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Numéro spécial

Prévenir la colère de la mer
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© Paolo Pellegrin/Magnum, Paris
Forte de son expérience dans le Pacifique, la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO encourage la mise en place d’un système d’alerte rapide dans l’océan Indien.
Le 23 juillet 2005, Tokyo est secouée par le tremblement de terre le plus fort survenu depuis 1992. Cette fois-ci, comme pour chaque secousse, l’ordinateur du Centre japonais d’alerte aux tsunamis a automatiquement averti les médias japonais. Pendant ce temps, les sismologues déterminaient si le séisme détecté pouvait provoquer un tsunami, cherchant d’abord à localiser son épicentre et à mesurer son intensité à partir des informations envoyées en continu par les deux cents stations sismiques qui surveillent le pays. Si le tremblement de terre est susceptible de provoquer un tsunami, l’ordre d’évacuer est diff usé. Cette fois-ci, cela n’a pas été nécessaire. L’alerte a été annulée.

Au total, toutes ces opérations n’ont pas pris plus de cinq minutes. « Lutter contre les tsunamis est une bataille contre le temps », constate Masahiro Yamamoto, directeur du Centre japonais d’alerte. Et depuis les années 1970, le temps écoulé entre le séisme et l’alerte a été divisé par cinq. Ce n’est pourtant pas encore assez pour les tsunamis aussi rapides que celui d’Hokkaïdo en 1993, dont la vague de 30 mètres de haut a déferlé trois minutes après le séisme.

Sauver des vies

De l’avis des experts, si un tel système avait existé dans les pays touchés par le tsunami qui a frappé l’Asie en décembre 2004, de nombreuses vies auraient pu être épargnées. C’est la raison pour laquelle la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO prône la mise en place d’un Système d’alerte aux tsunamis dans l’océan Indien.

En attendant, un système d’alerte provisoire a été mis en place dans la région. Les informations sont fournies par les Centres d’alerte aux tsunamis du Pacifi que et du Japon aux 25 centres d’information établis par les États membres de l’océan Indien. Le temps d’alerte diminuera grâce à vingt-trois stations de mesure du niveau de la mer en temps réel, modernisées par la COI. Il est aujourd’hui d’une heure, ce qui aurait été suffi sant pour le Sri Lanka touché deux heures après le séisme, mais pas pour l’Indonésie.

Chaque pays réfléchit à la manière d’alerter sa population : des sirènes aux messages adressés aux médias en passant par les patrouilles de police ou même l’utilisation des minarets en Indonésie et en Malaisie. Le système devrait être pleinement opérationnel d’ici 2007, mais il reste encore beaucoup à faire. Même si un pays comme la Thaïlande a commencé des exercices d’évacuation de complexes touristiques, l’éducation des populations reste largement à entreprendre. Il faut également évaluer les zones exposées pour prévoir des plans d’évacuations adaptés et organiser l’aménagement des zones côtières. Après l’océan Indien, la COI a résolu de mettre en place des organes du même type pour la mer des Caraïbes, l’Atlantique Nord-Est et la Méditerranée.

Voir aussi :
  • Tremblement de terre et tsunami dans l'océan Indien
  • Auteur(s): 
    M.E.
    Europe and North America Latin America and the Caribbean Africa Arab States Asia Pacific