Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
internet_300.jpg L’UNESCO abordera les questions du risque de fragmentation de l’Internet et de la liberté d’expression dans le cyberespace lors du Forum sur la gouvernance de l’Internet.

Paris, 25 octobre – Comment éviter une fragmentation de l’Internet, comment garantir la libre circulation de l’information dans le cyberespace et comment respecter le droit fondamental que constitue la liberté d’expression sur le Web, voici les principaux thèmes qui seront étudiés lors de la première réunion du Forum sur la gouvernance de l’Internet à Athènes (du 31 octobre au 2 novembre 2006).*

« La révolution Internet, qui permet à tant de personnes issues des horizons les plus divers de communiquer et d’échanger des informations et des idées sans le moindre obstacle géographique, social ni culturel, offre un potentiel sans précédent pour le développement des individus et des communautés », a déclaré le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura.

Il a néanmoins ajouté : « Ce potentiel, qui a déjà amélioré les vies d’un nombre infini de personnes dans le monde, dépend intimement des principes d’ouverture et de respect des droits de l’homme. Internet cessera de remplir sa fonction si des enjeux politiques et des problèmes techniques tels que la dénomination des sites Internet sont utilisés pour ériger des barrières insurmontables dans le cyberespace et empêcher les utilisateurs d’exercer leur liberté d’expression et leur libre arbitre en choisissant l’information qu’ils souhaitent partager. »

L’UNESCO prépare trois ateliers autour de ces thèmes, dans le cadre du Forum sur la gouvernance de l’Internet :

Le 31 octobre, l’atelier intitulé « Vers un réseau Internet mondial et multilingue : comment éviter le risque de fragmentation » (co-organisé par l’UNESCO, l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, ICANN, et l’autorité nationale égyptienne chargée de la réglementation des télécommunications) portera essentiellement sur les efforts nécessaires pour veiller à ce que l’Internet demeure un outil mondial et ouvert à tous, en permettant néanmoins l’utilisation de différents caractères, notamment pour la création de noms de domaines dans des langues non latines. Ce sujet revêt une importance grandissante avec la multiplication sur la toile de contenus utilisant des alphabets non latins. Ainsi, l’emploi nécessaire de caractères non latins pour la dénomination de ces sites Web doit être harmonisé avec le besoin de maintenir une communication sans entrave dans l’ensemble du cyberespace afin d’éviter une fragmentation de celui-ci en des réseaux disparates et incompatibles entre eux du fait des caractères qu’ils utilisent.

Ce même 31 octobre, l’UNESCO et l’Internet Governance Project (IGP), un groupement interdisciplinaire de spécialistes possédant des compétences en matière de gouvernance internationale, de politiques relatives à l’Internet et de technologies de l’information et de la communication, organiseront un atelier consacré au filtrage des contenus et à la liberté d’expression. Cet événement rassemblera des représentants de groupes de défense de la liberté d’expression, des universitaires et des parties prenantes telles que des fournisseurs de services et d’équipements Internet de différentes régions du monde. Ils examineront les différentes réglementations gouvernementales existantes en matière de contenus, en se penchant aussi bien sur les législations que sur les barrières technologiques telles que les filtres. Les participants chercheront également des solutions permettant aux pays d’harmoniser leurs différentes interprétations juridiques du caractère acceptable ou non d’un contenu tout en préservant au mieux la liberté d’expression.

Le 1er novembre, l’atelier concernant l’ouverture du cyberespace et les défis de la liberté d’expression permettra de définir des moyens de garantir la libre circulation de l’information à travers un réseau Internet ouvert et transparent. Les questions suivantes y seront notamment abordées: l’élaboration de modèles inclusifs, participatifs et ouverts dans le cyberespace ; les mécanismes de réglementation nécessaires aux niveaux national et international ; le renforcement de la sûreté de l’Internet ; la protection de la vie privée et des droits individuels ; la promotion de l’ouverture du cyberespace, indispensable à la création de sociétés du savoir intégratrices.
Depuis sa création il y a 60 ans, l’UNESCO s’est attachée à promouvoir la libre circulation des idées sous forme de mots et d’images. A l’issue du Sommet mondial sur la société de l’information (Tunis, 2005), l’Engagement de Tunis et l’Agenda de Tunis pour la société de l’information ont été établis, reconnaissant que la liberté d’expression et la libre circulation de l’information, des idées et du savoir étaient essentielles pour la société de l’information et pour le développement, ainsi que l’accès à l’information, le respect de la diversité culturelle et linguistique et le rôle des médias. Le SMSI a également invité l’UNESCO à contribuer au développement de l’accès à l’information et au savoir, du renforcement des capacités, de l’apprentissage en ligne, de la cyberscience, de la diversité culturelle et linguistique et du libre accès aux contenus, des médias, des dimensions éthiques de la société de l’information, et de la coopération internationale et régionale.
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*La création du Forum a été décidée lors du Sommet mondial sur la société de l’information (Genève 2003, Tunis 2005) et son rôle est d’étudier un large éventail de questions relatives à la gouvernance de l’Internet et, le cas échéant, de formuler des recommandations à la communauté internationale.

Pour plus d'information, voir les liens ci-dessous :



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Avis aux médias n°59
Site Web 1 (URL) Forum sur la gouvernance de l'Internet (en anglais)
Site Web 2 (URL) La gouvernance de l'Internet à l'UNESCO (en anglais)
Date de publication 26 Oct 2006
© UNESCO 1995-2007 - ID: 35381