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La pénurie d’enseignants risque de nuire à la qualité de l’Éducation pour tous
Contact éditorial : Sue Williams, Section des relations avec la presse, tél. +33 (0)1 45 68 17 06 - Email

25-04-2006 5:00 pm Selon un nouveau rapport de l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU), les salles de classe de l’Afrique subsaharienne devront accueillir 1,6 million d’enseignants supplémentaires d’ici à 2015 afin que chaque enfant puisse bénéficier de l’enseignement primaire. On s’attend également à ce que cette pénurie chronique touche les Etats arabes dont le corps enseignant devra augmenter de 26 % en moins de dix ans pour que le même objectif soit atteint. Intitulé Les enseignants et la qualité de l’Éducation : Suivi des besoins mondiaux 2015, le rapport évalue la situation des enseignants et la qualité de l’enseignement au niveau régional et mondial. Ce rapport, en soulignant les tendances quantitatives et qualitatives de l’enseignement, étudie les mesures à adopter pour réduire l’écart entre les deux facteurs, en particulier dans les pays en voie de développement. Il compare également les points forts et les points faibles du recrutement et les politiques de répartition géographique ainsi que les conditions de travail des enseignants de par le monde.

Les pays du monde entier devront recruter plus de 18 millions d’enseignants au cours de la prochaine décennie. C’est l’Afrique subsaharienne, dont le corps enseignant devra augmenter de 68 % durant cette période, qui constitue le défi le plus difficile à relever. D’ici à 2015, le nombre d’enseignants devra presque quadrupler dans des pays tels que le Tchad, passant de 16 000 à 61 000, tandis que l’Éthiopie devra doubler ses effectifs pour parvenir à un enseignement primaire universel.

Les États arabes devront créer 450 000 nouveaux postes d’enseignants, principalement en Égypte, en Iraq, au Maroc et en Arabie saoudite. Il faudra recruter 325 000 enseignants supplémentaires en Asie du sud et de l’ouest, particulièrement en Afghanistan, où, selon les estimations de l’ISU, le nombre d’enseignants devra augmenter de près de 9 % par an au cours des dix prochaines années.

Cependant, certains pays dont le nombre d’enfants d’âge scolaire est en baisse auront besoin de moins d’enseignants. La Chine peut s’attendre à supprimer 1,8 million de postes d’enseignants en 2015, tandis qu'une réduction plus faible est prévue l’Inde (50 000). Cela permettra d’améliorer la qualité de l’enseignement en investissant davantage de ressources par enseignant et par élève.

Ce sont en général les pays qui manquent le plus d’enseignants qui disposent du personnel le moins qualifié. On considère qu’un niveau d’études secondaires du premier cycle constitue la qualification minimum requise pour enseigner. Pourtant, 45 % des enseignants seulement remplissent cette condition en République démocratique populaire lao, par exemple, et 57 % au Congo. Le rapport montre clairement qu’il faut prendre en compte à la fois la quantité et la qualité des enseignants.

Le problème de la qualité de l’enseignement se pose même dans les pays les plus développés. L’Amérique du Nord et l’Europe occidentale sont confrontées à une pénurie d’enseignants spécialisés, notamment en mathématiques et en sciences.

Cela est dû en partie aux changements du contexte démographique et des conditions de travail. Les enseignants âgés prennent leur retraite tandis que les nouvelles recrues ont moins tendance à envisager de faire toute leur carrière dans l’enseignement. C’est le cas notamment en Irlande, en Espagne et aux États-Unis, où il faudra recruter 1,2 million d’enseignants au cours des dix ans à venir, principalement pour compenser la diminution du nombre des enseignants.

Le rapport présente également une série d’estimations pour les pays d’Afrique subsaharienne qui sont gravement touchés par le VIH/sida. L’épidémie réduit la population d’âge scolaire et aggrave la diminution du nombre des enseignants. Selon le pire scénario, le Mozambique devrait recruter 155 000 enseignants au cours des dix prochaines années, ce qui représente presque le triple de leur nombre actuel, afin de parvenir à un enseignement primaire universel et de compenser la diminution du nombre d’enseignants (10 %).

Les pays qui manquent le plus d’enseignants sont également soumis à de dures contraintes budgétaires. Nombre d’entre eux doivent se contenter de « para-enseignants » dont le niveau de qualification est généralement inférieur à celui de leurs homologues de la fonction publique et qui ne perçoivent qu’une partie de leur salaire (de 25 à 50 %). Plus de la moitié des membres de l’enseignement primaire du Congo, par exemple, est constitué de « parents volontaires » dont la formation est limitée ou inexistante.

Le Niger est un exemple typique. Depuis 1998, le gouvernement a recruté un grand nombre de jeunes para-enseignants sans formation. Le pourcentage d’élèves parvenant à la fin du cycle primaire est passé de 17 % à 25 % entre 2000 et 2004. Mais ce progrès a certainement des coûts cachés car il y a eu atteinte au statut des professeurs qualifiés et à la qualité de l’éducation.

Le rapport reconnaît que les para-enseignants peuvent permettre aux pays de parer au plus pressé. Mais en institutionnalisant ces pratiques à long terme, les gouvernements risquent de compromettre gravement le statut global de la profession d’enseignant.

Pour équilibrer les dépenses et les bénéfices, le rapport de l’ISU propose des façons d’« intégrer » les para-enseignants en leur offrant une formation adaptée et une rémunération équitable, comme au Bangladesh, qui constitue une exception. « Sinon, conclut le rapport, le découragement des enseignants pervertira progressivement tout le système scolaire, en ôtant à ses membres l’envie de dispenser un enseignement de qualité, ce qui contribuera à accélérer la diminution du nombre des enseignants dans les pays qui ont le plus besoin de nouvelles recrues ».

Le rapport constitue un des principaux événements de la Semaine de l’Education pour tous (24-28 avril) qui marque chaque année l’anniversaire du Forum mondial sur l’éducation (Dakar, Sénégal, avril 2000). Il entend rappeler aux gouvernements et à la communauté internationale leur engagement : parvenir à l’éducation pour tous d’ici 2015. Cette année, le thème de la Semaine, organisée par la Campagne mondiale pour l’éducation, est Chaque enfant a besoin d’un enseignant.






Source Communiqué de presse N°2006-34
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 32740 | guest (Lire) Mise à jour: 02-05-2006 12:55 pm | © 2003 - UNESCO - Contact