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Atmosphère, atmosphère...
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L’augmentation de la température de l’eau menace directement les récifs de corail
© Peter Scoones/Science Photolibrary/Cosmos, Paris
Les océans absorbent une bonne partie des gaz à effets de serre que nous émettons. Mais jusqu’à quand pourront-ils jouer ce rôle de réservoir de carbone ?
Un couple inséparable gère le climat terrestre : l’océan et l’atmosphère. En échangeant sans cesse leurs énergies, ils assurent le transport et la distribution de la chaleur reçue par la terre. Si l’atmosphère semble avoir « oublié » les perturbations qu’elle a subies quinze jours auparavant, l’océan, lui, garde en mémoire les variations climatiques pendant des décennies, voire des siècles.

C’est donc lui qui impose son rythme. « L’effet le plus visible de l’augmentation de la température enregistrée depuis le début de l’ère industrielle est une élévation du niveau de la mer », explique Guy Jacques, écologiste marin et coauteur d’un livre sur le changement climatique1. Depuis la fin du xixe siècle, la température moyenne à la surface de la terre a augmenté d’un peu moins d’un degré. La couche superficielle des océans, jusqu’à une centaine de mètres de profondeur, se réchauffe et se dilate, faisant monter le niveau de l’eau. Le xxe siècle a enregistré une hausse de 1,8 mm par an, qui s’accélère depuis le début des années 1990.

Équilibre chimique

Le paradoxe, c’est que les océans atténuent le réchauffement climatique. En effet, ils absorbent pour une grande part le principal gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone ou CO2. Mais leur capacité de stockage n’est sans doute pas illimitée. « La seule manière de se faire une idée précise du comportement des océans, estime Maria Hood, spécialiste Programme à la COI, est de modéliser ce phénomène. » D’autant que la diminution des concentrations de gaz à effet de serre n’est pas le seul enjeu : l’équilibre chimique de la couche super- ficielle océanique est menacé par l’acidification de l’eau due à la dissolution du dioxyde de carbone. Ce phénomène pourrait provoquer une dégradation des écosystèmes marins. Dans de l’eau plus acide, le corail, le phytoplancton calcaire et les coquillages ont plus de difficultés à sécréter le carbonate qui forme leur squelette. D’ici au milieu du siècle, les récifs de corail, déjà affaiblis par l’augmentation de la température de l’eau, pourraient disparaître plus vite qu’ils ne se reconstituent. Or ils représentent l’un des écosystèmes les plus riches dont dépendent beaucoup d’hommes.


1.Le Changement climatique, G. Jacques et H. Le Treut, Éditions UNESCO (COI Forum Océans), 2004.

Un réseau de données pour l’Afrique

Les institutions marines de vingt-cinq pays africains se sont regroupées dans le Réseau de données et d’informations océaniques pour l’Afrique (ODINAFRICA)1, soutenu par la COI et le gouvernement des Flandres. Conçu pour rendre accessibles les informations océanographiques récentes, ce réseau a développé les infrastructures et les compétences nécessaires pour les archiver et les gérer. C’est ainsi que chaque État membre s’est doté d’un Centre d’information et d’un Centre national de données océaniques.

1. Ocean Data and Information Network for Africa

Voir aussi :
  • Le changement climatique
        Par Guy Jacques et Hervé Le Treut
  • Auteur(s): 
    M.E.
    Europe and North America Latin America and the Caribbean Africa Arab States Asia Pacific