Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture

Le Directeur général participe à la Conférence régionale pour l’alphabétisation en Asie du Sud et de l’Ouest et en Asie centrale

Du 29 au 30 novembre, le Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, a pris part à la Conférence sur le défi de l’analphabétisme en Asie du Sud, de l’Ouest et centrale, accueillie par le Gouvernement Indien à New Delhi.

Cette réunion était la quatrième d’une série de six conférences régionales et sous-régionales organisées par l’UNESCO pour promouvoir l’alphabétisation dans le monde dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation et de l’Initiative de l’UNESCO pour l’alphabétisation : savoir pour pouvoir (LIFE). Mme Sonia Gandhi, Présidente du Parti national du congrès de l’Inde, Mme Shiranthi Rajapakse, Première dame du Sri Lanka et M. Arjun Singh, Ministre indien du développement des ressources humaines, se sont exprimés à l’ouverture de la Conférence en présence de plus de 200 participants, dont 12 ministres et vice-ministres de la région.

Dans son allocution inaugurale, M. Matsuura a déclaré que « l’alphabétisation universelle était une exigence morale et un impératif du développement ». Mais comme elle ne figure pas parmi les Objectifs du Millénaire pour le développement, on a tendance à la négliger. « Voilà pourquoi cette conférence est si importante, a-t-il affirmé : elle rend à l’alphabétisation la place qui lui revient dans les priorités des gouvernements nationaux et de leurs partenaires internationaux. »

Après avoir décrit la situation de l’analphabétisme dans le monde à partir des données les plus récentes publiées dans le Rapport mondial de suivi de l’éducation pour tous 2008, le Directeur général s’est concentré sur les besoins spécifiques de la région. « Bien que le taux d’alphabétisation se soit accru de 25% depuis deux décennies, l’Asie du Sud et de l’Ouest compte encore aujourd’hui plus de 388 millions d’analphabètes, ce qui représente la moitié du nombre d’analphabètes dans le monde », a-t-il dit, soulignant les défis considérables que cela pose à trois pays densément peuplés : le Bangladesh, l’Inde et le Pakistan. On relève également de grandes disparités entre les sexes dans une région où l’on compte en moyenne 67 femmes analphabètes pour 10 hommes, ainsi qu’un nombre élevé d’enfants non scolarisés, particulièrement des filles. La situation en Asie centrale, a-t-il expliqué, est certes différente, mais les disparités entre les sexes y sont tout aussi importantes puisque 72,5% des analphabètes sont des femmes. Là aussi, il faut veiller à offrir des possibilités d’éducation continue en réponse à l’évolution des besoins économiques et sociaux.

Appelant les gouvernements à prendre les devants pour relever ces défis, le Directeur général a plaidé pour une action à trois niveaux : efforts accru pour une scolarité de qualité pour tous, extension massive des programmes d’alphabétisation des adultes et création d’environnements propices à l’apprentissage de la lecture. M. Matsuura a également lancé un appel à la communauté internationale tout entière pour qu’elle amplifie son soutien, notamment en faveur de l’alphabétisation. Selon le Rapport mondial de suivi, sur les 11 milliards de dollars annuels devant être consacrés à l’éducation pour tous, un milliard devrait aller à l’alphabétisation. Or la part qui lui est réservée reste encore négligeable.

En conclusion, a-t-il expliqué, les résultats de la Conférence de New Delhi enrichiront les conclusions des autres conférences régionales, et seront pris en compte dans l’évaluation à mi-parcours de la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation, ainsi qu’à la 6e Conférence Internationale sur l’éducation des Adultes (COFINTEA) que l’UNESCO organisera en 2009.

Durant la Conférence régionale, le Directeur général a tenu une table ronde ministérielle pour examiner plus en détails les besoins en matière d’alphabétisation des pays de la région et préciser les stratégies pour y répondre. Les ministres et vice-ministres ont souligné le rôle essentiel d’une éducation primaire de qualité dans les apprentissages de base. La table ronde a également mis en relief l’importance de la coopération sud-sud pour le travail en réseau et l’échange de bonnes pratiques.

Pendant son séjour à New Delhi, M. Matsuura a pris part, le 29 novembre, à la cérémonie marquant l’inscription de l’Ensemble du Fort Rouge sur la Liste du patrimoine mondial. En présence de MM Abhijit Sengupta, Secrétaire à la culture, et S. Banerjee, Secrétaire au tourisme, M. Matsuura a rendu hommage aux inlassables efforts du Gouvernement indien pour protéger l’exceptionnel patrimoine culturel du pays.

Le jour même, le Directeur général a prononcé la clôture du Forum sur les politiques scientifiques en Asie et Asie du Sud-Est consacré au « Renforcement des capacités dans le domaine scientifique et technologique : politiques, opportunités et défis dans le contexte de la mondialisation ». S’exprimant en présence du Ministres des affaires étrangères, M. Pranab Mukherjee, du Gouverneur du Haryana et Président de la Zaheer Science Foundation, M. A.R. Kidwal, ainsi que du Président du Conseil international pour la science (CIUS), M. Gocerdhan Mehta, le Directeur général a signalé quatre grands défis : la formulation de politiques scientifiques cohérentes, la formation de ressources humaines et institutionnelles, l’établissement de réseaux de partage des connaissances et une présence plus grande des femmes dans le domaine scientifique.

M. Matsuura a également assisté à une cérémonie sur le site de la future Maison de l’UNESCO, où lui a été présentée une maquette du nouveau complexe. En présence du Secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et Secrétaire général de la Commission nationale indienne, M. Rameshwar Pal Agarwal, il a lancé deux nouvelles publications sur l’Initiative de l’UNESCO pour l’alphabétisation : savoir pour pouvoir (LIFE), ainsi que sur la biodiversité.

Lors d’un entretien avec le Ministre de l’urbanisme M. Jaipal Sudini Reddy, le 30 novembre, le Directeur général a évoqué l’intégration du patrimoine culturel dans le développement urbain et souligné le caractère modèle du Réseau des villes indiennes du patrimoine vivant pour concilier conservation et développement. Tous deux ont insisté sur la nécessité de favoriser une prise de conscience publique de ces enjeux et l’émergence d’une « culture de la conservation ».

M. Matsuura a également rencontré le Coordonnateur résident des Nations Unies et Représentant résident du PNUD en Inde, M. Maxine Olson, et visité le Bureau des Nations Unies à New Delhi.

Tout au long de sa visite, M. Matsuura a été accompagné par la Déléguée permanente de l’Inde auprès de l’UNESCO, Mme l’Ambassadeur Bhaswati Mukherjee.

Auteur(s): La Porte-parole - Source: Flash Info N° 186-2007 -  Date de publication: 05-12-2007

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