Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture

Intervention du Directeur général au Premier Sommet sur l’eau d’Asie et du Pacifique à Beppu, au Japon

Le 3 décembre, le Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, s’est adressé aux participants du premier Sommet sur l’eau d’Asie et du Pacifique, en présence de neuf Chefs d’Etat et de gouvernement de la région.

Il a également pris part à la cérémonie inaugurale, durant laquelle sont intervenus le Prince Héritier du Japon, le Prince Héritier Willem-Alexander des Pays-Bas, Président du Conseil consultatif pour l’eau et l’assainissement auprès du Secrétaire général des Nations Unies, M. Yasuo Fukuda, Premier ministre du Japon, M. Yoshiro Mori ancien Premier ministre et Président du Comité directeur, et le Professeur Tommy Koh, Président du Conseil d’administration du Sommet. Le Gouvernement japonais et la Préfecture d’Oita au japon étaient les hôtes de cette manifestation qui a duré deux jours.

Le Directeur général a centré son allocution sur les quatre piliers de l’action de l’UNESCO en matière d’eau douce, bien représentés dans la région d’Asie et du Pacifique, et qui constituent un important élément de réponse aux formidables défis qui s’y posent dans le domaine de l’eau.

Le premier pilier est le Programme mondial des ressources en eau dont l’UNESCO a pris la tête afin d’assurer plus de cohésion dans l’action du système des Nations Unies en matière d’eau douce. « Auparavant, l’action des institutions des Nations Unies était plutôt fragmentaire et mal coordonnée. Depuis la création de ce Programme, les 24 organismes concernés travaillent de concert pour évaluer l’état des ressources en eau dans le monde, et identifier les politiques à mettre en œuvre pour modifier les pratiques préjudiciables et inverser les tendances négatives. « L’UNESCO est très fière d’héberger le Secrétariat de cette initiative qui engage l’ensemble du système des Nations Unies » a déclaré M. Matsuura. Il a attiré l’attention sur l’une des principales réalisations de ce Programme, le Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau, qui est publié tous les trois ans. La troisième édition de ce rapport, qui sera lancée à Istanbul en mars 2009, lors du Cinquième Forum mondial de l’eau, portera sur les effets du changement climatique sur les ressources en eau. Des experts d’Asie et du Pacifique contribuent activement à la production de ce rapport, qui devrait constituer un apport capital pour la communauté scientifique internationale, ainsi que pour les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

En présentant le deuxième pilier de l’action de l’UNESCO dans le domaine de l’eau, le Programme hydrologique international (PHI), le Directeur général a insisté sur l’importance du réseau régional des comités nationaux du PHI dans le développement des capacités scientifiques, techniques, institutionnelles et humaines afin de relever les défis posés par la gestion de l’eau. « Dans la mesure où aucun pays ne peut résoudre ces problèmes isolément, la mise en place de mécanismes scientifiques efficaces au niveau régional, tels que le PHI, est essentielle ».

A propos du troisième pilier, l’Institut UNESCO-IHE pour l'éducation relative à l'eau, qui siège à Delft, aux Pays-Bas, le Directeur général a souligné que près de 60% des 14 000 élèves de l’Institut – le plus grand dans ce domaine – étaient originaires de la région d’Asie et du Pacifique. Il a affirmé que l’Institut était prêt à étendre davantage ses services de formation pour mieux répondre aux énormes besoins des pays de la région. L’institut a d’ailleurs pris les devants en développant un réseau de centres d’expertise régionaux pour l’échange de compétences et le renforcement des capacités sur des questions clés dans le domaine de l’eau.

Le quatrième pilier est le réseau des dix-sept centres pour l’eau opérant sous les auspices de l’Organisation. Sept de ces centres se trouvent en Asie et dans le Pacifique, et contribuent à répondre à d’importants besoins aux niveaux régional et global en matière d’échange et de développement des compétences. M. Matsuura a mentionné à cet égard le Centre international sur les risques liés à l'eau et leur gestion (ICHARM) à Tsukuba, au Japon, pour son rôle éminent dans le domaine de la gestion des risques naturels liés à l’eau, sujet prioritaire du Sommet. Le Centre travaille actuellement avec la Banque asiatique de développement à l’élaboration d’un programme conjoint sur l’eau et les catastrophes naturelles dans la région d’Asie et du Pacifique.

Le Directeur général a conclu ses remarques sur ce qu’il a appelé le message spécifique de l’UNESCO : « Nous avons toujours soutenu qu’une gestion durable de l’eau exigeait une démarche intégrée. Dans le passé, nous considérions la gestion de l’eau sous l’angle des sciences exactes et de la technologie. Désormais, il est évident qu’il nous faut une stratégie plus globale, intégrant des facteurs socioculturels et biophysiques complexes qui déterminent la façon dont l’eau est perçue, utilisée et gérée. Cela est particulièrement important en Asie et dans le Pacifique, une région riche dans sa diversité culturelle, où l’eau est traditionnellement considérée comme un élément essentiel de la vie humaine. » L’UNESCO, a-t-il poursuivi, se réjouit de coopérer avec les partenaires présents au Sommet à la promotion d’une approche véritablement interdisciplinaire de la question de l’eau. A cet égard, le projet SWITCH de gestion des eaux urbaines coordonné par l’UNESCO-IHE est l’exemple par excellence de la démarche interdisciplinaire et intégrée suivie par l’Organisation dans ce domaine. M. Matsuura a proposé le lancement d’un projet « SWITCH-Asia » pour la mise en place de stratégies de gestion durable des eaux urbaines dans les grandes villes de la région, et demandé aux participants au Sommet de soutenir ce projet.

Le Directeur général a instamment souhaité que les résultats du Sommet de Beppu puissent s’inscrire dans le processus de préparation du Cinquième Forum mondial de l’eau en 2009, afin que la région d’Asie et du Pacifique contribue à orienter la coopération internationale dans ce domaine. « Ensemble, nous devons et pouvons trouver des solutions et induire les changements nécessaires pour rendre la planète plus salubre, plus sûre et plus paisible pour chacun » a-t-il déclaré.

Pendant son séjour à Beppu, le Directeur général s’est entretenu avec Sa Majesté Impériale le prince héritier du Japon, avec Son Altesse Royale le Prince héritier Willem Alexander des Pays-Bas et avec le Premier ministre du Japon. Il a également tenu une réunion bilatérale avec le Président du Tadjikistan, M. Imomali Rahmon, afin d’évaluer la coopération en cours de son pays avec l’UNESCO, notamment dans les domaines de la culture et de l’eau douce. M. Matsuura a également rencontré : le Président de la République de Palau, M. Tommy Esang Remengesau Jr; le Président de la République de Kiribati, M. Anote Tong; le Président de la République de Nauru, M. Ludwig Scotty; le Président des Etats Fédéré de la Micronésie, M. Emanuel Mori; le Premier Ministre de Niue, M. Mititaiagimene Young Vivian; le Primier Ministre de Tuvulu, M Apisai Ielemia; et le Primier Ministre du Royaume du Bhutan, M. Lyonpo Dr. Kinzang Dorji.

Auteur(s): La Porte-parole - Source: Flash Info N° 187-2007 -  Date de publication: 06-12-2007

© UNESCO 1995-2010 - ID: 41410