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« Le problème,
c’est le silence »


Le rapport mondial sur la violence à l’encontre des enfants est une première tentative pour offrir une vue d’ensemble sur l’étendue de toutes les formes de violences subies par les enfants et leur impact. La question est abordée suivant différents angles : droits de l’homme, santé publique et protection de l’enfant. L’UNESCO a participé à la préparation du rapport à travers une analyse de la violence dans l’éducation et des punitions corporelles en milieu scolaire.
Paulo Sérgio Pinheiro est l’expert indépendant des Nations Unies chargé de la préparation de cette étude. Il l’a présentée lors d’une table ronde sur les violences liées au genre en milieu scolaire, qui s’est tenue au siège de l’UNESCO le 23 novembre.


Propos recueillis par Edna Yahil, du Bureau de l’information du public de l’UNESCO

Question : Quelle est l’ampleur du problème des violences en milieu scolaire ?

Paulo Sérgio Pinheiro : Ce problème est très important. Des centaines de millions d’enfants et d’adolescents censés se trouver dans un environnement protecteur et pacifique subissent des violences de la part des enseignants et du personnel d’encadrement. Ils subissent également des abus de la part d’autres enfants, face à des adultes qui ne réagissent pas et ne s’interposent pas.

La discrimination et les violences revêtent diverses formes au sein des écoles. Il s’agit de moqueries ou de surnoms, de discriminations raciales, de discriminations liées au genre ou encore de discriminations liées à l’orientation sexuelle. La situation décrite à travers l’étude est très sérieuse. Dans de nombreux endroits dans le monde, l’école est loin d’être le havre ou le sanctuaire de paix qu’elle devrait être.


Quels sont les effets de la violence à l’encontre des enfants ?

La violence engendre la pauvreté, l’analphabétisme et la mortalité précoce. Les enfants touchés physiquement ou émotionnellement ne peuvent se développer à la hauteur de leurs possibilités. La violence influe aussi négativement sur le développement. Pendant longtemps, nous avons parlé d’accès à l’éducation. Maintenant nous réalisons que les questions d’accès à l’éducation doivent également prendre en compte le problème de la violence.

Question : Les filles sont-elles plus vulnérables?

Aujourd’hui, les souffrances subies par les filles à l’école deviennent plus visibles. Ce phénomène est particulièrement courant dans les lieux où d’autres formes de violences ont cours. L’étude montre que les violences liées au genre trouvent leur origine dans les disparités entre les sexes, les stéréotypes et les rôles imposés socialement.

Alors que les garçons ont plus de risque de subir des violences physiques, les filles sont plus susceptibles d’être victimes de violences sexuelles. Pendant que je travaillais sur l’étude, j’ai entendu des histoires terribles de filles qui, dans certaines régions, n’osaient pas aller aux toilettes de peur d’être violées ! Il n’est donc pas étonnant que les filles quittent l’école - elles le font car elles ont peur.

Question : Que peut-on faire pour remédier à cette situation?

Tout d’abord, les pays doivent faire de la prévention de la violence à l’encontre des enfants une priorité. A la fois les pays et la société civile peuvent travailler ensemble pour modifier les attitudes qui engendrent les discriminations envers les garçons et les filles, les punitions corporelles et les pratiques traditionnelles préjudiciables. Nous devons également former les enseignants et toutes les personnes travaillant auprès des enfants pour qu’ils participent à la prévention de la violence. Une pratique qui donne des résultats est l’adoption par les écoles de codes de conduite s’appliquant à tout le personnel et aux élèves.



L'UNESCO et les droits de l'homme

Photo: © UNESCO/Edna Yahil
Date de publication 24-11-2006 8:00 am
Date de publication 24-11-2006 8:00 am
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