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Terrorisme et médias - Célébration à Manille le 3 mai de la Journée mondiale de la liberté de la presse

28-04-2002 10:00 pm Paris - Les professionnels des médias, et les médias en général, ont payé un lourd tribut au terrorisme au cours des dernières années. En Algérie, dans les Balkans, en Colombie, en Espagne, aux Philippines et ailleurs, on a réduit au silence des dizainesde journalistes en les menaçant, les enlevant ou les assassinant.

Mais une autre préoccupation associant médias et terrorisme attire depuis peu l'attention : les mesures adoptées depuis le 11 septembre 2001 pour combattre le terrorisme ne représentent-elles pas une nouvelle menace contre la liberté de la presse ?

" Terrorisme et médias " est le thème de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée partout dans le monde le 3 mai.

A cette occasion, la Présidente des Philippines, Gloria Macapagal Arroyo, et le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, présenteront une plaque à la mémoire du reporter du Wall Street Journal, Daniel Pearl, dont l'assassinat en février de cette année a choqué la planète, attirant en même temps l'attention sur les dangers encourus par les journalistes enquêtant sur leterrorisme international.

Le nombre de professionnels des médias tués dans des zones de conflit ou victimes d'assassinats individuels reste très élevé. Certains sont pris sous des tirs croisés ou touchés par des explosions de mines. Mais la plupart sont tués délibérément, alors qu'ils se sont identifiés comme journalistes, d'après l'organisation non gouvernementale française Reporters sans frontières (RSF).

Alors que beaucoup de journalistes sont tués par des militaires ou par la police, une part croissante des victimes tombe sous les coups d'autres protagonistes : les séparatistes basques d'ETA, les fondamentalistes armés en Algérie, des groupes de guérilleros ou de paramilitaires en Colombie, des bandes rebelles au Sierra Leone, etc.

D'après RSF, 176 des 243 journalistes tués dans des zones de conflit entre 1992 et 2001 (*), ont été assassinés. Et 95 % des attaques perpétrées dans le monde contre des journalistes demeurent impunies, selon Abdul Waheed Khan, Sous-Directeur général de l'UNESCO pour la communication et l'information.

Les événements du 11 septembre et la guerre contre le terrorisme ont donné naissance à de nouvelles inquiétudes pour la liberté de la presse. Diverses mesures législatives ou autres, annoncées, proposées ou adoptées - entre autres - en Australie, au Canada, à Chypre, aux Etats-Unis, en France, en Inde, en Jordanie, au Royaume-Uni, en Ouganda, au Zimbabwe et par l'Union européenne, ont été critiquées pour leurs répercussions négatives sur le travail des médias.


Dans certains cas, le climat d'insécurité engendré par le 11 septembre et par la guerre contre le terrorisme qui a suivi a fourni aux gouvernements une occasion de prendre des mesures plus restrictives méditées depuis longtemps.

Certaines mesures, prises ou envisagées, limitent " le droit de savoir " : des administrations retiennent des informations qui étaient jusque-là accessibles au public. D'après la Colombia Journalism Review, les règles de reportage de guerre édictées par le Pentagone " n'ont jamais été aussi dures que pendant la campagne en Afghanistan ".

Des mesures ont également été prises pour augmenter les contrôles sur Internet, y compris des restrictions concernant l'utilisation par des particuliers - ainsi que par des organisations de défense des droits de l'homme et des médias - de techniques de cryptage visant à protéger leur correspondance électronique. D'autres mesures visent à faciliter les écoutes téléphoniques décidées par les autorités.

Mais les obstacles à la liberté de la presse ne se limitent pas aux mesures législatives ou autres. D'après l'organisation britannique de défense de la liberté de la presse Article 19, " des officiels ont pris des mesures qui limitent directement la liberté d'expression et d'information ou qui ont un effet indirect négatif pour la liberté d'expression ".

