Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
Le Directeur général de l’UNESCO appelle au renforcement de l’engagement en faveur des systèmes d’alerte aux tsunamis

Message du Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, pour le deuxième anniversaire du tsunami du 26 décembre 2004

Il y a deux ans, le 26 décembre 2004, un tsunami dévastateur dans la région de l’océan Indien a emporté plus de 200.000 vies et causé des dommages matériels s’élevant à des milliards de dollars. L’étendue de la destruction était largement due à l’absence d’un système régional d’alerte aux tsunamis. En réponse à cette situation, j’ai immédiatement déclaré que l’UNESCO allait mettre en place un tel système pour la région vers le milieu de 2006.

Aujourd’hui, ce système existe et il est capable d’alerter les autorités de 27 pays de l’imminente arrivée d’un tel raz de marée meurtrier. Cela signifie que l’avenir est certainement plus sûr. Mais je dois souligner qu’il ne faut pas s’en contenter. Après tout, la technologie du système d’alerte aux tsunamis de l’océan Indien n’est valable que dans la mesure où ceux qui le font fonctionner s’engagent à travailler sur le long terme et pour tous.

Le système d’alerte aux tsunamis pour l’océan Indien comprend un important réseau d’instruments sismiques, de mesures du niveau de la mer et de capteurs de pression à grande profondeur qui peuvent enregistrer et mesurer un tremblement de terre au large et tout tsunami déclenché par un tel événement. L’information, pour le moment, est transmise au Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique et à l’Agence japonaise de météorologie qui diffusent des bulletins d’information aux autorités désignées dans les pays de l’océan Indien.

Je suis ravi d’annoncer qu’un nouveau partenariat entre la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, qui a coordonné la planification et la mise en œuvre de ce système, et le leader mondial des communications par satellite, IMMARSAT, permet d’assurer des connexions satellite gratuites aux 50 capteurs de l’océan Indien, faisant de cette partie du système d’alerte aux tsunamis le plus avancé des réseaux de mesure en temps réel du niveau de la mer dans le monde.

Cependant, des alertes précises ne peuvent être émises avec sécurité et sûreté que lorsque toutes les données nécessaires obtenues par cet impressionnant déploiement d’instruments sont partagées par tous au même moment et sans délai. Ce n’est pas le cas à l’heure actuelle et cela constitue un handicap majeur.

Une autre préoccupation que je souhaiterais souligner est que les communautés vulnérables, notamment celles des zones où les tremblements de terre ont lieu près des côtes, doivent être préparées à de telles catastrophes.

J’aimerais féliciter les pays de la région pour les efforts impressionnants qui ont été effectués dans toute la région de l’océan Indien en si peu de temps. Mais les moyens manquent encore dans de nombreux endroits pour avertir à temps les populations côtières de l’arrivée d’un tsunami. Manquent également des programmes d’information et d’éducation permettant à la population de reconnaître les signes de l’imminence d’un tsunami et à se protéger. Il est tout aussi important de réviser et de mettre en œuvre des réglementations dans le secteur du bâtiment et d’améliorer la planification urbaine et les programmes de développement pour limiter les dégâts matériels et économiques provoqués par les tsunamis.

La COI de l’UNESCO s’est engagée à aider tous les pays des zones à risque à construire leurs systèmes d’alerte nationaux en tant que parties intégrantes du système mondial d’alerte aux tsunamis et autres catastrophes marines, un système qui devrait couvrir jusqu’au dernier kilomètre. Je suis heureux de pouvoir annoncer que de réels progrès ont été réalisés dans l’océan Indien et qu’on travaille actuellement sur les systèmes d’alerte pour la région de l’Atlantique nord et de la Méditerranée, ainsi que pour celle des Caraïbes, parallèlement à l’amélioration du système pour le Pacifique. Cela doit continuer.

Je suis convaincu que les données obtenues par les systèmes d’alerte aux tsunamis doivent être considérées comme un bien public mondial. Je crois par ailleurs qu’un échange gratuit et accessible de ces données devrait faire l’objet d’un accord intergouvernemental universel et contraignant par lequel les nations s’engageraient à pérenniser un système intégré d’observation des océans. C’est seulement lorsqu’un tel instrument existera qu’il y aura une réelle garantie que l’extraordinaire technologie déployée et les immenses ressources humaines et financières mobilisées satisferont la promesse que nous, la communauté internationale, avons faite de mieux protéger la vie et le bien-être des gens de catastrophes telles que le tsunami qui a secoué le monde il y a deux ans.

Les pays de l’océan Indien devraient sérieusement prendre cela en considération. Si ces pays acceptent de tels principes de base, nous sommes prêts à les soutenir pleinement.



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de presse N°2006-156
Contact éditorial : Sue Williams, Section des relations avec la presse, tél. +33 (0)1 45 68 17 06
- Email s.williams@unesco.org
Date de publication 26 Dec 2006
© UNESCO 1995-2007 - ID: 36265