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Le deuxième Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau fait état d’une crise de gouvernance
Contact éditorial : Sue Williams, Section des relations avec la presse, tél. +33 (0)1 45 68 17 06 - Email
Contact audiovisuel : Carole Darmouni, Section audiovisuelle, tél. +33 (0)1 45 68 17 38 - Email

09-03-2006 5:00 pm Bien qu’elles soient réparties de manière inégale, les ressources en eau douce sont loin de manquer à l’échelle de notre planète. Pourtant, du fait de la mauvaise gestion, de moyens limités et des changements environnementaux, quasiment un habitant de la planète sur cinq n’a toujours pas accès à l’eau potable et 40% de la population mondiale ne disposent pas d’un service d’assainissement de base, indique le deuxième Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau.water2.jpg Ce rapport, qui est publié tous les trois ans, représente l’évaluation des ressources en eau douce de la planète la plus complète à ce jour. Il a été présenté aujourd’hui à la presse, à Mexico, en amont du 4e Forum mondial de l'eau (Mexico, 16 au 22 mars). Cette édition - intitulée « L’eau, une responsabilité partagée » - met l’accent sur l’importance des modalités de gouvernance dans la gestion des ressources mondiales en eau et dans la lutte contre la pauvreté.

D’après le rapport, les systèmes de gouvernance « déterminent qui peut avoir quelle eau, quand et comment, et décident qui a droit à l’eau et aux services connexes ». Ces systèmes ne reposent pas uniquement sur les gouvernements, mais aussi sur les autorités locales, le secteur privé et la société civile. Ils régissent en outre un large éventail de questions étroitement liées à celle de l’eau, comme la santé et la sécurité alimentaire, le développement économique, l’utilisation des sols et la préservation des écosystèmes dont dépendent nos ressources en eau.

Le rapport souligne que

• Même si l’on ne cesse de réaliser des progrès importants et si « à l’échelle de la planète, les ressources en eau douce sont importantes », le Programme conjoint OMS / UNICEF de surveillance de l’approvisionnement en eau estime que 1,1 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à des ressources suffisantes en eau potable et quelque 2,6 milliards de personnes n’ont pas accès à un service d’assainissement de base. Ces personnes font partie des plus pauvres au monde et plus de la moitié d’entre elles vivent en Chine ou en Inde. Si l’on continue de progresser à ce rythme, des régions telles que l’Afrique sub-saharienne n’atteindront pas l’objectif du Millénaire pour le développement qui vise à réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population n’ayant pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable. L’autre objectif qui vise à réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès à un service d’assainissement de base ne sera pas atteint à l’échelle mondiale si les tendances actuelles se confirment. Selon le rapport, la situation actuelle s’explique principalement par « les mauvaises pratiques de gestion, la corruption, l’absence d’institutions appropriées, l’inertie bureaucratique et la faiblesse des investissements dans les domaines des ressources humaines et des infrastructures physiques ».

• Une eau de mauvaise qualité joue un rôle clé dans les mauvaises conditions de vie et les grands problèmes de santé du monde. Les maladies diarrhéiques et le paludisme ont tué quelque 3,1 millions de personnes dans le monde en 2002. Quatre-vingt-dix pour cent de ces victimes étaient des enfants de moins de cinq ans. On estime que quelque 1,6 millions de vies pourraient être sauvées chaque année si l’on améliorait les conditions d’accès à l’eau potable, les services d’assainissement et l’hygiène.

• La qualité de l’eau est de moins en moins bonne dans la plupart des régions. Les chiffres montrent que le nombre d’espèces d’eau douce est en recul et que les écosystèmes d’eau douce se détériorent rapidement, souvent plus vite que les écosystèmes terrestres et marins. Le rapport souligne que le cycle hydrologique, nécessaire à la vie, ne peut se dérouler que dans un environnement sain.

• Les catastrophes naturelles sont de plus en plus nombreuses et 90 % d’entre elles sont liées à l’eau. Elles sont la conséquence d’une mauvaise utilisation des sols. La sécheresse dramatique qui progresse en Afrique de l’Est où l’on a procédé à des abattages d’arbres à très grande échelle afin de produire du charbon de bois et du bois de chauffage en est un exemple tragique. Le rapport cite également le cas du lac Tchad, en Afrique, qui a perdu près de 90 % de sa superficie depuis les années 1960, principalement à cause du surpâturage, de la déforestation et de grands projets d’irrigation non durables. Deux personnes sur cinq vivent aujourd’hui dans des zones susceptibles d’être inondées, notamment du fait de l’élévation du niveau de la mer. Les pays les plus exposés sont le Bangladesh, la Chine, les États-Unis, l’Inde, le Pakistan, les Pays-Bas, les Philippines et les petits États insulaires en développement. Le rapport insiste sur le fait que les changements climatiques ne feront qu’aggraver cette situation.

