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A l’UNESCO les Présidents iranien et algérien appellent à la poursuite du dialogue entre les civilisations

05-04-2005 4:00 pm Mohammad Khatami, Président de la République islamique d’Iran, et Abdelaziz Bouteflika, Président de la République algérienne, ont plaidé pour un dialogue ouvert entre les civilisations, condition indispensable au renforcement des relations internationales et du développement.bout_khat_250.jpg A l’ouverture de la conférence internationale sur le dialogue entre les civilisations, les cultures et les peuples qui a réuni plus de 300 participants, notamment d’éminents universitaires et des décideurs politiques des Etats arabes, de l’Asie, d’Europe et des Etats-Unis, le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a salué le Président de la République islamique d’Iran, Seyed Mohammad Khatami, qui a été à l’origine du « mouvement politique et intellectuel qui a réintroduit le dialogue comme une notion centrale pour la gestion des affaires du monde », rendant possible la désignation de 2001 comme Année des Nations Unies pour le dialogue entre les civilisations.

Rappelant que le dialogue constitue le fondement de la création des Nations Unies et de l’UNESCO, le Directeur général a déclaré que : « Les processus de mondialisation, en créant un cadre inédit de rencontres et d’interaction entre les peuples, ont rendu la construction de ponts entre les civilisations, les cultures et les peuples absolument vitale ».

« Un tel dialogue, a poursuivi Koïchiro Matsuura, s’accompagne nécessairement d’un ancrage solide dans la démocratie, les droits de l’homme et les libertés fondamentales, seuls garants d’une paix et d’un développement durables, et conditions indispensables à toute réconciliation ».

Durant la conférence, les intervenants et les participants ont rendu hommage au pape Jean-Paul II et à sa contribution au dialogue, à la paix et à la compréhension. Ils lui ont dédié une minute de silence.

Dans son discours, le Président Khatami a salué l’apport de l’UNESCO au dialogue entre les civilisations, en particulier sa Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (adoptée en 2003), sa Déclaration universelle sur la diversité culturelle (adoptée en 2001), ainsi que la préparation d’une convention relative à la diversité culturelle et le travail en cours dans le domaine de l’éthique des sciences.

Pour le Président Khatami, les événements de septembre 2001 prouvent que « la question du dialogue entre les civilisations est désormais une urgence en politique et en économie ». Le Président iranien a expliqué que si les civilisations s’influencent mutuellement depuis des millénaires, ce qui différencie la notion de dialogue, c’est « son caractère conscient ». Il a précisé : « On peut influencer ou être influencé sans s’en rendre compte alors que, par définition, le dialogue nécessite une communication consciente ».

Le dialogue repose sur le discours et la langue, a poursuivi le Président Khatami qui a déclaré : « L’essence de la langue est dans la communion des êtres, autrement dit c’est dans et avec le dialogue que la connaissance de soi, d’autrui et du monde devient possible ». Faisant référence à Platon « qui exprima l’unité du beau, du vrai et du juste », le Président iranien a indiqué : « De même est le dialogue, à la fois beau, moral et garant du vrai ».

« En tant que Musulman, j’ai la ferme conviction que la religion tient sa beauté de la justice. […] Toute compréhension de la religion justifiant d’une manière ou d’une autre l’injustice s’oppose à la religion dans le vrai sens du terme » , a ajouté Mohammad Khatami.

Plaidant pour une moralisation de la politique, il a insisté : « La traduction politique du dialogue entre les civilisations consisterait à dire que la culture, la morale et l’art doivent prévaloir sur la politique […]. Tant que la politique reste étrangère à la morale et ne se laisse pas imprégner par la culture, […] les droits de l’homme ne sont pas défendus ».

Distinguant entre dialogue et négociation, le Président Khatami a affirmé : « Le dialogue entre les civilisations signifie, dans sa dimension politique, le rejet du terrorisme et de la violence. […] Il comprend également la lutte contre une longue liste de fléaux qui affectent l’humanité toute entière, tels que l’effroyable faim qui sévit dans le monde et qui tue nombre d’enfants et d’adultes, la dégradation croissante de l’environnement, les menaces qui pèsent sur la famille, la permissivité morale, la privation dans des régions entières des moyens d’éducation pour les enfants et adolescents ».

