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DIRECTRICE GENERALE DE L'UNESCO

Le Directeur général convoque une session spéciale de la Task Force sur le Moyen-Orient pour discuter de la réponse de l’UNESCO à la crise au Liban

Le 31 juillet, le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a convoqué une session spéciale de la Task Force sur le Moyen-Orient pour discuter de la crise actuelle au Liban.

A l’ordre du jour : la coordination de la réponse de l’UNESCO à la situation présente et la préparation de la contribution de l’UNESCO aux futurs efforts des autorités libanaises en matière de rétablissement et de reconstruction du pays.

En ouvrant la session, le Directeur général a joint sa voix à celle du Secrétaire général des Nations Unies pour demander une sortie de la crise. Il a ainsi rappelé les trois points principaux de la position des Nations Unies, telle qu’exprimée par le Secrétaire général : la cessation des hostilités, un cadre politique comportant le déploiement d’une force internationale et un accord sur un programme de reconstruction. Koïchiro Matsuura a fait part de « sa profonde inquiétude au sujet de l’escalade de la violence et de la perte tragique de vies humaines » et a insisté sur l’urgence à « se préparer à aider les autorités libanaises dans les efforts de rétablissement et de reconstruction qu’ils mèneront dès que cela sera possible ».

Le Directeur général a ensuite évoqué les actions récentes menées par l’UNESCO et a esquissé le chemin à parcourir. « J’ai présenté mes condoléances au Premier ministre libanais et lui ai fait part de mon espoir de trouver une solution pacifique durable à la situation actuelle, et je l’ai assuré que nous aiderions le pays dans nos domaines de compétence, dès l’arrêt des hostilités, » a-t-il déclaré.

« Lors de mes relations avec les autorités gouvernementales, j’ai clairement expliqué le rôle unique de l’UNESCO dans le rétablissement et la reconstruction en situation de post-conflit. A ce stade, où l’aide de l’ONU est d’une nature strictement humanitaire, l’UNESCO doit commencer ses préparatifs afin d’être capable de fournir une aide spécialisée dans les domaines de l’éducation, de la culture, de la communication et de l’information, ainsi que des sciences », a ajouté Koïchiro Matsuura.

En ce qui concerne la protection du patrimoine culturel menacé pendant la crise actuelle, en particulier les sites du patrimoine mondial de Baalbek et Tyr, Koïchiro Matsuura a déclaré que « nous avons attiré l’attention des gouvernements israélien et libanais sur leurs responsabilités respectives dans le cadre de la Convention de La Haye de 1954. Cette dernière assure la protection des biens culturels lors de conflits armés. L’UNESCO continuera à suivre attentivement ce sujet. »

En ce qui concerne la sécurité des professionnels des médias, le Directeur général a fait référence à un communiqué de presse récent de l’UNESCO sur la nécessité de respecter le statut civil des journalistes et médias ; « en période de conflits violents, il est essentiel que toutes les parties respectent le rôle important joué par les médias » a-t-il déclaré (Communiqué de presse N°2006-88)

Les Sous-Directeurs généraux responsables des différents domaines de compétence de l’UNESCO ont ensuite présenté les futures grandes lignes des actions à étudier. Dans le domaine de l’éducation, le besoin pressant d’une évaluation rapide du système éducatif et des conditions nécessaires pour assurer la sécurité des enfants et des enseignants a été souligné.

Dans le domaine de la culture, dès la cessation des hostilités, la priorité sera d’évaluer les dégâts subis par des sites et monuments du patrimoine culturel, notamment ceux du patrimoine mondial, et d’améliorer les moyens de leur protection, y compris en luttant, si nécessaire, contre le pillage des biens culturels sur les sites archéologiques.

La nécessité de traiter l’impact des dommages environnementaux spécifiques du conflit a été souligné, notamment en coordonnant des actions avec d’autres agences compétentes dans ce domaine. L’UNESCO a une relation étroite avec la communauté scientifique du Liban. Afin d’atténuer une éventuelle fuite des cerveaux après le conflit, l’UNESCO va identifier des modalités de construction et de renforcement des réseaux professionnels en vue de soutenir ces communautés pendant la reconstruction.

Il est trop tôt pour évaluer les dégâts subis par les infrastructures des médias au Liban mais l’UNESCO restera attentive à cette question et élaborera des plans appropriés de soutien aux efforts de reconstruction.

Le Directeur du Bureau de Beyrouth a ensuite informé les participants sur les mesures prises en vue d’assurer la sécurité du personnel international et a présenté un rapport sur la situation. Il a été décidé de déplacer le personnel international au Caire en Egypte, et de mettre au point une procédure permettant au Directeur du Bureau de conserver un contact régulier avec le personnel national.

Avant cette crise, l’UNESCO avait établi une liste de membres du personnel qualifiés pour effectuer des missions de courte durée dans les pays en situation de post-conflit. Vingt-sept membres du personnel sont désormais formés à la sécurité individuelle et préparés à s’adapter aux contextes de transition et de reconstruction dans des zones en situation de post-conflit. Leurs compétences seront mises à contribution pour renforcer la réponse de l’Organisation aux situations de post-conflits.

S’appuyant sur ces propositions, Koïchiro Matsuura a souligné l’urgence de la participation de l’UNESCO à une réponse des Nations Unies à la crise libanaise. « Bien que les Nations Unies concentrent aujourd’hui leur réponse sur l’aide humanitaire d’urgence, je crois que l’UNESCO sera très bientôt capable de participer, dans ses domaines de compétence et avec d’autres agences de l’ONU, au processus global de rétablissement et de reconstruction ».

« J’ai personnellement bon espoir », a-t-il déclaré, « que les initiatives que nous avons évoquées aujourd’hui, telles que l’évaluation rapide de l’impact de la crise sur le système éducatif, ainsi que des dégâts éventuels subis par le patrimoine culturel libanais, constitueront une contribution significative et positive à la reconstruction et à l’effort de développement du Système des Nations Unies au Liban ».

Le Directeur général convoquera la prochaine réunion de la Task Force de l’UNESCO sur le Moyen-Orient dans un mois, afin de discuter de l’évolution des événements, de réactualiser la planification et de préparer de futures initiatives.

  • Auteur(s):Office of the Spokeswoman
  • Source:Flash info n°125-2006
  • 02-08-2006
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