Accueil - Services Média
UNESCOPRESSE
Communiqués de presse
Avis aux médias
A voir
Photobanque
Calendrier des événements
Relations presse

Porte-parole du DG
Flash Info
Courrier de l'UNESCO
Evénements culturels
Publications UNESCO
Services d' information
Documents UNESCO
Nations Unies
- Centre de nouvelles ONU
- Sites web du système

Version imprimable
Les médias peuvent utiliser et reproduire librement les materiaux publiés sous le nom UNESCOPRESSE

UNESCO
UNESCOPRESSE
7, Place de Fontenoy
75352 PARIS 07 SP, France

 

Contribuer au débat démocratique.  
Année des Nations Unies pour le patrimoine culturel: priorité à la réconciliation et au développement

02-04-2002 10:00 pm Paris - De Bamiyan à Jérusalem en passant par Sarajevo, le patrimoine culturel a souvent été, au cours des dernières années, une cible de guerre ou l'enjeu de conflits politiques, ethniques et religieux. Mais une fois la paix revenue, la réhabilitation et la mise en valeur de ces sites à forte charge symbolique, tout comme celle d'espaces culturels ou formes d'expression culturelle appartenant au patrimoine immatériel, peut parfois contribuer à renforcerle processus de réconciliation nationale et permettre aux populations locales de retrouver une activité économique. Consciente de ces réalités, l'UNESCO poursuit son action opérationnelle et normative afin de protéger le patrimoine culturel, et appelle les Etats à ratifier en plus grand nombre les conventions internationales dans ce domaine.

Pour l'année 2002, proclamée Année des Nations Unies pour le patrimoine culturel, c'est autour des thèmes de la réconciliation et du développement que l'UNESCO a décidé d'axer son action, qui sera présentée aujourd'hui au siège de l'ONU, à New York, par le Sous-Directeur général de l'UNESCO pour la culture, Mounir Bouchenaki. Dans son message pour l'Année, le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, souligne : " Le grand défi lancé à l'UNESCO, désignée chef de file de cette Année par les Nations Unies, est de faire prendre conscience aux pouvoirs publics, au secteur privé, à la société civile dans son ensemble, que le patrimoine culturel est non seulementun instrument de paix et de réconciliation, mais aussi un facteur de développement ".

Il y a un peu plus d'un an, en Afghanistan, la spectaculaire destruction par les talibans de deux bouddhas géants, vieux de 15 siècles, a fortement marqué les esprits, au point de devenir le symbole des "crimes contre la culture". Mais récemment, les actes de vandalisme culturel n'ont hélas pas épargné d'autres régions du monde. Au Kosovo, le patrimoine islamique a gravement souffert des opérations de "purification ethnique" menées en 1998-1999. De même, pendant la guerre qui a ravagé l'ex-Yougoslavie entre 1991 et 1999, les emblèmes culturels ont été délibérément pris pour cible.

Mais une fois que les armes se sont tues, la reconstruction de certains monuments peut contribuer à réapprendre la coexistence pacifique aux parties adverses. En Bosnie, la destruction systématique du patrimoine culturel répondait au désir d'éliminer toute trace d'un passé commun aux diverses communautés. Aujourd'hui, l'UNESCO coordonneavec la Banque mondiale le travail d'équipes multiculturelles en vue de reconstruire le pont de Mostar, par exemple. Ce projet de 15 millions de dollars est financé par divers bailleurs de fonds internationaux, par la municipalité de Mostar mais aussi par la Croatie. Dans un pays o? les rancunes sont loin d'être oubliées, des ouvriers croates et bosniaques travaillent côte à côte, dans une ambiance relativement détendue, et réapprennent à se connaître.


Au Cambodge, o? Angkor a toujours porté un rêved'unité, l'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1992 a accompagné le début du processus de réconciliation nationale. Actuellement, la fréquentation touristique du site croît de manière exponentielle : le nombre de touristes étrangers est passé de 7 638 en 1993 à 239 091 en 2001. La seule billetterie a généré plus de cinq millions de dollars en 2000 et la région devient un pôle d'activité économique attractif et dynamique. Des dizaines de milliers d'emplois ont été créés dans le secteur du tourisme et dans celui de la restauration ou de la maintenance des monuments. Grâce à une forte mobilisation internationale coordonnée par l'UNESCO, une centaine de projets de développement sont financés chaque année à hauteur de cinq millions de dollars.

Consciente des obstacles qui empêchent le patrimoine culturel de jouer le rôle fédérateur et économique qui devrait être le sien, l'UNESCO travaille à sa préservation depuis 50 ans. Son action normative a débouché sur la naissance deplusieurs instruments internationaux. Dès 1954, l'organisation adopte la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (dite Convention de La Haye). Ratifié par 101 Etats, ce texte a été augmenté de deux protocoles : le premier(1954), qui porte sur les biens meubles, a été ratifié par 83 Etats. Le second (1999) prévoit une immunité pour " le patrimoine culturel qui revêt la plus haute importance pour l'humanité " mais n'a encore été ratifié que par 10 Etats. Dix autres ratifications sont nécessaires pour qu'il puisse entrer en vigueur.