Le Président Khatami a exprimé son intention de créer une organisation non gouvernementale destinée à promouvoir le dialogue entre les civilisations et a sollicité des suggestions et propositions pour ce projet.

Pour sa part, le Président algérien, Abdelaziz Bouteflika a déclaré vouloir ajouter sa voix « à celles des hommes et des femmes, qui croient profondément en un avenir moins incertain pour notre monde », ajoutant : « Le dialogue des civilisations est l’un des moteurs du progrès. Il permet la diffusion des innovations produites dans le cadre de chacune d’entre elles. Il est un vecteur de perfectibilité du genre humain dans son ensemble, du travail toujours inachevé d’humanisation de l’homme ».

« Le terrorisme n’est pas inscrit dans la matrice de la civilisation musulmane. Rien ne peut justifier cette folie meurtrière et ce jeu de massacre. […] Rien, ni dans le passé proche ou lointain, ni dans le présent, ne peut accréditer la thèse du choc des civilisations des deux rives de la Méditerranée. De manière le plus souvent pacifique, rarement et marginalement de manière brutale, les deux espaces civilisationnels ont vécu sur le mode de l’influence réciproque, et du dialogue plus ou moins nourri, de part et d’autre, selon les périodes. Chaque locuteur a été à son tour le maître ou l’élève, acclimatant dans son espace les innovations qui lui convenaient le mieux, même quand, au départ, elles lui étaient imposées par la force », a déclaré le Président Bouteflika.

Le Président algérien a ajouté : « Aucune civilisation, l’Occidentale pas plus que les autres, ne détient les clés de l’Universel, mais chacune participe à sa vitesse, et aux niveaux qu’elle privilégie, à un processus contrasté d’universalisation du genre humain, processus à jamais inachevé ».

Il a évoqué « la construction d’un monde pluriel […], un monde dans lequel se reconnaîtraient, avec leurs diversités, tous les humains sans exclusive ». « Ce monde en marche, en marche vers le bonheur, ne saurait atteindre cet objectif par l’uniformisation et la standardisation des habitudes, des comportements, des pensées et des valeurs propres à chaque peuple. Ce bonheur, notre rêve à tous, dépend de notre capacité à comprendre l’autre, à l’accepter dans toute sa diversité, une diversité qui, loin de constituer un handicap, peut être, si elle est intelligemment mise à contribution au service du genre humain, une source de progrès pour l’humanité ».

A propos des nouvelles technologies de l’information et de la communication, le Président Bouteflika a ajouté : « Le monopole exercé par un nombre extrêmement réduit d’Etats sur ces techniques aboutit en fait à imposer leur langage numérique au reste de la planète qui, impuissant et passif, consomme les produits de ces nouvelles technologies ».

« Pour que le dialogue se substitue au repli sur soi, et devienne un facteur de stabilité et de sécurité internationales, pour qu’il devienne une force au service du bien-être de l’humanité, il est impératif que l’hémisphère sud, et particulièrement sa composante arabo-musulmane, se mette au diapason des nécessaires réformes qui s’imposent aujourd’hui au monde. Cela nous ne saurions le nier », a poursuivi le Président algérien.

Après ces discours, les participants ont engagé une séance de questions-réponses avec les deux présidents.

L’UNESCO en tant qu’agence chef de file pour le dialogue entre les civilisations s’est engagée dans des activités liées au dialogue dans tous ses domaines de compétence, l’éducation, les sciences, la culture et la communication.

Photo © UNESCO/Michel Ravassard


Conférences internationales précedentes (en anglais)



Source Communiqué de presse N°2005-38
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 26761 | guest (Lire) Mise à jour: 06-04-2005 2:20 pm | © 2003 - UNESCO - Contact