Contributions des participants consultables à l’adresse : http://www.wcet.info/UNESCO


MIT OpenCourseWare
The Western Cooperative for Educational Telecommunications (WCET)
The William and Flora Hewlett Foundation
The Andrew W. Mellon Foundation

Source Feature No.2002-16
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 4316 | guest (Lire) Mise à jour: 17-01-2005 2:22 pm | © 2003 - UNESCO - Contact