UNESCO: United Nations Educational Scientific and Cultural Organization

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Numéro spécial

Un passeport pour l'avenir
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À Netangula, au Mozambique, les élèves participent à la construction de leur école
© Sean Sprague/Panos Pictures, Londres
En matière de développement, l’année écoulée est à marquer d’une pierre blanche : le G8, le groupe des huit pays les plus industrialisés, a promis une enveloppe de 50 milliards de dollars d’aide supplémentaire à l’Afrique. Dans la foulée, les membres de l’Union européenne se sont engagés à verser 0,7 % de leur PNB dès 2015. C’est une bouff ée d’oxygène, mais le budget de 1,16 milliard de dollars alloué à l’éducation de base demeure bien en deçà des 5,6 milliards nécessaires pour réaliser l’universalisation de l’éducation primaire et instaurer la parité entre les sexes. Peter Smith, Sous-Directeur général de l’UNESCO pour l’éducation, n’est pas satisfait : « J’attends un engagement plus fort de la part des donateurs. »
Nouveaux défis

Mais, il en convient, les pays en développement doivent aussi accepter d’augmenter leurs dépenses ou les donateurs se lasseront : « Ils se demanderont à juste titre : “Pourquoi investir dans un domaine s’il est délaissé par les principaux intéressés ?” »

Au niveau mondial, seuls 47 des 163 pays où les chiff res existent, sont parvenus en 2002 à l’éducation primaire universelle, laissant de côté 100 millions d’enfants non scolarisés. Certes, les pays semblent de plus en plus résolus à préparer les plans d’action nationaux pour élargir l’off re éducative. Mais d’autres problèmes se posent. Celui de la qualité par exemple. Ainsi, en Zambie et en Ouganda, où les frais de scolarité ont été supprimés, les écoles accueillant plus de cent voire deux cents élèves par classe, sont aujourd’hui monnaie courante. Dans ce contexte, intégrer les plus mal lotis (les fi lles, les orphelins du sida, les handicapés et les enfants de la rue) ne va pas de soi.

Pour faire face à cette situation, une des pistes consiste à compléter l’Initiative de mise en oeuvre accélérée de la Banque mondiale, conçue pour canaliser l’aide multilatérale vers les pays qui proposent des plans crédibles de développement de leur éducation. L’idée est de débloquer plus de crédits et d’encourager pays donateurs et pays en développement à aller de l’avant. En espérant obtenir également l’appui des responsables politiques pour encourager le secteur privé à investir dans les infrastructures éducatives.

Pour Peter Smith, l’UNESCO a un rôle clé à jouer, non seulement en tant qu’organisatrice, mais aussi comme instigatrice de nouvelles façons de penser. Il faudra en eff et inciter les pays à faire preuve d’imagination s’ils veulent pallier la pénurie d’enseignants qualifi és sans reproduire les modèles coûteux du passé : « Notre rôle consiste à présenter aux gens les meilleures pratiques existantes et les idées nouvelles qui ont fait leurs preuves, conclutil, et à leur procurer des ressources effi caces. À eux ensuite de décider de la marche à suivre.

État des lieux

  • 100 millions d’enfants ne sont pas scolarisés dans le monde.
  • La parité entre les sexes est atteinte dans deux tiers des pays pour le niveau primaire, dans 40 % des pays pour le niveau secondaire et dans 3 % pour le tertiaire.
  • Pour réaliser les objectifs d’éducation primaire universelle et de parité entre les sexes, il faudrait aff ecter 5,6 milliards de dollars à l’éducation de base.
  • Le monde compte 771 millions d’adultes analphabètes. Le taux d’alphabétisation des adultes devrait grimper à 86 % d’ici 2015.

    Source : Rapport mondial de suivi de l’EPT 2006

  • Voir aussi :
  • Le Rapport mondial de suivi de l'EPT 2005
  • Le site de l'Education pour tous
  • Auteur(s): 
    Brendan O’Malley: Chef du service international de l’hebdomadaire britannique The Times Educational Supplement
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