En 1970, la Convention concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels vise à lutter contre le pillage et le trafic de ces biens. Elle compte aujourd'hui 92 Etats parties. L'UNESCO s'est fixé comme objectif de porter ce nombre à 100 avant la fin de l'Année internationale des Nations Unies pour le patrimoine culturel. Plusieurs Etats clés pour le marché international de l'art, comme la Suisse, le Royaume-Uni, le Japon ou la Belgique, s'apprêtent à ratifier la convention. L'UNESCO a par ailleurs joué un rôle moteur dans l'adoption en 1995 de la Convention UNIDROIT sur les biens culturels volés ou illicitement exportés, qui vise à l'harmonisation du droit privé dans ses Etats parties aujourd'hui au nombre de 15.

Troisième élément fondamental, la Convention du patrimoine mondial de 1972 est la plus populaire et la plus célèbre du corpus de textes juridiques concernant le patrimoine. Fournissant le cadre de l'action en faveur des sites culturels et naturels les plus remarquables, elle affiche 167 Etats parties. La Liste du patrimoine mondial qui en découle compte à ce jour 721 sites, dont 544 culturels, 144 naturels et 23 dits mixtes, répartis dans 124 pays (*). Elle est complétée par une liste du patrimoine mondial en péril, qui compte 31 sites menacés (**). La convention de 1972 fêtera bientôt ses 30 ans à l'occasion d'un congrès international, qui se tiendra à Venise du 14 au 16 novembre 2002.

Pour compléter le dispositif, l'UNESCO a adopté, en novembre 2001, la Convention pour le patrimoine culturel subaquatique. Ce texte vise avant tout à protéger les épaves, éléments clés pour la compréhension de notre Histoire et, notamment, de l'évolution des voies commerciales. Il entrera en vigueur trois mois après avoir été ratifié par 20 Etats.


Et l'UNESCO a mis en chantier une autre convention, visant cette fois à protéger le patrimoine oralet immatériel : les processus de création des savoirs et des savoir-faire, les langues, les arts du spectacle, la musique, les rituels sociaux et religieux, les traditions orales, etc. Cette convention à venir entend répondre aux risques d'appauvrissement de la diversité culturelle et d'uniformisation que représente la déperdition progressive, dans plusieurs régions du monde, de ce patrimoine oral et immatériel. Pour illustrer cet appauvrissement, il suffit de rappeler qu'au cours des trois derniers siècles, des langues se sont éteintes ou ont disparu dans des proportions dramatiques et à un rythme sans cesse croissant, en particulier en Amérique et en Australie. Aujourd'hui, au moins 3 000 des 6000 langues de la planète sont menacées, selon l'Atlas des langues en péril dans le monde, récemment publié par l'UNESCO (****).

En prélude à cette future convention - qui marquera un pas supplémentaire dans l'extension de la notion de patrimoine - une première Proclamation des Chefs-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité (***) a eu lieu le 18 mai 2001. Pour certains de ces 19 premiers Chefs-d'œuvre, l'impact de la proclamation a été remarquable, tant en terme de protection que de promotion de ces manifestations d'une culture vivante.

Ainsi, en République dominicaine, suite à la proclamation de la Fraternité du Saint-Esprit des Congos de Villa Mella, organisatrice de cérémonies socio-religieuses liées à la culture afro-américaine, des menaces ont disparu - le projet de route qui allait couper en deux le village de Mata Los Indios, noyau principal de la communauté, a été abandonné - et les activités de La Fraternité du Saint-Esprit ont bénéficié d'un retentissement sans précédent (CDRom, participation à des événements, etc.). Au Bénin o? latradition orale du Gèlèdé a, elle aussi, été mise à l'honneur par l'UNESCO, un budget lui est désormais consacré et une Maison internationale du Gèlèdé va voir le jour. Cette mise en valeur nationale et régionale d'une tradition orale - dans un continento? elles jouent un rôle essentiel - constitue un parfait exemple de défense de la mémoire collective mais aussi de contribution au dialogue et au développement.

Comme le résume le Directeur général de l'UNESCO dans son message : " Le patrimoine culturel d'un peuple est la mémoire de sa culture vivante. Il s'exprime par une multiplicité d'expressions tant matérielles qu'immatérielles. Mais il est aussi multiple dans ses origines. En retraçant sa propre filiation culturelle, en connaissant les influences plurielles qui ont sillonné son histoire et façonné son identité, un peuple est mieux à même de construire des relations pacifiques avec les autres peuples, de poursuivre le dialogue initié souvent depuis les temps immémoriaux, et de forger son propre avenir ". Les mains anonymes afghanes qui ont inscrit sur les murs du musée de Kaboul " Une nation est vivante lorsque sa culture reste vivante " n'ont sans doute pas voulu dire autre chose.

Pour plus d'information, un dossier de presse est disponible au Service de presse de l'UNESCO, tél. : 01 45 68 17 48

Le texte intégral du message du Directeur général est accessible à l'adresse : http://www.unesco.org/culture/unych/fdgmessage.htm


Site Web : World Heritage Centre
Site Web : World Heritage List In Danger
Site Web : Masterpieces of the Oral and Intangible Heritage of Humanity - Proclamation - 18 May 2001
Site Web : Atlas of the World's Languages in Danger of Disappearing, UNESCO Publishing

Source Communiqué de presse N°2002-18
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 2939 | guest (Lire) Mise à jour: 15-11-2002 4:44 pm | © 2003 - UNESCO - Contact