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Mostar, Macao et des vestiges bibliques en Israël figurent parmi les 17 sites culturels ajoutés à la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO
Contact éditorial : Roni Amelan, à Durban : + 33 (0)6 74 39 84 41 - Email
Contact audiovisuel : Carole Darmouni, tél : 33 (0)1 45 68 17 38 ou + 33 (0)6 18 01 88 82 - Email

15-07-2005 10:45 pm Le Comité du patrimoine mondial, présidé par le Sud-africain Themba Wakashe, Directeur général adjoint pour le Patrimoine et les Archives nationales, a inscrit aujourd’hui 17 sites culturels sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

La Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO compte désormais un total de 812 sites, dont 628 sites culturels, 160 sites naturels et 24 sites mixtes, dans 137 Etats parties. Avec les inscriptions d’aujourd’hui, trois pays font leur entrée dans la Liste du patrimoine : Bahreïn, Bosnie-Herzégovine et République de Moldova. Les sites inscrits durant cette session du Comité comptent trois sites transfrontaliers. Sept extensions ont également été décidées pour des sites déjà inscrits. Un des sites inscrits aujourd’hui - Usines de salpêtre de Humberstone et de Santa Laura (Chili) - a également été inscrit sur la Liste du patrimoine en péril. Les sites inscrits aujourd’hui sur la Liste sont :

Albanie – La ville-musée de Gjirokastra.
La ville historique de Gjirokastra, dans la vallée du Drinos, au sud de l’Albanie, est un exemple rare de ville ottomane bien préservée, construite par de grands propriétaires terriens. Autour de l’ancienne citadelle du XIIIe siècle, la ville affiche ses maisons à tourelles (le kule turc) caractéristiques de la région des Balkans. Gjirokastra offre plusieurs exemples remarquables de ce type de maison qui se cristallisa au XVIIe siècle, mais aussi des exemples plus élaborés datant du début du XIXe siècle. La maison comporte généralement un rez-de-chaussée surélevé, un premier étage utilisé à la saison froide et un deuxième étage servant pour la saison chaude. L’intérieur est orné de riches détails décoratifs et de motifs floraux peints, en particulier dans les espaces réservés à l’accueil des visiteurs. La ville comprend aussi un bazar, ainsi qu’une mosquée du XVIIIe siècle et deux églises de la même époque.

Bahreïn - Site archéologique de Qalaat al-Bahrein.
Qalaat al-Bahrein est un tell typique, c’est-à-dire une colline artificielle créée par plusieurs strates successives d’occupation humaine. La stratigraphie du tell de 300 mètres sur 600 atteste d’une présence humaine constante depuis environ 2300 avant J.-C. jusqu’au XVIe siècle de notre ère. Près d’un quart du site a déjà fait l’objet de fouilles, qui ont révélé des structures de types divers: résidentiel, public, commercial, religieux et militaire. Elles témoignent de l’importance du lieu, un port marchand, à travers les siècles. Au sommet de la colline de 12 mètres de hauteur se trouve un impressionnant fort portugais qui a donné son nom à l’ensemble du site (qal’a signifie fort). Le site est l’ancienne capitale de Dilmun, l’une des plus importantes civilisations antiques de la région. Il contient les plus riches vestiges répertoriés de cette civilisation, dont on n’avait auparavant connaissance qu’à travers les écrits sumériens.

Bélarus - Ensemble architectural, résidentiel et culturel de la famille Radziwill à Nesvizh.
L’ensemble architectural, résidentiel et culturel de la famille Radziwill à Nesvizh se trouve en Bélarus central. De la dynastie Radziwill, qui construisit et conserva cet ensemble
du XVIe siècle à 1939, sont issues certaines des plus importantes personnalités de l’histoire et de la culture de l’Europe. Grâce à leurs efforts, Nesvizh devint un lieu crucial d’influence dans les différents domaines de la culture, des sciences, des arts, de l’artisanat et de l’architecture. Cet ensemble se compose d’un palais et de l’église mausolée du Corpus Christi. Le château est constitué de dix bâtiments mitoyens, qui ont évolué comme un seul et même ensemble architectural autour d’une cour hexagonale. Les palais, ainsi que l’église du Corpus Christi, sont devenus d’importants modèles qui ont marqué le développement de l’architecture dans toute l’Europe centrale et la Russie.

