Accueil - Services Média
UNESCOPRESSE
Communiqués de presse
Avis aux médias
A voir
Photobanque
Calendrier des événements
Relations presse

Porte-parole du DG
Flash Info
Courrier de l'UNESCO
Evénements culturels
Publications UNESCO
Services d' information
Documents UNESCO
Nations Unies
- Centre de nouvelles ONU
- Sites web du système

Version imprimable
Les médias peuvent utiliser et reproduire librement les materiaux publiés sous le nom UNESCOPRESSE

UNESCO
UNESCOPRESSE
7, Place de Fontenoy
75352 PARIS 07 SP, France

 

Contribuer au débat démocratique.  
L’UNESCO encourage les Amériques à adherer à la convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique

12-06-2002 10:00 pm Paris - On estime qu’il reste plus de trois millions d’épaves avec leurs cargaisons disséminées au fond des océans partout dans le monde. Des monuments historiques comme le Phare d’Alexandrie (Egypte) ou des cités entières comme Port Royal (Jamaïque), ont aussi disparu sous les flots. Ces trésors immergés attirent des pilleurs sous-marins qui se livrent, grâce à des technologies toujours plus sophistiquées, à un pillage systématique de ce patrimoine culturel.

Afin de préserver ce patrimoine immergé et de contenir le pillage d’épaves à des fins commerciales, le secteur de la Culture de l’UNESCO et son bureau des Caraïbes organisent du 17 au 20 juin à Kingston (Jamaïque) une réunion visant à encourager les pays de la région à ratifier la Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique.

La Convention, approuvée le 2 novembre 2001, vise à protéger « toutes les traces d’existence humaine présentant un caractère culturel, historique ou archéologique, qui sont immergées, partiellement ou totalement, périodiquement ou en permanence, depuis 100 ans au moins ». Pourtant, comme le souligne Mounir Bouchenaki, Sous-Directeur général de l’UNESCO pour la culture, « l’existence de la Convention n’est pas suffisante. Pour qu’elle entre en vigueur, 20 Etats doivent la ratifier ».

A Kingston se réuniront près de 150 délégués et experts d’une cinquantaine de pays, principalement d’Amérique Latine et des Caraïbes, des régions qui, de par leur passé historique, abritent un patrimoine subaquatique d’une richesse extraordinaire. Les recherches en archéologie sous-marine réalisées pendant 10 ans à Port-Royal, ont, par exemple, été pour les scientifiques une occasion unique d’étudier l’urbanisme, l’architecture et la vie quotidienne du XVIIe siècle, juste avant le raz-de-marée qui a englouti la cité en 1692.

Les Bermudes - dont les richesses immergées ont attiré récemment, en plus des archéologues, des entreprises de plongée sous-marine venues récupérer les trésors à des fins commerciales - ont déjà commencé à adopterleur législation pour mettre fin au pillage.

Dans la seule baie de Montevideo (Uruguay), plus de 200 naufrages importants ont eu lieu entre 1772 et 1930. Parmi les navires sinistrés se trouvaient des frégates, des brigantins, des corvettes, des bateaux à vapeur et des barques qui reliaient le Rio de la Plata à l’Amérique du Nord ou qui transportaient des passagers entre l’Argentine et l’Uruguay. « J’espère que les Etats membres de l’UNESCO dans cette région seront parmi les premiers à franchir le pas[vers la ratification] », souligne Mounir Bouchenaki.

Bien que la nouvelle convention donne la priorité à la conservation de tout ce patrimoine in situ, c’est à dire, sous la mer, et préfère qu’il n’y ait pas récupération d’objets ; elle entend aussiassurer la protection des objets ramenés à terre. Les pays qui adoptent cette convention devront restreindre les activités des chasseurs de trésors et imposer « des sanctions pour toute infraction ». L’instrument juridique prévoit aussi que « les Etats parties prennent des mesures pour empêcher l’entrée sur leur territoire, le commerce et la possession de patrimoine culturel subaquatique exporté illicitement et/ou récupéré ».

Deux autres dispositions incitent les Etats à promouvoir « un accès responsable et inoffensif » du public aux sites du patrimoine subaquatique et souligne la nécessité de sensibiliser ce public à l’importance et à la signification de ce patrimoine. La réunion de Kingston discutera de la possibilité de former des archéologues spécialisés en spéléologie sous-marine en vue de créer des parcs archéologiques sous-marins là o? c’est possible.

