UNESCO: United Nations Educational Scientific and Cultural Organization

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Classes bondées, niveau menacé
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Classe de primaire en République centrafricaine.
© UNESCO/S. Schwarz
Confrontés à l’inflation des élèves, les enseignants n’ont d’autre choix que d’adapter leurs méthodes.
« Beaucoup d’enseignants ne le sont que sur le papier », constate George Haddad, directeur de la Division de l’enseignement supérieur à l’UNESCO. Avec une demande d’enseignants qui s’envole, certains pays sont en eff et tentés de rogner sur les années de formation.

L’UNESCO entend redresser la barre en s’attelant vigoureusement à l’amélioration de la formation des enseignants en Afrique subsaharienne.

« Si l’on veut corriger la qualité de l’éducation, il faut commencer par réformer le mode de formation des professeurs. C’est la clé du changement dans l’enseignement primaire », estime Virgilio Juvane, du Secrétariat du Commonwealth, qui se penche avec l’UNESCO sur l’épineuse question de la formation dans les pays africains anglophones et francophones.

« Il y a peu de chances que la surpopulation des classes se résorbe dans les quinze années à venir. Il semble donc plus réaliste d’apprendre aux enseignants les techniques permettant de gérer cette surcharge. » En Namibie et en Ouganda, ainsi que dans plusieurs districts de Tanzanie, les classes multiples où les élèves travaillent en petits groupes séparés se sont avérées un moyen effi cace d’améliorer l’apprentissage au niveau primaire.

Mais il faut d’abord en fi nir avec le modèle du professeur qui dispense son savoir, pour évoluer vers un enseignement plus adapté aux besoins de l’enfant. Dix-sept pays* ont donc été choisis dans un premier temps, indique Georges Haddad; ils bénéfi cieront d’une aide pour préparer un plan d’action national de refonte de la formation. L’An- gola, le Niger, la Zambie et l’Éthiopie ouvrent la voie. Trente autres pays suivront d’ici cinq ans.

Formation continue

Avec une scolarisation qui s’emballe et des classes pleines à craquer, les enseignants ont besoin d’être soutenus et encadrés. Aussi la Zambie a-t-elle ouvert un centre de documentation dans chaque zone de la carte scolaire, où les professeurs peuvent mettre à jour et rafraîchir leurs connaissances.

Pour les formations continues, le Mozambique et la Tanzanie ont recours à l’éducation à distance, via la radio, la télévision ou la vidéo. Des dispositifs peu coûteux, renforcés par une équipe de tuteurs et de formateurs apportent l’encadrement nécessaire.

La formation des personnels administratifs fait aussi partie de l’amélioration de la qualité dans l’enseignement secondaire : « Si la formation des enseignants n’est pas soutenue par les chefs d’établissement, elle ne sera d’aucun profit pour la qualité de l’enseignement, » rappelle Sonia Bahri, chef de section pour l’enseignement secondaire général à l’UNESCO.

De son côté, l’Institut international de l’UNESCO pour le renforcement des capacités en Afrique d’Addis-Abeba propose des programmes aux personnels d’encadrement. Des ateliers ont déjà été organisés en République démocratique du Congo et dans d’autres pays.

* Angola, Burkina Faso, Burundi, Cap-Vert, Congo, Éthiopie, Ghana, Guinée, Madagascar, Niger, Nigéria, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Sierra Leone, Tanzanie, Tchad et Zambie.

Voir aussi :
  • Recherche profs désespérément
        L'Education aujourd'hui. Janvier-mars 2005.
  • L'UNESCO et les enseignants
  • Auteur(s): 
    Yojana Sharma
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