• La population mondiale aura besoin de 55 % de nourriture en plus en 2030, ce qui se traduira par un recours plus important à l’irrigation, qui représente d’ores et déjà près de 70 % de l’eau douce consommée par les hommes. La production agroalimentaire a énormément augmenté au cours des 50 dernières années, pourtant, 13 % de la population mondiale (850 millions de personnes qui vivent essentiellement en zones rurales) ne peuvent toujours pas manger à sa faim.

• En 2007, la moitié des êtres humains vivront dans des villes, petites ou grandes. En 2030, la population urbaine comprendra quasiment les deux tiers de la population mondiale, ce qui entraînera une hausse vertigineuse de la demande en eau dans les zones urbaines. On estime que 2 milliards de personnes vivront dans des bidonvilles, or c’est la population pauvre des zones urbaines qui souffre le plus de l’insuffisance des approvisionnements en eau salubre et des installations d’assainissement.

• Dans les pays en développement, plus de 2 milliards de personnes n’ont pas accès à des formes d’énergie fiables. L’eau est une ressource cruciale en matière de production d’énergie, cette dernière étant à son tour essentielle au développement économique. L’Europe utilise 75 % de son potentiel d’énergie hydraulique, tandis que l’Afrique, dont 60 % de la population n’a pas accès à l’électricité, n’exploite que 7 % de son potentiel.

• Dans de nombreux endroits du monde, on estime que pas moins de 30 à 40 % des ressources en eau ne sont pas comptabilisées à cause des raccordements illégaux et des fuites dans les canalisations et les canaux.

• Bien que l’on ne dispose pas de chiffres précis, on estime que la corruption coûte chaque année des millions de dollars au secteur de l’eau et qu’elle nuit fortement à l’approvisionnement en eau, en particulier à destination des plus pauvres. Ainsi le rapport cite les résultats d’une enquête menée en Inde selon laquelle 41 % des personnes interrogées avaient payé plus d’un pot de vin au cours des six mois précédents afin de falsifier leurs relevés de consommation en eau ; 30 % d’entre elles avaient payé pour accélérer la réalisation de travaux de réparation et 12 % d’entre elles avaient payé pour accélérer la réalisation de travaux de raccordement et l’installation de systèmes d’assainissement.

Le Plan de mise en oeuvre de Johannesburg, adopté par les États membres lors du Sommet mondial pour le développement durable (2002), prend acte du rôle capital que joue l’eau douce dans les domaines de la sécurité et du développement humains et invite les pays à élaborer des plans de gestion intégrée des ressources en eau et de valorisation de l’eau d’ici à 2005. Le rapport indique qu’environ 12 % des pays seulement ont accompli ce travail jusqu’à présent, bien que nombre d’autres aient enclenché un processus dans ce sens.

On constate en outre que les crédits alloués à l’eau ne progressent pas. D’après le rapport, l’aide publique au développement (APD) totale consacrée au secteur de l’eau au cours de ces dernières années s’élève en moyenne à 3 milliards de dollars par an, à laquelle on peut ajouter 1,5 milliards de dollars accordés au secteur sous forme de prêts non concessionnels, principalement par la Banque mondiale. Cependant, seul un faible pourcentage (12 %) de ces fonds parvient effectivement à ceux qui en ont le plus besoin. Enfin, seuls 10 % environ des crédits sont alloués à l’élaboration de politiques, à la planification et à la conception de programmes en matière de gestion de l’eau.

De plus, les investissements du secteur privé dans le domaine de l’approvisionnement en eau sont en recul. Au cours des années 1990, on estime que le secteur privé a investi 25 milliards de dollars dans les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans les pays en développement, principalement en Amérique latine et en Asie. Cependant, beaucoup de grandes multinationales présentes dans le secteur de l’eau ont commencé à réduire leurs activités, voire à y renoncer, à cause des risques politiques et financiers importants auxquels elles étaient exposées.

Même si les résultats atteints par le secteur privé n’ont souvent pas été à la hauteur ni des attentes des autorités des pays en développement, ni des pays donateurs, le rapport insiste sur le fait que « ce serait une erreur » de faire une croix sur l’action du secteur privé. En effet, des gouvernements en grande difficulté financière dont les réglementations sont insuffisantes « sont loin d’être bien placés pour résoudre les problèmes de mauvaise gestion des ressources en eau et d’insuffisance des services d’approvisionnement en eau » estime-t-il.

La consommation en eau s’est multipliée par six au cours du XXe siècle, alors que la population mondiale ne s’est multipliée que par trois. Notre capacité à satisfaire une demande planétaire toujours croissante, indique le rapport, dépendra d’une bonne gouvernance et d’une bonne gestion des ressources disponibles.