Quelques faits et chiffres sur le patrimoine subaquatique

Richesse du patrimoine culturel subaquatique : quelques exemples

On évalue à plus de trois millions le nombre d’épaves non découvertes disséminées dans le fond des mers et des océans ;
On pense que 65 000 d’entre elles ont coulé au large des côtes nord-américaines depuis plus de 500 ans ;
Les experts estiment que 850 navires - dont 90 galions espagnols et 40 navires portugais - reposent dans le fond des eaux qui bordent les Açores ;
Le Dictionary of Disasters at Sea recense 12 542 bateaux à voile et vaisseaux de guerre perdus en mer entre 1824 et 1962 ;
Des villes entières ont disparu sous les vagues, comme Port Royal en Jamaïque, victime d’un tremblement de terre en 1692 ;
Les vestiges des civilisations anciennes, à présent sous les eaux, comprennent le Phare d’Alexandrie en Egypte et de nombreux villages du néolithique engloutis sous la Mer Noire ;

b) La coexistence de l’intérêt scientifique, de la valeur commerciale et du pillage du patrimoine culturel subaquatique

Les fouilles scientifiques d’un galion espagnol basque (Labrador, Canada) ont exigé 14 000 heures de plongée et ont donné lieu à une collecte d’informations suffisamment abondante pour remplir un rapport de 4 000 pages ;
L’épave du navire suédois Wasa attire 750 000 visiteurs par an rapportant à l’économie nationale 300 dollars par touriste et par jour ;
Le Western Australian Maritime Museum accueille 250 000 visiteurs par an ;
De soigneuses fouilles archéologiques de la frégate Pandora naufragée au large des côtes australiennes en 1791 ont puissamment contribué à élucider les circonstances de la mutinerie du Bounty et de la traque des mutins ;
Des recherches archéologiques complètes menées pendant dix ans sur 8 édifices immergés à Port Royal, en Jamaïque, ont offert aux scientifiques une occasion sans précédent d’étudier l’urbanisme, l’architecture, le régime, la technologie et la vie quotidienne au 17e siècle ;
En 1985, un chasseurde trésor américain a découvert une cargaison d’une valeur estimée à 400 millions de dollars dans l’épave d’un galion espagnol de 1622 au large des Florida Keys ;
Au moins six sociétés de chasse au trésor ont organisé des opérations au Portugal afin d’en exploiter le très riche patrimoine subaquatique découvert au large des côtes du pays ;
A la recherche de galions espagnols naufragés, les chasseurs de trésor recrutent régulièrement des pêcheurs locaux aux Philippines pour ratisser les fonds marins ;
Dès 1974, des enquêtes ont montré que l’ensemble des épaves connues au large des côtes turques avaient déjà été pillées ;
En 1986, une vente aux enchères, organisée par la Christie’s Auction House, d’objets en porcelaine et en or, récupérés dans l’épave d’un navire hollandais de 1752, dans la Mer de Chine méridionale, a rapporté 16 millions de dollars ;
La cargaison retrouvée dans une épave au large des côtes méridionales du Vietnam a été adjugée près de 7,2 millions de dollars en 1992 ;
Grâce à d’importantes fouilles subaquatiques, Bodrum a vu sa population locale tripler confirmant ainsi son statut d’un des sites touristiques les plus populaires de Turquie ;
Plus de 4 millions de personnes ont visité l’épave du Mary Rose à Portsmouth ;
Les archéologues du Mary Rose ont plongé 28 000 fois entre 1979 et 1982 pour un co?t total de 2,8 millions de dollars ;
60 millions de téléspectateurs ont pu assister en direct au renflouage des 580 tonnes du Mary Rose le 11 octobre 1982 ;
En 1999, les sauveurs de trésor ont repéré, dans la Mer de Chine méridionale, une jonque si grande qu’ils l’ont surnommée le «Titanic chinois». Sa cargaison de plus de 300 000 pièces de porcelaine a suscité un appel aux investisseurs en vue d’une récompense pécuniaire.

Contacts : Lucia Iglesias Kuntz 00 33145684728
Bureau d’information du public/Section éditoriale
A Kingston : Olatz Landa, tél : 00 1 809-929 70879


Website : Un kit d’information en anglais, français et espagnol peut être téléchargé en ligne
Web site : plus d'information sur la protection


Source Communiqué de presse No.2002-38
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 3304 | guest (Lire) Mise à jour: 14-11-2002 5:22 pm | © 2003 - UNESCO - Contact