Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
mab_honduras_160.jpg 25 nouvelles réserves de biosphère ajoutées au réseau L’Homme et la biosphère (MAB) de l’UNESCO

25 nouvelles réserves, dont une réserve transcontinentale entre l’Espagne et le Maroc, ont été ajoutées au Réseau mondial des réserves de biosphère du Programme L’Homme et la biosphère (MAB) de l’UNESCO, programme pionnier du développement durable sur une base scientifique depuis plus de 30 ans.

Dix-huit de ces nouvelles réserves se trouvent au Mexique, trois en Espagne, une en Fédération de Russie, au Viet Nam et au Malawi. Des extensions ou modifications concernant quatre réserves de biosphère existantes ont également été approuvées. Le Réseau compte désormais 507 réserves dans 102 pays.

Ces réserves de biosphère sont des sites reconnus par le MAB dans lesquels les communautés locales sont activement impliquées dans la gouvernance et la gestion, la recherche, l’éducation, la formation et la surveillance ; elles travaillent en même temps au développement économique et à la conservation de la biodiversité. Les additions et les changements apportés au Réseau mondial des réserves de biosphère illustrent sa vitalité et les efforts continuels visant à améliorer sa qualité.

Les nouveaux sites approuvés par le Conseil international de coordination du MAB lors de sa 19e session qui s’est tenue du 23 au 27 octobre au siège de l’UNESCO à Paris sont :

Cumbres de Monterrey, Mexique
Cette réserve présente un intérêt particulier du fait de la valeur économique de certaines de ses plantes et de son rôle dans la fourniture d’eau à la zone urbaine de Monterrey. Très importante pour la conservation des oiseaux, elle est également connue pour ses grandes forêts de chênes.

Huatulco, Mexique
Située sur la côte Pacifique de l’Etat d’Oaxaca, au Sud de Mexico, cette réserve dispose d’une grande variété de ressources naturelles – des forêts tropicales sèches aux récifs coralliens – et présente une valeur particulière en matière de protection des ressources terrestres et marines. La partie marine abrite notamment tortues, dauphins et le caracol púrpura.

La Encrucijada, Mexique
Située sur la côte Pacifique dans l’Etat du Chiapas, cette réserve abrite des lagunes et des ressources marines et terrestres particulièrement intéressantes. Onze rivières et leurs affluents s’y mélangent à l’eau de mer pour créer les lagunes côtières où l’on pêche la crevette. La pression humaine sur ces ressources étant très importante, les autorités mexicaines ont créé la réserve afin de protéger cette mosaïque de terres humides et de zones côtières.

La Primavera, Mexique
Cette réserve, située dans l’Etat de Jalisco, comprend des forêts - surtout pins et chênes - dont la protection est de première importance car elles fournissent en bois et en eau la ville de Guadalajara. La réserve constitue un réservoir génétique et un corridor biologique entre les systèmes naturels de la région, maintenant la diversité biologique, le patrimoine génétique, et favorisant la continuité des processus évolutifs.

La Sepultura, Mexique
L’intérêt de cette réserve, située au Sud du Mexique, dans le Chiapas, réside dans sa grande variété de forêts et de modes d’utilisation des terres. Huit des types de végétation primaire de l’Etat de Chiapas sont présents dans la réserve. On y trouve également des vestiges de cultures précolombiennes, notamment la culture Olmèque.

Laguna Madre et Delta du Rio Bravo, Mexique
Située au Nord-est du Mexique, sur le rivage caraïbe, cette réserve présente une grande variété : forêt tropicale et forêt côtière, notamment mangroves. Dans cette mosaïque d’écosystèmes différents, on trouve aussi des dunes et des zones humides où vivent des espèces endémiques de tortues. Corridor naturel des oiseaux aquatiques migrateurs, elle héberge aussi de nombreux oiseaux de plage. Cette zone étant particulièrement sollicitée, il était nécessaire d’y prévoir un plan de gestion écologique afin d’atténuer l’impact humain sur les ressources naturelles.

Los Tuxtlas, Mexique
D’une grande complexité du point de vue de l’écologie, de la géologie et de l’impact humain, cette réserve présente une des biodiversités les plus importantes du pays. Sa forêt tropicale humide s’étend sur trois volcans dans l’Etat de Vera Cruz, sur la côte caraïbe. Des groupes autochtones (Popolucas et Nahuas) habitent dans cette région où se trouvent certains des premiers établissements humains mésoaméricains.

Maderas del Carmen, Coahuila, Mexique
La réserve comprend une partie de la Sierra Madre Oriental. L’altitude, la configuration et les interconnections géographiques ont permis qu’y subsistent de nombreuses plantes et des animaux caractéristiques du désert de Chihuahua et de la Sierra Madre Oriental. Ce site d’une très grande biodiversité est voisin du Big Bend National Park, réserve de biosphère située du coté nord-américain, ce qui devrait encourager la coopération transfrontière en cours. La réserve inclut de grands pans du désert de Chihuahua.