Bélarus, Estonie, Fédération de Russie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Norvège, République de Moldova, Suède, Ukraine - Arc géodésique de Struve.
L’arc de Struve est un réseau de triangulations qui s’étend de Hammerfest en Norvège jusqu’à la mer Noire et traverse 10 pays sur plus de 2820 km. L’arc est formé par les points d’une triangulation réalisée entre 1816 et 1855 par l’astronome Friedrich Georg Wilhelm Struve et représentant la première mesure exacte d’un long segment de méridien. Cette triangulation a contribué à définir et mesurer la taille et la forme exactes de la terre ; elle a joué un rôle essentiel dans le développement des sciences de la terre et l’établissement de cartes topographiques précises. C’est un formidable exemple de collaboration scientifique entre chercheurs de différents pays et de coopération entre des monarques pour une cause scientifique. A l’origine, l’arc était constitué de 258 triangles principaux et de 265 points fixes principaux. Le site inscrit sur la liste comprend 34 des points fixes d’origine, avec différents marquages – trous percés dans la roche, croix en fer, cairns ou obélisques.

Belgique – Complexe maison – ateliers - musée Plantin-Moretus.
Le Musée Plantin-Moretus est une imprimerie et maison d’édition datant de la Renaissance et de l’époque baroque. Situé à Anvers - avec Paris et Venise, l’une des trois villes les plus importantes pour les débuts de l’imprimerie en Europe- , il est étroitement lié à l'histoire de l’invention et de la diffusion de la typographie . Son nom rend hommage au plus grand imprimeur-éditeur de la seconde moitié du XVIe siècle: Christophe Plantin (vers 1520-1589). Outre sa valeur architecturale exceptionnelle, le monument contient une importante collection d’objets témoignant de la vie et du travail dans l’imprimerie et maison d’édition la plus prolifique d’Europe à la fin du XVIe siècle. L’entreprise est restée en activité jusqu’en 1867 et son bâtiment renferme une vaste collection d’anciens équipements d’imprimerie, une grande bibliothèque, de précieuses archives et des oeuvres d’art, notamment un tableau de Rubens.

Bosnie-Herzégovine – Le quartier du vieux pont de la vieille ville de Mostar.
La ville historique de Mostar, nichée dans la profonde vallée de Neretva, est une ancienne ville frontière ottomane qui s’est développée aux XVe et XVIe siècles, et durant la période austro-hongroise des XIXe et XXe siècles. Mostar se caractérise par ses maisons turques anciennes et par le vieux pont, Stari Most, qui lui a valu son nom. Lors des conflits des années 1990, la majeure partie de la ville historique et le vieux pont du célèbre architecte Sinan ont cependant été détruits. Le vieux pont a été reconstruit et de nombreux édifices de la vieille ville ont été restaurés ou rebâtis avec l’aide d’un comité scientifique international mis en place par l’UNESCO. Le quartier du vieux pont, avec ses caractéristiques architecturales (pré-ottomanes, ottomanes de l’est, Méditerranéennes et d’Europe occidentale), est un exemple remarquable d’occupation urbaine multiculturelle. Le pont reconstruit et la vieille ville de Mostar sont un symbole de la coopération internationale et de la coexistence de diverses communautés culturelles, ethniques et religieuses.

Chili – Usines de salpêtre de Humberstone et de Santa Laura.
Les usines de Humberstone et Santa Laura représentent plus de 200 anciens sites d’extraction du salpêtre, où des ouvriers, venus du Chili, du Pérou et de Bolivie, vécurent dans des cités minières et forgèrent une culture pampina commune. Cette culture se manifeste dans la richesse de la langue, la créativité et les liens de solidarité, et surtout dans les luttes pionnières menées par les pampinos pour la justice sociale, luttes dont l’impact fut profond sur l’histoire sociale. Installés dans la Pampa désertique et reculée, l’un des déserts les plus arides du globe, des milliers de pampinos ont vécu et travaillé, à partir de 1880 et pendant plus de soixante ans, dans un environnement hostile pour exploiter le plus grand gisement de salpêtre du monde et produire le nitrate de soude, un engrais qui allait transformer le paysage agricole de l’Amérique du Nord et du Sud, ainsi que celui de l’Europe, tout en procurant de grandes richesses au Chili. A cause de la vulnérabilité des structures et de l’impact d’un tremblement de terre récent, le site a également été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril, afin de faciliter la mobilisation de ressources en faveur de sa conservation.

