Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture

Le Directeur général ouvre la Conférence régionale de l’UNESCO sur l’alphabétisation en Europe à Bakou, en Azerbaïdjan

Du 13 au 16 mai 2008, M. Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO, s’est rendu pour la troisième fois en visite officielle en Azerbaïdjan, à l’occasion de la Conférence régionale de l’UNESCO sur l’alphabétisation en Europe, organisée à Bakou sous l’égide de Mme Mehriban Aliyeva, Première dame d’Azerbaïdjan, Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO et présidente de la Fondation Heydar Aliyev.

Cette conférence était la cinquième d’une série de six organisée par l’UNESCO dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation et de l'Initiative pour l'alphabétisation : savoir pour pouvoir (LIFE).

Le Directeur général et Mme Aliyeva ont ouvert la Conférence au Palais Gülüstan l’après-midi du 14 mai. Mme Fatima Abdullazade, directrice du département des Affaires humaines du Cabinet présidentiel, a lu un message adressé par le Président Ilham Aliyev. Les autres orateurs qui se sont exprimés pendant la cérémonie sont M. Harif, vice-ministre des Affaires étrangères et Sa Majesté Royale la Princesse Laurentien des Pays-Bas, qui a prononcé l’allocution inaugurale. Son Altesse Royale la Princesse Firyal de Jordanie et Mme Finnbogadóttir, ancienne Présidente de la République d’Islande, toutes deux Ambassadrices de bonne volonté de l’UNESCO, ont participé à la Conférence. Elles ont joué le rôle de modérateur des séminaires « Alphabétisation familiale et apprentissage intergénérationnel » pour la première et « Alphabétisation et éducation pour le développement durable » pour la seconde. Les autres participants étaient notamment des ministres et des dirigeants politiques de la région, des représentants d’organisations multilatérales et non gouvernementales, du monde universitaire et du secteur privé, et enfin des experts et professionnels de l’alphabétisation venus d’Europe et du reste du monde.

Lors de son discours, le Directeur général a donné un aperçu de la situation mondiale de l’alphabétisation, avant d’aborder les difficultés propres à l’Europe. « Les pays représentés ici ont des taux d’alphabétisation élevés, souvent supérieurs à 95 %. Pratiquement tout le monde va à l’école. Si des efforts doivent certainement être déployés pour aider les quelque 15 millions d’adultes européens qui ne savent ni lire ni écrire, le principal défi à relever ne concerne pas les statistiques. En effet, seuls 2 % des adultes analphabètes dans le monde sont européens. Le véritable défi de l’Europe est lié à la maîtrise des savoir-faire fondamentaux : lecture, écriture et calcul. En effet, une grande partie de la population ne maîtrise pas suffisamment ces savoir-faire pour participer à la vie sociale et économique, » a expliqué le Directeur général, attirant l’attention sur le fait qu’entre un et deux tiers des adultes ne maîtrisent pas les compétences nécessaires pour répondre aux besoins de la vie courante et d’une activité professionnelle.

Dans ce contexte, M. Matsuura a mis en exergue quatre grands axes de réflexion. Le premier est la qualité de l’enseignement. « Les lacunes de l’apprentissage aux niveaux primaire et secondaire restent préoccupantes en Europe et la résolution de ce problème constituera une première étape vers l’élévation du niveau des compétences fondamentales » a déclaré le Directeur général. Le second point est celui de l’entretien des savoir-faire acquis. « Une société alphabétisée n’est pas simplement une société ou le taux d’alphabétisation est élevé. C’est une société où ces savoir-faire sont développés, enrichis et utilisés » a affirmé M. Matsuura, faisant observer à quel point les avancées technologiques rapides et la globalisation font évoluer la signification et l’utilisation des savoirs-faire fondamentaux. Il a insisté sur le fait que « nous devons permettre à chacun, partout, d’acquérir les compétences dont il a besoin pour réussir dans les circonstances qui sont les siennes. » Le troisième point soulevé par le Directeur général est celui de l’équité et de l’inclusion, lequel l’a amené à attirer l’attention sur la nécessité d’améliorer les outils nationaux et internationaux de mesure et d’évaluation de la maîtrise des fondamentaux, afin de mieux comprendre la diversité des besoins des apprenants, ainsi que les difficultés que rencontrent ces derniers. Le dernier axe sur lequel il a mis l’accent est la nécessité, pour les pays, de mettre au point des stratégies d’alphabétisation cohérentes et bien coordonnées. « Il est indispensable de recourir à différents modes d’enseignement et de faire appel à différents acteurs pour répondre aux besoins de plus en plus complexes et hétérogènes des apprenants européens. Tous les partenaires doivent travailler main de la main de façon constructive, en se complétant les uns les autres, et les initiatives doivent être coordonnées et suivies, avec des modalités de contrôle de la qualité efficaces » a conclu le Directeur général.