Mariposa Monarca, Mexique
La réserve est particulièrement importante pour la protection du papillon Monarch qui migre chaque année du Nord vers ce site. Il existe une forte coopération avec les autorités du Canada et des Etats-Unis responsables des points clés le long des routes migratoires. L’arrivée des papillons coïncide avec celle de nombreux touristes, ce qui fournit des revenus importants à la population locale.

Pantanos de Centla, Mexique
La protection des ressources en eau de ce site, fruit de pratiques agricoles millénaires, est très importante. Les populations des villages de l’aire de transition sont fortement impliquées dans la gestion de la réserve. Elles en connaissent la richesse puisqu’elles utilisent près de 200 espèces végétales.

Selva El Ocote, Mexique
Située au Sud du Mexique, dans le Chiapas, cette réserve compte d’importantes forêts tropicales humides. On y trouve aussi de nombreuses grottes avec beaucoup d’espèces endémiques. De plus, les aquifères karstiques représentent un réservoir d’eau douce de 600 millions de m3.

Sierra de Huautla, Mexique
S’étageant entre 700 et 2 240 mètres d’altitude dans l’Etat de Morelos, cette réserve dispose de grandes forêts de pins et abrite des espèces de papillons très intéressantes, reliques de périodes plus chaudes et plus humides. Il faut également mentionner la forte participation locale dans la gestion de la réserve, notamment en ce qui concerne la protection des ressources naturelles et des espèces endémiques particulièrement nombreuses ici.

Volcan Tacana, Mexique
Située dans le Chiapas, à la frontière avec le Guatemala, la réserve est particulièrement intéressante du fait de la participation de la population locale à la gestion et à la protection des ressources naturelles de ces écosystèmes particulièrement fragiles. Elle est fondamentale pour le développement des populations rurales pauvres. Dans la mesure où un parc naturel occupe le versant guatémaltèque, une coopération transfrontière devrait se développer.

Arrecife Alacranes, Mexique
Plus grande structure coralline du Golfe du Mexique, c’est aussi le seul récif connu au Yucatan. A sa grande diversité biologique et à son potentiel en matière de pêche, il faut ajouter sa valeur culturelle : nombreuses épaves et monuments historiques. La réserve réunit un parc marin et des prolongements sur la côte où sont installées des populations ayant un impact sur la zone marine.

Barranca de Metztilan, Mexique
Située dans la zone aride du centre de l’Etat d’Hidalgo, cette réserve peut être considérée comme un refuge depuis le Pléistocène du biotope du désert mexicain, en relation avec le désert de Chihuahua et le désert de Sonora. Le paysage, avec ses cactus hauts de plusieurs mètres, est particulièrement impressionnant. Cinq communautés du groupe autochtone Otomi sont installées dans la zone.

Chamela-Cuixmala, Mexique
Située sur la côte Pacifique du Mexique, la réserve dispose d’une grande variété de forêts tropicales où se nouent de fortes relations entre activités terrestres, marines et iliennes. Dans ces paysages très variés, on trouve notamment 5 espèces de tortues marines, l’iguane vert et un crocodile de rivière.

Cuatrociénagas, Mexique
Situé dans l’écorégion du désert de Chihuahua sur le plateau mexicain, ce site se distingue par le grand nombre de plantes vivant sur des sols à haute salinité. On y trouve aussi près de 500 pozas, des puits à l’eau turquoise provenant de sources souterraines. On compare parfois cette réserve aux îles Galapagos à cause du très grand nombre d’espèces endémiques.

Sistema Arrecifal Veracruzano, Mexique
Composée d’un grand nombre d’îles, voisines de la côte, regroupées dans un parc national, cette réserve du littoral caraïbe est particulièrement importante pour la protection des ressources tant iliennes que côtières à proximité de la ville de Veracruz.

Réserve intégrée de biosphère de la Moyenne Volga, Fédération de Russie
Ce site de 150 000 ha constitue une « ile de nature » constituée d’une boucle de la Volga insérée dans une grande zone industrielle de l’agglomération Samara-Togliatti. Constituée à partir d’un parc national et de zones municipales, la réserve offre des paysages très variés et des écosystèmes à divers stades de transformation du fait de l’homme. Les espèces sont très variées – 30 espèces de mousses et 130 de lichens, 300 espèces de vertébrés – et certaines sont présentes à proximité de zones agricoles et de bâtiments urbains ou ruraux.

Os Ancares Lucences y Montes de Cervantes, Navia y Becerrea, Espagne
De grande importance biogéographique, cette nouvelle réserve complète de façon remarquable l’ensemble de réserves déjà existantes (Gran reserva de la Biosfera de la Cordillera Cantabrica). Elle est proche de la réserve de biosphère Terras do Mino. Si l’on tient compte de l’autre nouvelle réserve (Los Ancares Leoneses), la taille de la future réserve Gran Cantabrica dépassera les 900 000 ha. Sur ce site, la protection de l’ours cantabrique, Ursus arctos, est particulièrement importante.