Chine –Centre historique de Macao.
Macao, riche port marchand d’une grande importance stratégique dans l’essor du commerce international, a été un territoire sous administration portugaise du milieu du XVIe siècle à 1999, date à laquelle elle passa sous souveraineté chinoise. Avec sa voie principale et ses bâtiments - résidentiels, religieux ou publics - portugais et chinois, le centre historique de Macao témoigne de la fusion unique d’influences esthétiques, culturelles, architecturales et technologiques de l’Orient et de l’Occident. Le site inclut également une forteresse et un phare qui est le plus ancien de Chine. Le site témoigne d’une des rencontres les plus anciennes et les plus durables entre la Chine et l’Occident, sur la base d’un commerce international florissant.

Cuba - Centre historique urbain de Cienfuegos.
La ville coloniale de Cienfuegos fut fondée en 1819, à l’époque où l’île était sous domination espagnole, mais elle fut d’abord colonisée par des immigrés d’origine française. Elle devint ensuite un centre de négoce de la canne à sucre, du tabac et du café. L’architecture de cette ville située sur la côte caraïbe, dans la partie centrale du sud de Cuba, au cœur de la zone de culture de la canne à sucre, de la mangue, du tabac et du café, fut d’abord de style néoclassique, puis devint plus éclectique, le paysage urbain conservant néanmoins une harmonie d’ensemble. Parmi les bâtiments les plus intéressants: le palais du gouvernement (Hôtel de Ville), l’école San Lorenzo, l’Evêché, le palais Ferrer, l’ancien Lycée et quelques demeures. Cienfuegos est le premier et l’un des plus remarquables exemples d’ensemble architectural traduisant les nouvelles notions de modernité, d’hygiène et d’ordre en matière d’urbanisme tel qu’il s’est développé en Amérique Latine à partir du XIXe siècle.

Fédération de Russie - Centre historique de la ville de Yaroslavl.
La ville historique de Yaroslavl est située au confluent de la Volga et de la Kotorosl, à quelque 250 km au nord-est de Moscou. A partir du XIe siècle, elle devint un centre de commerce très important. Elle est célèbre pour ses nombreuses églises du XVIIe siècle. Yaroslav est un exemple remarquable du programme de rénovation urbaine ordonné en 1763 par l’impératrice Catherine la Grande pour l’ensemble de la Russie. Tout en conservant certaines de ses structures historiques importantes, la ville fut rénovée dans le style néoclassique suivant un plan directeur urbain en étoile. On trouve également des éléments datant du XVIe siècle dans le monastère Spassky, l’un des plus anciens de la région de la Haute Volga, bâti à l’origine sur le site d’un temple païen à la fin du XIIe siècle, mais reconstruit au fil des siècles.

France - Le Havre, la ville reconstruite par Auguste Perret.
La ville du Havre, au bord de la Manche en Normandie, a été lourdement bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale. La zone détruite a été reconstruite entre 1945 et 1964 d’après le plan d’une équipe dirigée par Auguste Perret. Le site forme le centre administratif, commercial et culturel du Havre. Parmi les nombreuses villes reconstruites, le Havre est exceptionnelle pour son unité et son intégrité, associant un reflet du schéma antérieur de la ville et de ses structures historiques encore existantes aux idées nouvelles en matière d’urbanisme et de technologie de construction. Il s’agit d’un exemple remarquable de l’architecture et l’urbanisme de l’après-guerre, fondé sur l’unité de méthodologie et le recours à la préfabrication, l’utilisation systématique d’une trame modulaire, et l’exploitation novatrice du potentiel du béton.