En marge de la Conférence sur l’alphabétisation, M. Matsuura s’est entretenu avec la Princesse Laurentien, qui préside la Fondation néerlandaise Lire et écrire. Tous deux ont abordé la question des difficultés que rencontrent les pays européens en matière d’alphabétisation et ont évoqué les modalités d’une collaboration plus étroite visant à sensibiliser les sociétés à l’égard de ces problèmes et à promouvoir des partenariats en faveur d’un enseignement de qualité pour tous tout au long de la vie. Le Directeur général a également présidé une table ronde réunissant les dirigeants politiques présents lors de la Conférence. Les participants ont pu échanger leurs points de vue sur les meilleures stratégies pour évaluer et pallier les lacunes de l’apprentissage dans certains groupes importants au sein de la population européenne, en particulier, mais pas uniquement, parmi les populations minoritaires et immigrées.

Durant son séjour à Bakou, le Directeur général a rencontré le Président Ilham Aliyev afin de discuter des modalités d’un renforcement de la coopération de plus en plus étroite entre l’UNESCO et l’Azerbaïdjan dans les domaines de l’éducation et de la culture d’une part, et de leur volonté commune de créer un troisième axe de collaboration dans le domaine des sciences naturelles d’autre part. M. Matsuura a particulièrement insisté sur la volonté de l’UNESCO d’apporter tout son soutien dans le cadre de l’élaboration d’une nouvelle politique des sciences.

Au cours de sa visite, le Directeur général s’est entretenu en tête à tête avec M. Artur Rasizadeh, Premier ministre de l’Azerbaïdjan, et il a assisté à une réunion avec plusieurs membres du gouvernement, à savoir M. Misir Mardanov, ministre de l’Éducation, M. Azad Rahimov, ministre de la Jeunesse et des sports, M. Abulfaz Garayev, ministre de la Culture et du tourisme, M. Huseyngulu Bagirov, ministre de l’Écologie et des ressources naturelles, M. Oqtay Shiraliyev, ministre de la Santé, Mme Hieran Huseynova, présidente de la Commission pour la famille, les femmes et les enfants, M. Vaquif Sadiqov, vice-ministre des Affaires étrangères, M. Elmir Velizadé, vice-ministre des Communications et M. Elmar Qasimov, vice-ministre de l’Éducation. Le Directeur général a également eu l’occasion de s’entretenir avec M. Elmar Mammadyarov, ministre des Affaires étrangères.

Le 14 mai, le Directeur général a reçu une distinction honorifique décernée par l’Académie nationale des Sciences d’Azerbaïdjan. Présidée par M. Mahmud Karimov, président de l’Académie, la cérémonie a eu lieu à l’Institut d’histoire, récemment restauré, en présence de la Première dame d’Azerbaïdjan, des Princesses royales des Pays-Bas et de Jordanie et de Mme Finnbogadóttir. Dans son discours, M. Matsuura a de nouveau exprimé son espoir de voir l’UNESCO et l’Azerbaïdjan resserrer les liens de leur collaboration dans le domaine des sciences. Il a notamment fait allusion au travail en cours visant à désigner la première réserve de biosphère d’Azerbaïdjan.

Le 15 mai, M. Matsuura a accompagné le Président et la Première dame lors de la visite du site de construction du nouveau Centre du Mugham, dont ils avaient posé ensemble la première pierre en août 2005, lors de la précédente visite du Directeur général. Ce dernier a également participé, avec le Président et Mme Aliyeva, à la cérémonie d’inauguration des travaux de construction du nouveau Musée du Tapis qui s’élèvera aux côtés du Centre. Ce jour-là, M. Matsuura avait auparavant eu l’occasion d’admirer l’art Azeri de la confection des tapis au club « Azerilme ».

Durant tout son séjour, M. Matsuura a été accompagné par Mme Eleonora Husseinova, Ambassadrice de l’Azerbaïdjan auprès de l’UNESCO.

Auteur(s): La Porte-parole - Source: Flash Info N° 057-2008 -  Date de publication: 19-05-2008

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