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Afro@digital, UN DOCUMENTAIRE AFRICAIN SUR LA REVOLUTION NUMERIQUE EN AFRIQUE

10-06-2002 10:00 pm Paris - Dans de nombreux pays africains, la révolution des nouvelles technologies de l'information est - malgré le fossé numérique existant entre le Nord et le Sud - une réalité quotidienne, riche en utilisations originales d'internet, des téléphones portables et des caméras vidéo numériques. Le documentaire Afro@digital (*) se penche sur ces promesses offertes en Afrique par les nouvelles technologies de l'information. Réalisé par Balufu Bakupa-Kanyinda (**), ce documentaire de 52 minutes a été produit par l'UNESCO.

" Il y a six ans environ, quand j'allais filmer dans un pays africain, explique le cinéaste congolais, je me retrouvais coupé du monde et j'étais obligé de prendre une chambre dans un hôtel quatre étoiles pour pouvoir avoir accès à un téléphone. Aujourd'hui encore, il y a des gens qui attendent depuis 20 ans qu'on vienne leur installer une ligne téléphonique. Mais des milliers d'Africains ont eu accès aux téléphones mobiles et se sont d'un coup retrouvés avec la possibilité de communiquer avec le reste du monde. Ce phénomène est très important en termes de développement du continent tout entier ".

Les statistiques mesurent le retard alarmant du continent africain en matière de technologies de l'information mais elles ne peuvent pas rendre compte de ces utilisations originales qui sont mises en vedette par le documentaire de Balufu Bakupa-Kanyinda, documentaire qui sera projeté dans le cadre du MITIL (Marché international des télévisions et radios indépendantes et locales) qui se tient à Vevey (Suisse) du 12 au 15 juin.

Dans Afro@digital, un marabout explique ainsi qu'il ne répond plus par lettre aux questions que lui posent aujourd'hui les Africains vivant à l'étranger. Il utilise son téléphone portable qui d'ailleurs ne le quitte pas pendant toute l'entrevue. Certains chefs spirituels africains utilisent même le courrier électronique pour transmettre leurs conseils ; ils envoient en quelques secondes une réponse qui prenait jusque là plusieurs semaines.

Un autre exemple éloquent de ce phénomène est la réussite des "cybercafés". Dans le documentaire, on peut voir l'un de ces cybercafés bourré à craquer de jeunes en train d'envoyer des messages électroniques et de naviguer sur Internet. Surnommés "cyberthés" en Mauritanie, ces télécentres ont connu un grand succès dansde nombreux pays africains. A Bamako, la capitale du Mali, les cybercafés sont passés de un à cent en un an. Balufu Bakupa-Kanyinda raconte : " Dans le documentaire, nous avons interviewé Oumou Sy, une styliste sénégalaise qui a ouvert le premier cybercafé à Dakar, et d'ailleurs l'un des tout premiers en Afrique. Sur son site Internet (www.metissacana.sn), elle a créé une boutique virtuelle et peut ainsi vendre ses vêtements à Tokyo et ses bijoux à New York. C'est comme si elle avait ouvert une chaîne deboutiques dans toutes les villes du monde ".

Même si le nombre d'utilisateurs ayant accès à Internet en Afrique est dérisoire - en 2000, seuls 0,4 % des habitants de l'Afrique sub-saharienne utilisaient internet - et si les obstacles restent énormes - un chercheur a calculé qu'il faudrait 60 000 millions de dollars pour connecter 1 % de la population africaine à Internet (***) -, un phénomène comme celui des cybercafés révèle que c'est ailleurs qu'il faut rechercher l'impact des technologies de l'information sur le continent africain. Derrière les machines, il faut chercher les usagers.

Compter non seulement le nombre d'ordinateurs connectés mais aussi le nombre de personnes qui utilisent le même ordinateur et prendre en compte des situations o8 la débrouillardise devient reine : par exemple, l'utilisation d'internet par des analphabètes qui ont recours à des intermédiaires pour taper leurs messages.

En dépit des obstacles auxquels se heurte le développement des nouvelles technologies de l'information en Afrique, Balufu Bakupa-Kanyinda se montre optimiste : " Les Africains sont très habiles à utiliser ces technologies quand ils y ont accès. Dans les villages du Sénégal et du Congo, on compte de plus en plus de personnes qui peuvent se connecter à Internet avec un ordinateur portable et un téléphone mobile. Il est certain que pour le moment, on constate en Afrique un fossé entre les infrastructures et les nouvelles technologies de l'information, mais je suis s8r que les choses vont changer ",précise-t-il.

Balufu Bakupa-Kanyinda lui-même n'est d'ailleurs parvenu à réaliser son film (60 heures de tournage dans huit pays africains et 30 interviews) que grâce à de nouvelles caméras numériques, plus perfectionnées et quatre fois moins co8teuses. " Avec une petite caméra numérique de qualité professionnelle, nous avons réussi à filmer la cellule de l'ex-président sud-africain Nelson Mandela sur Robben Island en nous faisant passer pour des touristes. De plus, les personnes que nous interviewons se sentent plus en confiance, moins intimidées, que face à une caméra 16 mm. Les caméras numériques vont nous permettre de recréer la mémoire collective africaine ", remarque-t-il.

Le documentaire Afro@digital permet de se rendre compte de certains progrès en ce sens. Et, d'après le cinéaste congolais, il faut faire l'effort de " se détourner des préjugés stéréotypés et catastrophistes qui prédominent lorsque l'on aborde le sujet des nouvelles technologies de l'information sur le continent africain ".

(*) Afro@digital, France, 2002, documentaire, 52 minutes, Akangbé Productions et les films Dipanda Yo, avec le soutien de l'UNESCO, du CNC et de l'AIF.
(**) Balufu Bakupa-Kanyinda, né le 30 octobre 1957 à Kinshasa, a réalisé des études de sociologie, d'histoire et de philosophie et a résidé en France, en Angleterre et aux Etats-Unis. Ses deux films de fiction les plus récompensés ont été "Le Damier Papa National Oyé" et "Article 15 Bis".
(***) Michel Berne, in Télécom, Electronique, Informatique, Médias, Internet, 2000, publié par l'Institut National des Télécommunications, Observatoire des Stratégies et Technologies de l'Information et de la Communication, Evry 2001 (p. 67).

Contact : Asbel Lopez, Bureau de l'information du public, Section éditoriale, tél. 33 (0)1 45 68 47 27
e-mail : a.lopez@unesco.org






Source Feature No.2002-11
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 3303 | guest (Lire) Mise à jour: 17-01-2005 2:02 pm | © 2003 - UNESCO - Contact