Iran – Soltaniyeh.
Le mausolée d’Oljeitu fut construit entre 1302 et 1312 dans la ville de Soltaniyeh, capitale des tribus mongoles Ilkhanides. Située dans la province de Zanjan, à quelque 240 km de Téhéran dans le nord-ouest de l’Iran, Soltaniyeh est l’un des exemples les plus saisissants de réalisations architecturales perses et un monument clé dans le développement de l’architecture islamique. Cet édifice de forme octogonale est surmonté d’une coupole majestueuse d’une hauteur de 50 mètres, recouverte de carreaux de faïence turquoise et entourée de huit minarets à la silhouette élancée. Cette structure constitue le plus ancien exemple existant de coupole double en Iran. La décoration de l’intérieur du mausolée est également admirable et des spécialistes tels qu’A.U. Pope ont qualifié ce bâtiment de “précurseur du Taj Mahal.”

Israël – Les tells bibliques – Megiddo, Hazor et Beer Sheba.
Les tells, des tertres préhistoriques de peuplement, sont caractéristiques des plaines de la Méditerranée orientale, notamment du Liban, de la Syrie, d’Israël et de l’est de la Turquie. Sur plus de 200 tells en Israël, Megiddo, Hazor et Beer-Sheba sont représentatifs de ceux qui abritent d’importants vestiges de cités aux liens bibliques. Ces trois tells présentent également quelques-uns des plus beaux exemples de systèmes d’adduction d’eaux souterraines dans le Levant, datant de l’âge du fer, très élaborés et créés pour desservir de denses communautés urbaines. Les traces de leur construction au cours des millénaires reflètent l’existence d’une autorité centralisée, d’une agriculture prospère et du contrôle de routes commerciales importantes.

Israël – La route de l’encens et les villes du désert du Néguev.
Dans le désert du Néguev, les quatre anciennes villes nabatéennes d’Avdat, Haluza, Mamshit et Shivta, ainsi qu’une série de forteresses et de paysages agricoles, jalonnaient la route par laquelle transitaient l’encens et les épices. Tous ces sites constituent un témoignage du commerce extrêmement rentable de l’encens et de la myrrhe, entre le sud de la Péninsule Arabique et la Méditerranée, qui prospéra du IIIe siècle avant J.-C. au IIe siècle après J.- C. Leurs vestiges de systèmes d’irrigation extrêmement perfectionnés, de constructions urbaines, de fortins et de caravansérails témoignent de la façon dont ce désert inhospitalier fut colonisé pour le commerce et l’agriculture.

Italie - Syracuse et la Nécropole rocheuse de Pantalica.
Le site est composé de deux éléments séparés contenant des vestiges exceptionnels remontant aux époques grecque et romaine: la Nécropole de Pantalica compte plus de 5000 tombes taillées dans la roche près de carrières à ciel ouvert et datant pour l’essentiel de la période comprise entre le XIIIe et le VIIe siècle avant J.- C. On y trouve également des vestiges de l’époque byzantine, en particulier les fondations de l’«Anaktoron » (Palais du Prince). L’autre partie du site, l’ancienne Syracuse, inclut le noyau de la première fondation, au VIIIe siècle avant J.-C., avec l’arrivée des premiers colons grecs de Corinthe : Ortygia. Le site de cette ville que Cicéron décrivit comme «la plus grande cité grecque et la plus belle de toutes», contient des vestiges tels que le Temple d’Athéna (Ve siècle avant. J.-C., plus tard transformé en cathédrale), un théâtre grec, un amphithéâtre romain, un fort et encore bien d’autres trésors architecturaux. De nombreux restes archéologiques témoignent de l’histoire tourmentée de la Sicile, des Byzantins jusqu’aux Bourbons, en passant par les Arabo-musulmans, les Normands, Frédéric II de Hohenstaufen (1197 à 1250), les Aragons et le Royaume des Deux-Siciles. La Syracuse historique offre un témoignage unique du développement de la civilisation méditerranéenne sur trois millénaires.

Nigeria – Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo.
La dense forêt sacrée d’Osun, à la périphérie de la ville d’Oshogbo, est l’une des dernières zones de la forêt primaire qui subsiste au sud du Nigeria. Elle est considérée comme la demeure d’Osun, une des divinités du panthéon yoruba. La forêt, sillonnée par la rivière Osun, abrite des sanctuaires, des sculptures et des oeuvres d’art érigés en l’honneur d’Osun et d’autres divinités yorubas. La forêt, désormais considérée par tout le peuple yoruba comme un symbole identitaire, est probablement la dernière forêt sacrée de la culture yoruba. Elle témoigne de la coutume, jadis très répandue, qui consistait à établir des lieux sacrés loin de toute habitation humaine.

