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Naître pour guérir un frère ou une soeur
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© Dessin Christian Roux
Mis au monde pour sauver un membre de la famille, les « bébés médicaments » soulèvent de nombreux problèmes éthiques.
Ian*, six ans, souffre d’une maladie sanguine très grave. Pour le sauver, ses parents, originaires de Leeds (Royaume-Uni), n’avaient qu’une solution : concevoir un autre enfant porteur des mêmes tissus cellulaires que lui ; les tissus étant prélevés à la naissance sur le cordon ombilical, ou plus tard dans la moelle osseuse. La mère de Ian est tombée une première fois enceinte, mais le foetus était porteur de la même maladie. Elle ne l’a pas gardé. Le deuxième enfant est né, mais ses tissus étaient incompatibles avec ceux de Ian.

Pour éviter les hasards de la génétique, il est désormais possible de sélectionner l’embryon du « bébé-médicament » qui pourrait sauver Ian. Dès 2001, la Human Fertility and Embriology Authority (HFEA), l’instance gouvernementale qui supervise les cliniques pratiquant la fécondation in vitro, a autorisé un diagnostic préimplantatoire. Une association, Comment on Reproductive Ethics (Core), a aussitôt saisi la justice. Après plusieurs rebondissements, la plus haute juridiction britannique, les Law Lords, a finalement confirmé la décision de la HFEA en avril 2005.

Core ne décolère pas. « Nous pensons qu’il est fondamentalement mauvais de concevoir un enfant pour le compte d’un autre, quelle que soit la gravité de sa maladie », explique sa directrice et fondatrice, Josephine Quintavalle, qui craint « la création de bébés du bon sexe ou de la bonne couleur de cheveux ».

« L’utilisation d’une telle technologie est moralement justifiée lorsqu’elle est strictement régulée », répond de son côté le médecin qui a suivi le petit Ian. La HFEA rappelle qu’elle accorde chaque autorisation de diagnostic préimplantatoire au cas par cas. Elle rappelle aussi que 80 % des Britanniques sont contre le choix du sexe des bébés sans raison médicale.

* Le prénom a été changé.

Voir aussi :
  • Bioéthique : la tentation de l’enfant parfait
        Le Courrier de l’UNESCO, septembre 1999.
  • Auteur(s): 
    Samir Tounsi
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