Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
Réunion d’experts pour élaborer des indicateurs sur le racisme et la discrimination dans les villes

Des chercheurs et des décideurs municipaux d’Europe, d’Amérique du Nord et de la région Asie-Pacifique, se réuniront le 8 juillet à Nagoya (Japon) pour partager leurs expériences en matière d’évaluation des politiques contre la discrimination, et notamment pour développer des indicateurs sur le racisme et la discrimination dans les villes. Un rapport, basé sur une étude des indicateurs mis en œuvre dans six villes d’Amérique du Nord et d’Europe, pourra offrir des pistes intéressantes.

La réunion de Nagoya, organisée par l’Université Chubu, l’International Movement against Discrimination and Racism (IMADR), l’Université du Québec et l’UNESCO, s’inscrit dans le cadre de l’initiative lancée par l’UNESCO en 2004 en vue de créer une Coalition internationale des villes contre le racisme.

Pour l’UNESCO, la ville, principal foyer de brassage ethnique et culturel, représente un espace privilégié pour mener concrètement la lutte contre le racisme et la xénophobie, ainsi que les discriminations qui en dérivent. D’où cette proposition de créer un réseau de villes intéressées par l’échange d’expériences et d’expertises en vue d’améliorer leurs politiques de lutte contre le racisme. Dans un premier temps, des coalitions de villes doivent être créées à l’échelle des régions. Autour d’une ville désignée « chef de file », chaque région se dote ensuite d’un Plan d’action propre. Les villes signataires s’engagent à intégrer ce dernier dans leurs stratégies et politiques municipales et à y consacrer les ressources humaines, budgétaires et matérielles nécessaires.

L’Europe a ouvert la voie en lançant en décembre 2004 à Nuremberg (Allemagne) la Coalition européenne des villes contre le racisme et la xénophobie. A cette occasion, quatorze villes - Badalona, Barcelone et Madrid en Espagne ; Gap, Lyon et Paris en France ; Bologne, Pescare et Santa Maria Capua Vetera en Italie ; Londres ; Erlangen et Nuremberg ; Sarajevo et Stockholm - ont signé la déclaration d’intention. Depuis, Berlin, Caudebec-Lès-Elboeuf (France), Genève, Grenoble, Lausanne, Liège, Pappenheim (Allemagne), Pianoro (Italie), Pontaut-Combault (France), Riga, Rome et Séville ont rejoint la Coalition ; d’autres villes ont manifesté leur intérêt.

D’autres coalitions vont progressivement se mettre en place. En juin 2005, à Saskatoon (Canada), un atelier a élaboré un plan d’action en dix points pour une future Coalition canadienne des villes contre le racisme. L’Autorité municipale de Bangkok vient d’accepter d’être chef de file pour la région Asie-Pacifique et une série de consultations démarreront dès juillet 2005. Une coalition pour l’Amérique latine et les Caraïbes devrait voir le jour après une réunion qui se tiendra en septembre 2005 à Montevideo (Uruguay).

En amont de la réunion de Nagoya, un rapport, réalisé par des membres du Centre de recherche sur l’immigration, l’ethnicité et la citoyenneté (CRIEC, Canada), cherche à développer une série d’indicateurs pour l’évaluation des politiques municipales visant à contrer le racisme et la discrimination. Basé sur une étude des moyens mis en œuvre dans ce domaine dans six municipalités (Montréal, Toronto, Saskatton et Vancouver au Canada ; Boston aux Etats-Unis et Stockholm* en Suède), il fournit un outil qui peut aider les villes à évaluer leurs propres performances. Le rapport souligne cependant que les situations varient grandement et qu’un indicateur pertinent dans un contexte ne le sera pas dans un autre. Il appartient donc aux villes d’adapter cet outil en fonction de leur contexte spécifique.

La grille d’analyse proposée regroupe les initiatives prises par les villes sous trois rubriques : la ville comme organisation ; la ville comme communauté ; la ville comme garante de l’ordre public. Sous la première rubrique, on trouve principalement : les programmes d’équité en emploi dans l’organisation municipale et les obligations contractuelles ; la formation du personnel à la diversité et à la lutte contre le racisme ; les services municipaux (y compris les services de traduction et l’embauche de personnes multilingues) ; les services institutionnels offerts pour contrer les manifestations du racisme (par exemple, un comité chargé de recueillir les plaintes pour harcèlement raciste) ; la composition du Conseil municipal et la participation de membres de communautés ou de groupes.

La deuxième rubrique porte sur les différentes formes de soutiens que l’administration municipale peut apporter à la vie communautaire. Il peut s’agir de mécanismes de liaison, de financement d’initiatives communautaires et associatives, de soutien ou de promotion d’événements publics du type Semaine de lutte contre le racisme, de remise de prix et distinctions, ou de lancement de nouveaux partenariats. Quant à la rubrique portant sur la ville comme garante de l’ordre public, elle recouvre des initiatives telles que la protection des individus victimes de crimes racistes, la protection des individus face au « profilage racial », l’éducation des policiers, l’énonciation de principes et de codes déontologiques visant à contrer les comportements discriminatoires au sein des forces de l’ordre, l’adoption de programmes et de politiques d’intervention visant à rendre les services policiers plus efficaces dans la lutte contre les comportements racistes, l’attribution de ressources pour la prévention des comportements racistes.

* Une adjointe au maire de Stockholm sera présente à Nagoya pour présenter les expériences de sa ville en matière d’évaluation des politiques sociales visant à l’intégration de tous les habitants.

Pour se procurer le rapport, prière de contacter : j.morohashi@unesco.org



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Avis aux médias N°2005-47
Site Web 1 (URL) Pour plus d’information sur la Coalition internationale des villes contre le racisme
Generic Field
russe
Date de publication 30 Jun 2005
© UNESCO 1995-2007 - ID: 28238