Turkménistan - Kunya-Urgench.
Kunya-Urgench est située dans le nord-ouest du Turkménistan, sur la rive Sud de l’Amou Daria. Urgench était la capitale de la région du Khorezm, qui appartenait à l’empire achéménide. La vieille ville inclut une série de monuments datant essentiellement du XIe au XVIe siècles. Ces constructions, qui comprennent une mosquée, les portes d’un caravansérail, des forteresses, des mausolées et un minaret, témoignent des fabuleuses réalisations architecturales et artistiques dont le rayonnement est parvenu jusqu’en Iran et en Afghanistan, et qui plus tard ont influencé l’architecture de l’empire moghol dans l’Inde du XVIe siècle.


Les extensions concernent:

Afrique du Sud –Les sites des hominidés fossiles de Sterkfontein, Swartkrans, Kromdraai et les environs.
C’est sur ce site que le célèbre crâne fossile de Taung - un spécimen de l’espèce Australopithecus africanus – fut découvert en 1924. La vallée de Makapan, elle aussi sur ce site, abrite dans ses nombreuses grottes archéologiques des traces d’occupation et d’évolution humaines remontant à quelque 3,3 millions d’années. L’ensemble de la région contient des éléments essentiels définissant l’origine et l’évolution de l’humanité. Les fossiles trouvés ont permis l’identification de plusieurs spécimens des premiers hominidés, plus particulièrement du Paranthropus, vieux de 2,5 à 4,5 millions d’années, ainsi que des preuves de la domestication du feu il y a 1,8 million à 1 million d’années. Il s’agit d’une extension du site inscrit en 1999.

Allemagne et Royaume-Uni- Frontières de l’Empire romain.
Le site est composé de deux tronçons de la ligne frontière de l’Empire romain à son apogée au IIe siècle apr. J.-C., connue sous le nom de “limes romain”. Ces deux tronçons couvrent une distance de 550 km depuis le nord-ouest de l’Allemagne jusqu’au Danube au sud-est du pays et sont inscrits comme extension du mur d’Hadrien (Royaume-Uni), ajouté à la Liste du patrimoine mondial en 1987. Au total, le limes s’étendait sur 5.000 km depuis la côte Atlantique au nord de la Grande-Bretagne, traversant l’Europe jusqu’à la mer Noire et, de là, jusqu’à la mer Rouge et l’Afrique du Nord, pour revenir à la côte Atlantique. Il s’agit de vestiges de murs bâtis, de fossés, de forts, de forteresses et de tours de guet. Certains éléments de la ligne ont été découverts lors de fouilles, d’autres reconstruits et quelques-uns détruits. Certaines parties n’ont été révélées que par des études sur le terrain. Les vestiges trouvés sur ce site comprennent des restes de remparts, de murs et de fossés, près de 900 tours de guet, 60 forts, et des habitations civiles, où logeaient, entre autres, des commerçants et des artisans qui pourvoyaient aux besoins de l’armée.

Espagne – Les oeuvres d’Antoni Gaudí.
Quatre biens construits par l’architecte Antoni Gaudí (1852–1926), à Barcelone ou à proximité, ont été ajoutés à son Parc Güell, son Palais Güell et sa Casa Mila (Barcelone) inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en 1984. Ils témoignent de la contribution créative exceptionnelle de Gaudí au développement de l’architecture et des techniques de construction à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Ces monuments sont l’expression d’un style à la fois éclectique et très personnel qui s’est donné libre cours non seulement dans l’architecture mais aussi dans l’art des jardins, la sculpture et toutes les formes d’arts décoratifs. Les 4 bâtiments ajoutés à la Liste sont: la Casa Vicens (1883-85) ; le travail de Gaudí sur la façade de la Nativité et la crypte de la cathédrale de la Sagrada Familia (1884-1926) ; la Casa Batlló (1904-06) ; la Crypte de la Colònia Güell (1898-1905).