« Une bonne gouvernance est essentielle à la gestion de nos ressources en eau douce qui sont de plus en plus limitées. Elle est en outre indispensable à la lutte contre la pauvreté » a déclaré Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO. « Il n’existe pas de recette type dans ce domaine complexe et variable. Cependant, nous savons qu’une bonne gouvernance doit reposer sur des institutions adéquates, aux échelles nationale, régionale et locale, sur des cadres juridiques stables et efficaces, et sur des ressources humaines et financières suffisantes ».

Exercer une bonne gouvernance nécessite également de respecter « les libertés essentielles, comme la liberté d’expression et de droit de s’organiser » rappelle le rapport. Il souligne que « si les citoyens ne peuvent avoir accès à des informations de base relatives à la qualité de l’eau et aux réserves disponibles, ils n’ont quasiment aucune chance de pouvoir s’opposer à des aménagements hydrauliques qui nuisent à l’environnement ou de mettre les instances gouvernementales concernées devant leurs responsabilités ».

Le Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau est le fruit d’un effort commun déployé par 24 agences* des Nations Unies, en partenariat avec d’autres acteurs impliqués dans la gestion des ressources en eau. Il est produit en leur nom par le Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau des Nations Unies dont le secrétariat est hébergé par l’UNESCO, qui considère les ressources en eau douce comme une grande priorité. Ses 15 chapitres, élaborés par les différentes instances participantes, présentent une analyse approfondie de la situation dans toutes les régions du monde, ainsi que les statistiques, cartes et graphiques les plus récents. Le rapport comporte en outre 17 études de cas et de nombreux exemples de bonnes et de mauvaises pratiques en matière de gouvernance dans le domaine de l’eau.

Le rapport « L’eau, une responsabilité partagée », sera officiellement présenté le 22 mars, Journée mondiale de l’eau, par le Directeur général de l’UNESCO, au nom des Nations Unies, lors du 4e Forum mondial de l’eau qui se tiendra à Mexico.

* Organisation des Nations Unies (ONU) / UNESCO / Programme des Nations Unies pour les établissements humains (UN-Habitat) / Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) / Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) / Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) / Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) / Université des Nations Unies (UNU) / Convention sur la diversité biologique (CBD) / Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) / Stratégie Internationale pour la Prévention des Catastrophes (SIPC) / Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC) / Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) / Agence internationale de l’énergie atomique (IAEA) / Banque mondiale / Fonds international de développement agricole (FIDA) / Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) / Organisation mondiale de la santé (OMS) / Organisation météorologique mondiale (OMM) / Département des affaires économiques et sociales (UNDESA) / Commission économique pour l’Europe (CEE-ONU) / Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) / Commission économique pour l’Afrique (CEA) / Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) / Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO)

Le Rapport « L’eau, une responsabilité partagée », est disponible en ligne pour les médias. Un mot de passe permettant d’y accéder peut être obtenu sur demande.

B-rolls et photos sont disponibles.

Contact : Ariane Bailey, UNESCO, Tél. : +33 1 45 68 16 86, a.bailey@unesco.org

*Nada Osseiran et Gregory Hartl, Organisation mondiale de la santé (OMS), tél. +41 22 791 44 58 & 41 22 791 44 75
*Sharad Shankardass, Programme des Nations Unies pour les établissements humains (UN-Habitat), tél. : +254 20 762 3153, habitat.press@unhabitat.org
*Nick Nuttall, Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), tél. : +254 20 623084, mobile au Kenya : 254 (0) 733 632755, nick.nuttall@unep.org
*Mark Oliver, Organisation météorologique mondiale (OMM), tél. +41 22 730 84 17
*John Riddle, (FAO), tél. +39 06 57 05 32 59 + mobile + 39 34 82 57 29 21, john.riddle@fao.org@
*Claire Hajaj, UNICEF, tél. +1 212 326 75 66, chajaj@unicef.org
*Marisol Sanjines, Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), tél. +1 212 906 67 63 / +1 646 201 80 36, marisol.sanjines@undp.org
*Niamh Collier-Smith, Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), tél. +1 212 906 61 11 , niamh.collier@undp.org
*Renata Sivacolundhu, Département de l’information du public des Nations Unies, tél. +1 212 963 29 32, sivacolundhu@un.org

Le deuxième Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau
peut également faire l’objet d’une commande auprès des Éditions UNESCO, tél : +33 (0)1 45 68 46 87.

Photo N° 1 : © UNESCO/Zevaco
Photo N° 2 : © UNESCO/Kenji Saitoh
Photo N° 3 : © UNESCO/Dominique Roger
Photo N° 4 : © UNESCO/Bruno Cottacorda

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Plus d'information sur le Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau des Nations Unies
Table des matières du rapport
Brochure du rapport
Résumé du rapport

Source Communiqué de presse N°2006-14
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 32057 | guest (Lire) Mise à jour: 03-04-2006 3:40 pm | © 2003 - UNESCO - Contact