Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture

Le Directeur général procède à la clôture de la quatrième Conférence internationale sur l’éducation relative à l’environnement, à Ahmedabad (Inde)

Le 28 novembre 2007, M. Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO a prononcé une allocution à la clôture de la Quatrième conférence internationale sur l’éducation relative à l’environnement à Ahmedabad (Inde), en présence de M. A.A. Boaz, Directeur général du Programme coopératif sur l'environnement pour l'Asie du Sud (SACEP), du Professeur S. Swaminathan, Président de la Fondation de recherche Swaminathan, du Professeur Kartikeya V. Sarabhai, Directeur du Centre pour l’éducation relative à l’environnement d’Ahmedabad et le Professeur Hopkins, titulaire de la Chaire UNESCO d’éducation au développement durable de l’Université d’York au Canada.

D’une durée de trois jours, cette réunion faisait suite aux trois conférences internationales organisées par l’UNESCO ou avec son soutien à Tbilissi (1977), Moscou (1987) et Thessalonique (1997). Elle a rassemblé plus de 1500 participants de près de 90 pays.

Soulignant l’importance de la Conférence pour l’action de l’UNESCO en matière d’éducation au développement durable, le Directeur général a mis l’accent sur le rôle de chef de file et de coordonnateur assumé par l’Organisation dans la Décennie des Nations Unies pour l'éducation en vue du développement durable (2005-2014, DEDD), et sur sa contribution à la définition d’un cadre stratégique large, ouvert et répondant aux préoccupations des différentes parties prenantes, principalement des Etats membres, « qui doivent être fermement aux commandes ».

Du point de vue de l’UNESCO, dix grandes conclusions se dégagent de la Conférence, a-t-il déclaré. Tout d’abord, l’importance réaffirmée de l’éducation relative à l’environnement pour l’éducation au développement durable et pour la Décennie. « Celle-ci, a-t-il précisé, ne peut que s’enrichir des apports de l’éducation à l’environnement par le biais de la recherche, de la formation, de plaidoyer et du travail en réseau ».

« Ensuite, a-t-il poursuivi, nous avons le sentiment très net qu’il devient urgent de prendre les décisions et les mesures qui s’imposent alors qu’il en est encore temps ». Il ne s’agit pas de se montrer alarmiste, mais simplement d’être réaliste » a-t-il ajouté, évoquant les efforts du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) pour mieux faire prendre conscience de l’urgence de la situation à la communauté internationale.

En troisième lieu, il devient nécessaire de mobiliser toutes les possibilités d’enseignement et d’apprentissage. Cela signifie que l’on reconnaisse que les méthodes non formelles et informelles d’éducation à l’environnement et à l’éducation au service du développement durable sont tout aussi pertinentes que les méthodes du système éducatif formel. Ceux qui sont chargé de dispenser ces différentes formes d’enseignement ont droit au même respect.

« Les enseignants sont la pierre angulaire de tout programme d’EDD efficace, a déclaré le Directeur général, en soulignant le quatrième point : il faut préparer les enseignants à éduquer pour l’environnement et le développement durable en puisant dans les apports, les perceptions et les valeurs de la culture locale.

En cinquième lieu, il devient essentiel de différencier les « apprenants » afin de concevoir et mettre en œuvre des programmes bien ciblés et stratégiquement adaptés à la nature et aux objectifs des enseignements que nous souhaitons transmettre.

Abordant le sixième point, le Directeur général a souligné l’importance accordée à la recherche sur l’éducation au développement durable, ainsi qu’à la diffusion de ses résultats. « Compte tenu du peu de ressources dont nous disposons, il est essentiel d’arrêter un calendrier de recherches précis sur des sujets prioritaires », a t’il dit.

Le septième point portait sur le travail de contrôle et d’évaluation, ainsi que de mise au point d’indicateurs de suivi, mené dans le cadre de la Décennie. Les participants ont reconnu les progrès réalisés dans ces domaines, même si, a souligné M. Matsuura, « il subsiste d’importantes questions méthodologiques et de capacités à traiter d’urgence ».

Le huitième point concernait le lien dynamique à maintenir entre l’action globale et locale, et les différents niveaux de l’éducation au service du développement durable, des initiatives scolaires soutenues par les autorités locales aux stratégies des gouvernements à l’échelle nationale.

Transcender les frontières nationales – et dépasser les clivages sectoriels, pédagogiques, de genre, de religion ou entre nations -, tel était le neuvième point à retenir. Ces clivages, a souligné le Directeur général, sont « des constructions artificielles qui contraignent notre humanité commune ». A cet égard, a-t-il observé, l’éducation au service du développement durable est « un moyen idéal de forger une vision partagée tout en respectant nos différences ».

Le dernier point concernait la contribution essentielle de la jeunesse, à la fois pour mobiliser son énergie, son enthousiasme et son sens des responsabilités, mais aussi pour la canaliser dans sa créativité, sa capacité d’initiative et son ouverture d’esprit en faveur du développement durable.

« Ces dix points, a conclu M. Matsuura, la Déclaration d’Ahmedabad adoptée lors de la séance de clôture de la Conférence, ainsi que les recommandations formulées au cours des séances plénières et des sessions de travail, constitueront pour l’UNESCO, et pour les activités de nos partenaires, une excellente feuille de route en matière d’éducation au service du développement durable pour les dix années à venir ».

Auteur(s): La Porte-parole - Source: Flash Info N° 185-2007 -  Date de publication: 05-12-2007

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