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Accueil - UNESCO et l'IRAQ  
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06-10-2004 8:00 am L'UNESCO lance ce mois-ci un projet, d'une durée de 15 mois, qui jettera les bases d'un Plan directeur pour les ressources en eau en Iraq. Quelque 3,3 millions de dollars É.-U. ont été alloués à ce projet, qui répond à la demande expresse du Ministère iraquien des ressources en eau.
Le gouvernement estime que la sécurité de l'eau est la condition sine qua non de la sécurité alimentaire et sanitaire, de la viabilité environnementale, de la reconstruction et du développement socio-économiques. Toutefois, la situation politique a privé le pays du personnel qualifié et des capacités techniques et institutionnelles lui permettant d'atteindre cet objectif.

C'est pourquoi le projet est avant tout axé sur la formation technique en gestion intégrée des ressources en eau. Les cours seront dispensés à Amman et au Caire, en coopération avec la Chaire UNESCO-EOLSS en hydrologie des oueds, Université de Jordanie, et l'Institut de recherche sur les eaux souterraines du Caire. Le projet vise aussi la formation en formulation, mise en œuvre et suivi de projets relatifs à l'eau s'adressant à de hauts fonctionnaires et des experts de haut niveau ou de niveau intermédiaire. Il prévoit également, en coopération avec les institutions d'enseignement supérieur iraquiennes, de réhabiliter le centre de formation et de recherche au sein du Ministère des ressources en eau. Des projets pilotes et des travaux de recherche axés sur les problèmes qu'affronte le pays dans le domaine de l'eau sont également mis en place pour permettre aux hydrologues iraquiens d'utiliser leurs compétences fraîchement acquises. Les experts iraquiens élaboreront ensuite des projets de suivi, fondés sur leurs observations.

L'Iraq s'étend sur plus de 437 072 km², dont 4 910 km² sont constitués de masses d'eau. L'Iraq, par rapport à Israël, la Jordanie et les Etats du Golfe, dispose d'abondantes ressources en eau : selon le Rapport des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau dans le monde (2003), la totalité du volume hydrique renouvelable s'y élève à 3 287 m³/an/habitant. La présence d'eaux souterraines de bonne qualité a été relevée au pied des montagnes, au nord-est de l'Iraq, et le long de la rive droite de l'Euphrate.

Les ressources en eau ne sont pas réparties uniformément sur l'ensemble du pays. On estime à 154 mm la moyenne annuelle des précipitations, avec des variations allant de moins de 100 mm dans le sud, à 1 200 mm dans le nord-est. L'Iraq ne compte qu'un bassin fluvial, formé de la confluence de l'Euphrate et du Tigre, le Chatt al-Arab, se jetant dans le golfe Persique. Pas moins de 90% des lacs et des marécages de la partie inférieure du Tigre et de l'Euphrate se sont taris au cours des trois dernières décennies.

L' " Avenir de l'environnement mondial " révélait en 2000 que les eaux souterraines en Iraq se tarissaient à vue d'œil en raison d'une ré-alimentation naturelle des nappes phréatiques très insuffisante au regard des volumes d'eau utilisés. Les systèmes traditionnels de roues (Afalaj), qui exploitent les aquifères en recourant à des canalisations souterraines alimentées par gravité, en ont donc beaucoup pâti.

A l'aune de la nourriture et de la santé, l'Iraq accuse un recul. Entre 1990 et 1992, 1,2 millions d'Iraquiens souffraient de sous-alimentation. En 1999, ce chiffre avait doublé. Dans les années à venir, l'Iraq devra nourrir une population en pleine croissance : quelque 41% de la population iraquienne (24 millions d'habitants) a moins de 14 ans et la croissance démographique y est de 2,86% par an.

L'irrigation en Iraq a une longue histoire, tirée de l'utilisation des eaux du Tigre et de l'Euphrate, qui remonte à la civilisation de la Grande Mésopotamie. A présent, environ 11,5 millions ha. des terres sont cultivables. Cela dit, la FAO estime qu'en 1998, seulement 5,5 millions ha. étaient cultivés, partiellement en raison de la salinité des sols et des pratiques de jachère, et au moins 64% des terres cultivées étaient irriguées. Bien que la majorité de la population soit actuellement rationnée, le potentiel du secteur agricole iraquien pour soutenir la croissance économique et la création d'emplois est considérable.

L'évaluation mondiale des conditions d'alimentation en eau et d'assainissement, menée conjointement en 2000 par l'OMS et l'UNICEF, révèle qu'en 1995, les zones urbaines étaient approvisionnées à 96% en eau potable, contre 48% pour les zones rurales, tandis que 93% des populations urbaines et 31% des populations rurales bénéficiaient de structures d'assainissement. Toutefois, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge internationaux, et le Fonds de secours chrétien ont pu constater que la guerre de 2003 a sérieusement affecté ces équipements, ce qui pourrait déclencher une misère endémique.

Un deuxième objectif du projet UNESCO est de favoriser le dialogue sur la gestion partagée du Tigre et de l'Euphrate - prenant leur source en Turquie -, entre l'Iraq et les autres Etats riverains : Iran, Syrie et Turquie. L'Iraq et la Turquie ont établi, en 1980, un comité technique conjoint pour examiner les problèmes liés à la gestion des eaux, dont la dernière réunion remonte à 1992. Des tensions ont surgi dans la région depuis que la Turquie s'est lancée, en 1977, dans la construction de 22 barrages et de 19 centrales hydroélectriques, dans le cadre de son projet sur l'Anatolie du sud-est.

L'UNESCO familiarisera les experts iraquiens aux normes internationales en vigueur dans le domaine des eaux partagées, tout en incitant les quatre Etats riverains à échanger des informations relatives à l'eau, ainsi que des données sur les projets, en cours et planifiés, dans le domaine des fleuves partagés. Forts de ces connaissances, et à l'appui de perspectives des besoins en eau de chacun d'eux, les pays riverains devraient être suffisamment armés pour négocier un cadre régional garantissant une utilisation équitable des fleuves.
Le projet de l'UNESCO entre dans le cadre du Plan stratégique de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq. Il est financé par le Fonds d'affectation spéciale du Groupe des Nations Unies pour le développement de l'Iraq qui, avec le Fonds d'affectation spéciale de la Banque mondiale pour l'Iraq, constitue le Mécanisme des fonds internationaux pour la reconstruction de l'Iraq, mis en place, en octobre 2003, lors de la Conférence internationale des bailleurs de fonds pour l'Iraq (Madrid). Lors de cette conférence, dont l'objet était d'aider les donateurs à canaliser les financements et à coordonner l'aide, ces derniers ont pris des engagements à hauteur de 32 milliards $ É.-U., sur une période de quatre ans.


Secteur des sciences naturelles



Source UNESCO Science



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 ID: 23108 | guest (Lire) Mise à jour: 06-10-2004 8:56 am | © 2003 - UNESCO - Contact