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La qualité de l'éducation est insuffisante pour parvenir à l’éducation pour tous d’ici 2015
Contact éditorial : Sue Williams, Section des relations avec la presse, Bureau d’information du public, Tel : +33 (0)1 45 68 17 06. Au Brésil du 4 au 12 novembre : +33 (0)6 07 84 26 76 - Email
Contact audiovisuel : Un B-Roll est disponible sur demande, tél. +33 (0)1 45 68 17 38

08-11-2004 4:20 pm Le nombre d’enfants scolarisés est plus élevé qu’il ne l’a jamais été, mais beaucoup d’élèves abandonnent avant la cinquième année du primaire ou achèvent le cycle primaire sans maîtriser un minimum de compétences cognitives. C’est ce qu’indique le Rapport mondial de suivi de l’Education pour tous 2005, lancé aujourd’hui à Brasilia (Brésil).gmr2005_250.jpg
Le Rapport, qui évalue les progrès effectués dans la mise en œuvre des six objectifs* de l’Education pour tous (EPT) établis par plus de 160 pays lors du Forum mondial sur l’éducation (Dakar, 2000), souligne que des efforts significatifs sont faits pour accroître les ressources, élargir l’accès à l’école et améliorer la parité entre les sexes. Toutefois, une analyse exhaustive des données collectées montre que le manque de qualité des systèmes éducatifs est préjudiciable aux enfants dans de nombreuses régions du monde et pourrait empêcher de nombreux pays de réaliser l’Education pour tous à la date prévue, en 2015.

Ainsi, dans un tiers des pays où les données existent, moins de 75 % des élèves atteignent la cinquième année du primaire. Les évaluations nationales et internationales montrent par ailleurs que les niveaux de performance sont très bas dans les pays à faible et moyen revenus et parmi les groupes défavorisés de certains pays industrialisés.

« Des classes surchargées, des enseignants peu qualifiés et des écoles sous-équipées disposant d’un matériel pédagogique insuffisant sont encore la réalité de nombreux pays », a déclaré le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura. « Pourtant, assurer une qualité acceptable est essentiel pour réaliser l’éducation pour tous : ce que les enfants apprennent et la manière dont ils l’apprennent est déterminant pour leur scolarité et leur futur ».

L’importance de la qualité apparaît clairement dans l’Indice du développement de l’EPT, qui mesure le progrès général enregistré par 127 pays en matière d’EPT. L’Indice s’appuie sur des indicateurs permettant d’évaluer les quatre objectifs les plus facilement quantifiables: l’éducation primaire universelle, l’alphabétisation des adultes, la qualité de l’éducation (mesurée à partir du taux de survie scolaire des élèves en cinquième année du primaire) et la parité entre les sexes.

Selon l’Indice, 41 pays sont assez près des quatre objectifs. Il s’agit surtout de pays développés et de pays en transition mais quelques pays d’Amérique latine et des Caraïbes, tels que l’Argentine, Cuba et le Chili, et cinq petits Etats insulaires, figurent également dans ce groupe.

La Roumanie, la Bulgarie et le Costa Rica arrivent en tête du groupe suivant, composé de 51 pays, qui comprend de nombreux pays arabes et d’Amérique latine. Tous ces pays sont bien partis pour atteindre certains objectifs, mais sont en retard sur d’autres, comme la qualité.

Enfin, le troisième groupe compte 35 pays, dont 22 sont situés en Afrique sub-saharienne. Il compte aussi les pays très peuplés que sont le Bangladesh, l’Inde et le Pakistan. Tous sont « très loin d’atteindre les objectifs » et « devront relever simultanément de multiples défis pour réaliser l’EPT ».

Le rapport fournit une analyse détaillée des facteurs clé qui influencent la qualité de l’éducation, comme les ressources financières et matérielles des écoles, le nombre et la formation des enseignants, les matières fondamentales, la pédagogie, la langue, le volume horaire de l’enseignement, les équipements et le leadership.

On relève une claire tendance à l’amélioration dans plusieurs domaines. Le financement de l’éducation, par exemple, a augmenté ces dix dernières années dans de nombreux pays en développement et l’accès à l’éducation continue de s’améliorer. Mais on compte encore 103,5 millions d’enfants non scolarisés, un chiffre qui diminue trop lentement pour permettre de réaliser l’éducation primaire universelle d’ici 2015. Le rapport indique aussi que l’amélioration de l’accès à l’école n’a pas été compensée par une augmentation équivalente des ressources et des installations.

Cette situation est particulièrement nette en ce qui concerne les enseignants qui, indique le rapport, « ont la plus forte influence sur l’apprentissage ». Dans de nombreux pays à faible revenu, les enseignants n’ont souvent pas le niveau minimum requis pour exercer. Ainsi au Togo, seuls 2 % des professeurs sont diplômés du premier cycle de l’enseignement secondaire, comme l’exigent les normes nationales. Au Botswana, où les enseignants des écoles primaires doivent être diplômés du deuxième cycle de l’enseignement secondaire, seuls 10% des professeurs répondent à ce critère. De la même manière, une étude récente menée dans sept pays d’Afrique australe, citée par le rapport, « a montré que certains instituteurs enseignant les mathématiques n’avaient que des connaissances de base en arithmétique et obtenaient en fait des scores inférieurs à ceux des élèves aux mêmes tests ».