France - Belgique - Les beffrois de Belgique et de France.
Vingt-trois beffrois, situés dans le nord de la France, et le Beffroi de Gembloux, en Belgique, ont été inscrits en tant que groupe et comme une extension des 32 beffrois belges inscrits en 1999 sous le nom de Beffrois de Flandre et de Wallonie. Construits entre le XIe et le XVIIe siècle, ils illustrent les styles architecturaux Roman, Gothique, Renaissance et Baroque. Ils constituent des symboles hautement significatifs de la conquête des libertés civiques. A une époque où la plupart des villes italiennes, allemandes et anglaises s’attachaient surtout à construire des hôtels de ville, dans une partie de l’Europe nord-occidentale (en France, en Belgique et aux Pays-Bas), l’accent était mis sur l’édification de beffrois. A l’origine, le beffroi était érigé comme signe d’autonomie communale obtenue par charte, et en tant que symbole même des libertés. Par opposition au donjon (symbole des seigneurs) et au clocher (symbole de l’Eglise), le beffroi, troisième tour du paysage urbain, représentait le pouvoir des échevins. Au fil des siècles, il est devenu le symbole de la puissance et de la prospérité des communes.

Inde – Chemins de fer de montagne en Inde.
Le site comprend le Darjeeling Himalayan Railway, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1999, et englobe désormais le Chemin de fer des Nilgiri, une ligne à voie unique d’un mètre d’écartement et de 46 km de long dans l’Etat du Tamil Nadu. Sa construction fut d’abord proposée en 1854, mais étant données les difficultés que présentait ce site montagneux, les travaux ne démarrèrent qu’en 1891 et furent achevés en 1908. Ce chemin de fer, qui part d’une altitude de 326 mètres pour atteindre 2203 mètres et qui est toujours en service, représentait la technologie de pointe de son époque. Il a joué un rôle crucial en facilitant les mouvements de populations et le développement socio-économique de la région durant la période coloniale britannique.

Inde –Parc national de la Vallée des fleurs
Niché très haut dans l’Himalaya occidental, le Parc national de la Vallée des fleurs, en Inde, est célèbre pour ses prairies de fleurs alpines endémiques et sa beauté naturelle exceptionnelle. Cette région extrêmement diverse abrite également des animaux rares et en danger tels que l’ours noir d’Asie, le léopard des neiges, l’ours brun et le bharal. Le paysage vallonné du Parc national de la Vallée des fleurs complète les montagnes sauvages et escarpées du Parc national de Nanda Devi, inscrit en 1988. Ensemble, ils forment une zone de transition unique entre les chaînes de montagnes iconiques du Zanskar et du Grand Himalaya, appréciée des alpinistes et des botanistes depuis plus d’un siècle, et présente dans la mythologie hindoue depuis bien plus longtemps. Avec cette extension, l’intitulé du site devient Nanda Devi et Parc national de la Vallée des fleurs.

Royaume-Uni – Ile de St Kilda
Cet archipel volcanique, qui comprend les îles Hirta, Dun, Soay et Boreray, déjà inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1986 pour ses paysages naturels spectaculaires et sa vie sauvage, est désormais reconnu comme un paysage culturel, ce qui en fait désormais un site mixte. Inhabitée depuis 1930, St Kilda conserve des traces de la présence de l’homme pendant plus de 2 000 ans dans les conditions extrêmes qui sont celles des Hébrides, en particulier des vestiges de structures bâties et de systèmes d’exploitation des terres agricoles, les cleits, ainsi que les traditionnelles maisons en pierre caractéristiques des Highlands. Ils représentent les traces fragiles d’une économie de subsistance basée sur les produits avicoles et agricoles et l’élevage d’ovins.

La 29e session du Comité du patrimoine mondial - qui compte 21 membres – se tient à Durban depuis le 10 juillet. Jeudi, le Comité a ajouté sept nouveaux sites naturels à la Liste du patrimoine mondial, ce qui porte à 160 le nombre total de sites naturels. Mercredi, il avait retiré trois sites de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Le Comité, qui est chargé de la mise en œuvre de la Convention de 1972 sur la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, poursuivra ses travaux jusqu’au 17 juillet. Demain, lors de son examen de l’état de conservation des sites déjà sur la Liste, il peut décider de placer certains d’entre eux sur la Liste du patrimoine mondial en péril en vue d’aider à surmonter les obstacles s’opposant à leur préservation.






Source Communiqué de presse N°2005-87
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 28372 | guest (Lire) Mise à jour: 27-07-2005 2:12 pm | © 2003 - UNESCO - Contact