Accueil - Services Média
UNESCOPRESSE
Communiqués de presse
Avis aux médias
A voir
Photobanque
Calendrier des événements
Relations presse

Porte-parole du DG
Flash Info
Courrier de l'UNESCO
Evénements culturels
Publications UNESCO
Services d' information
Documents UNESCO
Nations Unies
- Centre de nouvelles ONU
- Sites web du système

Version imprimable
Les médias peuvent utiliser et reproduire librement les materiaux publiés sous le nom UNESCOPRESSE

UNESCO
UNESCOPRESSE
7, Place de Fontenoy
75352 PARIS 07 SP, France

 

Contribuer au débat démocratique.  
Plus nécessaire que jamais : l’UNESCO fête ses 60 ans

16-11-2005 5:30 pm « Ce que nous célébrons aujourd’hui n’est pas tant le souvenir d’un événement passé que la fierté d’une présence audacieuse face aux enjeux du temps présent », a déclaré le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, en accueillant les quelque 1000 personnes qui ont assisté aujourd’hui à la célébration du soixantième anniversaire de l’Organisation. Viktor Iouchtchenko, Président de l’Ukraine, Philippe Douste-Blazy, ministre français des Affaires étrangères, Claude Levi-Strauss, anthropologue français, Federico Mayor et Amadou-Mahtar M’Bow, anciens directeurs généraux de l’UNESCO, ont pris la parole lors de la cérémonie à laquelle ont participé également le Président de la Conférence générale, Musa Bin Jaafar Bin Hassan (Oman) et le Président du Conseil exécutif, Zhang Xinsheng (Chine).

L’UNESCO d’aujourd’hui, estime Koïchiro Matsuura, doit « être en éveil sur tous les fronts, de la défense des droits de l’homme à la sauvegarde du patrimoine commun de l’humanité, de la diffusion d’une éducation de qualité pour tous à la promotion d’un développement durable, respectueux des êtres et de la biosphère, de l’examen si délicat des questions de bioéthique à la dénonciation des discriminations faites aux femmes… »

« L’expérience intellectuelle de cette Organisation a permis de résoudre les problèmes les plus complexes », a déclaré Viktor Iouchtchenko, pour qui « la préservation du patrimoine moral de l’humanité » doit être une des tâches principales de l’UNESCO. « Cela concerne en particulier l’édification de valeurs communes acceptables pour tous […] La reconnaissance mondiale du concept de diversité culturelle est un exemple éloquent de cette approche », a-t-il dit.

Le Président Iouchtchenko a souligné l’importance d’un « dialogue humain permanent » qui tient compte « des spécificités des traditions sociales, culturelles et morales de l’humanité ». Il a poursuivi : « L’UNESCO doit disposer d’instruments d’influence efficaces, afin de prévenir l’intolérance interethnique ou religieuse, l’application inhumaine des progrès technologiques ou la destruction de sites du patrimoine culturel ».

Philippe Douste-Blazy a, pour sa part estimé qu’un des principaux défis auxquels l’Organisation doit faire face est l’Education pour tous, qu’il considère comme « la clé du développement et un rempart essentiel contre toutes les intolérances et les inégalités ». Il a également mis l’accent sur les sciences de la vie : « Face aux dérives de la ‘science sans conscience’ auxquelles nous expose le développement exponentiel des technologies du vivant, l’UNESCO doit veiller plus que jamais au respect à la dignité humaine ». Enfin, le ministre s’est attardé sur la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. « Dans l’histoire de l’UNESCO, aucun texte normatif n’a suscité à ce jour autant d’intérêt et d’enthousiasme » a-t-il dit, avant d’ajouter que la France s’applique à ratifier la Convention dans les meilleurs délais.

Dans son intervention, Claude Levi-Strauss a évoqué « les raisons profondes pour lesquelles un ethnologue pouvait se sentir, dans des domaines en apparence très divers, de connivence avec les missions imparties à l’UNESCO », en s’attardant sur les notions de civilisation, condition humaine, diversité culturelle, biodiversité et race.

« Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, sous le coup de l’horreur qu’inspiraient les doctrines racistes et leur mise en pratique par le massacre de populations entières et les camps d’extermination, il était normal que l’UNESCO considérât comme sa tâche la plus urgente la critique scientifique et la condamnation morale de la notion de race », a-t-il dit. Depuis 1951, l’UNESCO a élaboré plusieurs déclarations sur les races, en opérant des rajustements. « Tâche d’autant plus nécessaire qu’inquiètent certaines publications récentes dues à des biologistes qui tentent de redonner un statut à la notion de race, fût-ce dans des acceptions différentes de celles qu’elle put avoir dans le passé, mais qui restent néanmoins délicates à manier », a précisé l’auteur de Race et histoire (Paris, Unesco, 1952).

En s’exprimant sur le thème « L’UNESCO : les ambitions du développement à l’épreuve », Amadou-Mahtar M’Bow (Sénégal), Directeur général de l’UNESCO de 1974 à 1987, a retracé les moments clé de l’histoire de l’Organisation. « Toute l’activité de l’UNESCO contribue d’une manière ou d’une autre au développement. La paix sociale, comme la paix entre les nations sont elles-mêmes tributaires dans une large mesure du développement », a-t-il dit, avant de préciser qu’il « est artificiel, dans la pratique de l’UNESCO, de séparer activité intellectuelle, action normative et activité opérationnelle ».

Federico Mayor (Espagne), Directeur général de l’UNESCO de 1987 à 1999, a souligné l’importante contribution de l’UNESCO dans la mise en place de standards universels dans ses domaines de compétence. « En 1995 [ …] l’UNESCO a adopté l’un des documents les plus précieux de son histoire : la Déclaration sur la tolérance que l’on devrait aujourd’hui lire et relire dans les établissements éducatifs, les parlements, les conseils municipaux pour que les cultures soient porteuses de cohésion et non de discorde », a-t-il dit, avant de mettre l’accent sur les textes sur le génome humain et la diversité culturelle « qui constituent également des points de repère et des gardes-fous éthiques de l’UNESCO et du système de Nations Unies dans son ensemble ».

Koïchiro Matsuura a remis une médaille frappée à l’occasion du soixantième anniversaire de l’Organisation à Claude Levi-Strauss, Federico Mayor et Amadou-Mahtar M’Bow.

La cérémonie a été suivie de l’inauguration du colloque international « 60 ans d’histoire de l’UNESCO » qui réunira, jusqu’au 18 novembre, plus de 60 historiens, anthropologues et philosophes*.


*Programme



Source Communiqué de presse N°2005-137
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 30869 | guest (Lire) Mise à jour: 16-11-2005 5:37 pm | © 2003 - UNESCO - Contact