Trop souvent, ces enseignants peu formés doivent aussi faire face à des classes surchargées. Le rapport indique que dans les pays où le taux d’élèves par professeur est le plus élevé, « à peine un tiers des élèves atteignent la cinquième année du primaire ». Dans de nombreux pays d’Afrique sub-saharienne, d’Asie du Sud et de l’Ouest, où l’éducation s’est développée rapidement ces dix dernières années, le taux d’élèves par enseignant a augmenté. Dans la plupart des pays de ces régions, le nombre d’élèves par professeur dépasse 40 dans l’enseignement primaire. Il grimpe même à 60 dans plusieurs cas, notamment au Malawi, au Mozambique, en République centrafricaine et au Tchad. En outre, dans de nombreux pays à faible revenu, les salaires réels des professeurs ont baissé par rapport au revenu moyen et leur rémunération est trop faible pour leur assurer un niveau de vie correct.

La pandémie du VIH/sida est un autre facteur qui « compromet sérieusement » la qualité, d’après le rapport. En Zambie par exemple, il a été estimé que 815 enseignants du primaire sont morts du sida en 2001, « un chiffre équivalent à 45 % des enseignants formés cette même année ». En Afrique sub-saharienne, « plus de 11 millions d’enfants de moins de 15 ans ont perdu au moins un de leurs parents à cause du VIH/sida ». Le rapport souligne que « leurs chances d’apprendre sont souvent réduites par la nécessité de s’occuper des membres de leur famille qui sont malades ou de contribuer aux revenus du ménage ».

Le Rapport présente des études de cas pour 11 pays (Afrique du sud, Bangladesh, Brésil, Canada, Chili, Cuba, Egypte, Finlande, République de Corée, Sénégal et Sri Lanka) qui montrent comment on affronte la question de la qualité dans les pays riches mais aussi dans les pays en développement. Il propose aussi une série de mesures politiques destinées à améliorer la qualité de l’éducation et souligne que « bien qu’il n’existe pas de recettes universelles, une vision à long terme de l’éducation, un fort leadership gouvernemental et un corps enseignant motivé et bénéficiant d’un soutien adéquat conditionnent la réussite des réformes concernant la qualité ».

La communauté internationale a un rôle crucial à jouer pour encourager ce processus. On estime aujourd’hui que l’aide à l’éducation de base s’élève à 1,5 milliards de dollars par an. Des engagements récents devraient ajouter 2 milliards de plus par an au cours des cinq prochaines années, mais ce chiffre reste encore bien en deçà du supplément - 5,6 milliards de dollars par an - que l’on estime nécessaires pour parvenir à l’éducation primaire universelle d’ici 2015.

Le Rapport de suivi de l’éducation pour tous est rédigé par une équipe internationale indépendante basée au siège de l’UNESCO à Paris (France). Il s’inscrit dans le cadre du suivi du Forum mondial de l’éducation de Dakar (Sénégal, 2000) et dispose d’un conseil éditorial international. Il est financé par l’UNESCO et plusieurs agences bilatérales. Ses conclusions serviront de base de discussion lors de la quatrième réunion du Groupe de haut niveau sur l’éducation pour tous (Brasilia, du 8 au 10 novembre). Ce groupe, petit et flexible, rassemble des responsables de haut niveau issus des gouvernements et de la société civile des pays industrialisés et en développement ainsi que des agences des Nations Unies et d’autres organisations internationales. Il sert de levier à l’engagement politique et à la mobilisation de ressources techniques et financières pour l’EPT. Les données réunies par le Rapport de suivi sont aussi l’occasion pour la communauté mondiale de rendre compte des engagements pris lors du Forum de Dakar.




* Plus de 160 pays présents lors du Forum mondial sur l’éducation (Dakar, Sénégal, 2000) se sont fixé comme objectif d’ici 2015 de :
1. Développer la protection et l’éducation de la petite enfance
2. Réaliser l’enseignement primaire universel
3. Améliorer les chances d’apprendre des jeunes et des adultes
4. Améliorer de 50 % le niveau d’alphabétisation des adultes
5. Parvenir à l’égalité entre les sexes
6. Améliorer tous les aspects de la qualité de l’éducation


  • La version complète du Rapport mondial de suivi de l’EPT 2005 est disponible (en anglais)
  • Page d'accueil du Rapport de suivi de l'EPT
  • Pour plus de renseignements sur l’Education pour tous

  • Source Communiqué de presse No.2004-98
    Auteur(s) UNESCOPRESS


     ID: 23451 | guest (Lire) Mise à jour: 15-11-2004 3:13 pm | © 2003 - UNESCO - Contact