Los Ancares Leoneses, Espagne
Cette nouvelle réserve est aussi un complément important de l’ensemble de réserves déjà existantes (Gran reserva de la Biosfera de la Cordillera Cantabrica). Ce site est proche de la réserve de biosphère de Muniellos et réunit deux zones séparées de la réserve Cantabrica. En proposant Os Ancares Lucences et Los Ancares Leoneses, l’Espagne ajoute comme les années précédentes de nouvelles parties de la future réserve Gran Cantabrica.

Las Sierras de Béjar y Francia, Espagne
Située au Centre-ouest de l’Espagne, près de la frontière avec le Portugal, cette réserve se distingue par la richesse de ses ressources et leur valeur à la fois écologique et culturelle. Il faut également noter qu’elle contribue à la revitalisation de l’économie rurale en essayant de freiner l’émigration vers les villes.

Réserve de biosphère intercontinentale de la Méditerranée, Espagne/Maroc
Cette initiative pionnière visant à établir une réserve de biosphère intercontinentale constitue un défi de taille. Reliés par une aire de transition marine, les sites des deux pays présentent des similarités du point de vue de la géologie, de l’écologie et du patrimoine culturel. Les deux pays pourront ainsi bénéficier de leurs expériences mutuelles et coopérer pour la gestion d’aires marines et terrestres dont les caractéristiques sont communes.

Kien Giang, Viet Nam
La réserve couvre des écosystèmes côtiers et marins, avec des îles, marécages, mangroves, récifs coralliens et des poches de forêt tropicale primaire. Elle se distingue par la présence d’habitats du dugong (grand mammifère marin voisin du lamantin). A condition d’être géré à la lumière de l’écotourisme, le tourisme y est prometteur pour le développement durable.

Lake Chilwa Biosphere Reserve, Malawi
Particulièrement riche en oiseaux – 164 espèces sont associées spécifiquement au lac Chilwa - cette zone humide présente une très grande diversité d’habitats naturels et de couvertures végétales : le lac mais aussi des marécages saisonniers et permanents, cinq rivières, des îles, une grande plaine inondable, des prairies. Autour du lac qui est un site Ramsar*, des communautés vivent de pêche et de chasse mais aussi de culture du riz.


Des extensions ou des modifications de zonage sont intervenues dans les réserves de biosphère suivantes :

Réserve de biosphère de Calakmul, Mexique
La réserve existante s’agrandit et change de nom pour devenir la réserve de biosphère de la Région de Calakmul. Elle inclut de nouvelles zones protégées de la péninsule du Yucatan qui présente une des biodiversités les plus élevées des forêts tropicales du Mexique. La réserve abrite aussi d’importants vestiges de la culture Maya et elle est considérée comme une partie importante du corridor biologique mésoaméricain.

Réserve de biosphère de Shatskyi, Ukraine
La réserve s’étend à l’Ouest du plus grand complexe européen de marécages-lacs-forêts, en Polésie. L’extension se situe au Sud-ouest vers la frontière avec la Pologne et vers le Nord en direction du Belarus, en vue de former un ensemble plus complet dans le contexte d’une future réserve transfrontière. Dans cette réserve où l’on trouve quelque 28 lacs, de nombreuses espèces en danger sont présentes (phragmite aquatique, grand tétras, tringa, grues, etc.) et l’endroit est un important carrefour pour les oiseaux migrateurs.

Réserve de biosphère Commune de Fakarava, France
Ce site correspond à une révision complète de la réserve de biosphère Atoll de Taiaro, en Polynésie française. La réserve comprend désormais 7 atolls (Aratika, Fakarava, Kauehi, Niau, Raraka, Taiaro et Toau) qui composent cette commune. La majorité des atolls sont habités. Les communautés locales ont été fortement impliquées dans le zonage qui reflète leur perception du milieu et prend en compte des règles coutumières concernant l’accès aux ressources et leur utilisation.

Réserve de biosphère de Camargue (Delta du Rhône), France
La réserve (193 000 ha) correspond désormais à l’entité biogéographique Delta du Rhône entre Port St Louis du Rhône et Fos-sur-Mer à l’Est, Le Grau du Roi / Port Camargue à l’Ouest. La nouvelle structure de la réserve de biosphère permet de coordonner les nombreuses activités humaines de la zone, la culture du riz, la chasse et la pêche, afin de garantir une gestion collective des ressources en eau et de maintenir la durabilité des écosystèmes naturels fondamentaux. Ce site Ramsar* est célèbre pour ses oiseaux, notamment le flamand rose, 8 espèces de hérons, 6 de mouettes. En hiver, plus de 100 000 canards y font escale.

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* Les sites Ramsar sont protégés par la Convention relative aux zones humides d'importance internationale (1971), qui promeut leur conservation et utilisation rationnelle.



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de presse N°2006-130
Site Web 1 (URL) Le site du Programme L'Homme et la biosphère
Date de publication 27 Oct 2006
© UNESCO 1995-2007 - ID: 35389