Les appels au patriotisme peuvent être utilisés pour museler les médias indépendants, en dissuadant les journalistes de mettre en cause des décisions ou politiques gouvernementales. Aux Etats-Unis, d'après la Fédération internationale des journalistes, on attendait de certains d'être " d'abord patriotes, ensuite journalistes ".

La propagande et la désinformation, des pratiques courantes en temps de guerre, réduisent encore plus la capacité des médias à rendre compte de façon correcte et précise.

L'autocensure est particulièrement dommageable pour la capacité des reporters à rechercher et à publier des informations. Dans certains cas, elle est entretenue par la peur de choquer l'opinion (ou leurs employeurs) ; dans d'autres cas, par la peur de représailles violentes.

Dans une intervention qui sera présentée à la conférence de l'UNESCO (1 et 2 mai, Manille) sur Terrorisme et Médias, Jean-Paul Marthoz, Directeur pour l'Europe de l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch (*) dit que la guerre contre le terrorisme constitue un test pour le journalisme : " Contrairement aux affirmations péremptoires des historiens révisionnistes du journalisme en temps de guerre, la liberté de la presse et la liberté d'expression sont un atout et non un fardeau lors des situations d'urgence. Le mensonge et l'autocensure, comme l'histoire des guerres du Vietnam ou d'Algérie le démontre avec éloquence, sont le plus souvent de mauvaises conseillères et contribuent aux désastres nationaux que l'on prétend éviter. En fait, comme il sied à un capitaine de navire, la liberté de la presse dans une démocratie ne devrait pas être jugée lorsque la mer est calme, mais bien au milieu de la tempête, lorsque les repaires disparaissent et que l'angoisse règne ".

Ces questions, ainsi que la nécessité d'assurer la sécurité des reporters de guerre, fourniront la matière de la conférence qui se tiendra les 1er et 2 mai au Westin Philippine Plaza (Manille),en prélude à la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse. La conférence se consacrera surtout à l'impact du terrorisme sur les médias partout dans le monde. Parmi les thèmes qui seront abordés, on peut citer : les événements du 11 septembre et leurs répercussions sur la liberté de la presse ; Couvrir le terrorisme ; Sécurité des journalistes.

Des journalistes du monde entier dont le travail quotidien les exposent aux dangers du terrorisme et de la violence participeront à la conférence, de même que des représentants des grandes organisations internationales des professionnels des médias et des organisations non gouvernementales des droits civiques, dont Human Rights Watch, la Fédération internationale des journalistes, le Comité mondial pour la liberté de la presse, le Comité pour la protection des journalistes, Reporters sans frontières et l'Association mondiale des journaux.

La conférence et la célébration, le 3 mai, de la Journée mondiale de la liberté de la presse mettront l'accent sur l'importance de l'indépendance des médias. Le combat pour la liberté de la presse sera salué le 3 mai partout dans le monde alors qu'un hommage spécial sera rendu à Geoffrey Nyarota, directeur du seul journal indépendant du Zimbabwe, le DailyNews, qui recevra à Manille le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano.

***

(*) Le texte de RSF et les autres interventions préparées pour la Conférence de Manille, sont disponibles sur internet (www.unesco.org/press-freedom-day/). On y trouve aussi des études de cas sur la Colombie, les Philippines, les provinces basques espagnoles et la Tchétchénie, ainsi qu'une contribution sur la sécurité des journalistes travaillant dans les zones de conflit.

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Contacts presse à Paris: Roni Amelan, tél. (+33 1) 45 68 16 50 ou Isabelle Le Fournis, tél. (+33 1) 45 68 17 48

Bureau de l'information du public de l'UNESCO
Et, du 30 avril au 4 mai, à Manille: (632) 551-5555


Site web : journée de la liberté de la presse



Source Communiqué de presse N°2002-24
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 2960 | guest (Lire) Mise à jour: 15-11-2002 4:23 pm | © 2003 - UNESCO - Contact