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Inauguration du Pont de Mostar
Contact éditorial :
  • Presse écrite : Jasmina Sopova, Section des relations avec la presse, tel portable : +33 (0)6 14 69 53 72 (les 22, 23 et 24 juillet), fax +33 (0)1 45 68 56 52 - Email
  • Contact audiovisuel :
  • Radio/TV/B-rolls : Carole Darmouni, Service audiovisuel, tél : +33 (0)1 45 68 17 38, email : c.darmouni@unesco.org
  • Photos : Niamh Burke, tél. : + 33 (0)1 45 68 16 91, n.burke@unesco.org / Michel Ravassard, tél. : + 33 (0)1 45 68 16 87 - Email
  • 16-07-2004 6:30 am Le 23 juillet, à Mostar, le Vieux pont reconstruit sera inauguré par Sulejman Tihic, Président du Collège présidentiel de Bosnie-Herzégovine et Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO, qui s’exprimera également au nom du système des Nations Unies, en présence d’une dizaine de chefs d’Etat de la région et de hautes personnalités de la scène politique européenne. Détruit en 1993, pendant le guerre en Bosnie-Herzégovine, le Vieux pont était le symbole de la ville de Mostar. Reconstruit onze ans plus tard, ce même pont devient le symbole de la réconciliation et de la solidarité humaine.nouveauhd1.jpg

    Le 9 novembre 1993, le Vieux pont de Mostar s’est abîmé dans les eaux de la Neretva, sous l’impact de projectiles lourds. La ville qui a perdu un nombre important de ses habitants durant la guerre a été frappée en son cœur. Elle s’était à ce point identifiée à ce pont qu’elle lui devait jusqu’à son nom : « most » veut dire pont dans les langues locales. Depuis sa construction entre 1557 et 1566, par l’architecte ottoman Mimar Hajreddin, élève du célèbre Sinan, « le Vieux » - comme l’appelaient les gens de Mostar - avait résisté à toutes sortes de calamités, invasions, guerres, tremblements de terre.

    « Lorsqu’un pont est brisé, il en reste le plus souvent, d’un côté ou de l’autre, une sorte de moignon. Il nous semblait d’abord qu’il s’était écroulé tout entier sans rien laisser, en emportant avec lui une partie du rocher, des tours de pierre qui le surplombaient, des mottes de la terre d’Herzégovine. Nous vîmes plus tard des deux côtés qui le soutenaient de vraies cicatrices, vives et saignantes », écrit Predrag Matvejevitch, écrivain né à Mostar en 1932 (d’un père russo-ukrainien et d’une mère croate) qui ne cesse de revendiquer son « impureté ethnique ».1

    Flanqué par deux tours fortifiées, la Halebija, sur la rive droite, et la Tara, sur la rive gauche, le pont avait une seule arche voûtée d’une largeur de 4 m et d’une longueur de 30 m. Il était composé de 456 blocs de pierre calcaire.

    Le Vieux pont a été détruit pour sa valeur emblématique. C’est pour défendre cette même valeur que l’UNESCO s’est engagée à le reconstruire.

    « Nous sommes présents à Mostar afin de faire revivre un patrimoine exceptionnel qui, après avoir été pris pour cible, doit devenir un signe de ralliement, un signe de reconnaissance, le symbole fort d’une identité plurielle construite sur une confiance réciproque », a déclaré Koïchiro Matsuura.

    Quatre mois seulement après l’effondrement du pont, alors que la Bosnie-Herzégovine était en pleine guerre, l’UNESCO a lancé, le 10 mars 1994, un premier appel pour sa reconstruction et a envoyé en juin une mission qui a proposé des mesures d’urgence.

    L’Accord de Dayton, signé en décembre 1995, qui propose un cadre général pour la paix en Bosnie-Herzégovine, a créé une Commission pour la préservation des monuments nationaux et confié au Directeur général de l’UNESCO la responsabilité de nommer deux de ses cinq membres, dont le président.

    Le 13 juillet 1998, l’UNESCO, la Banque Mondiale et les autorités municipales ont lancé un appel conjoint pour la reconstruction du Vieux pont, auquel ont répondu cinq pays donateurs (Croatie, France, Italie, Pays-Bas, Turquie), ainsi que la Banque de développement du Conseil de l’Europe.2

    Alors que la Banque mondiale avait la responsabilité de la partie financière du projet et que la ville de Mostar avait celle de sa gestion et de la distribution des fonds, le rôle principal de l’UNESCO a été d’assurer une coordination scientifique et technique.

    A cette fin, elle a nommé en octobre 1998 un Comité international d’experts pour la reconstruction du Vieux pont et la réhabilitation de la vieille ville de Mostar3 avec mission de veiller à la qualité et à l’organisation des travaux.

    Le Vieux pont a été reconstruit avec des matériaux locaux – pierres du type « ténélija » et « bretcha » que l’on trouve dans les carrières voisines – et selon des méthodes traditionnelles, avec des outils tels que des voussoirs, des crampons et des tenons. Après deux ans de recherches scientifiques et archéologiques, les travaux de reconstruction ont commencé le 7 juin 2001, en présence des présidents de Bosnie-Herzégovine et d’Italie. Le 14 avril 2003, la première pierre de l’arche a été posée, en présence de nombreux habitants de Mostar. La reconstruction a été achevée en avril cette année.

    D’autres projets majeurs élaborés par l’UNESCO ont été réalisés à Mostar : la restauration de la mosquée Tabacica (financé par l’Arabie Saoudite, pour un montant de 200 milles dollars) ; la réalisation du plan de sauvegarde du centre historique de Mostar (financé par l’Italie, 230 000 dollars) ; la restauration du pont Kriva Ćuprija (financé par le Grand-Duché de Luxembourg, 100 000 dollars) ; la restauration du vieux hammam de Mostar (financé par la France, 150 000 dollars). Ces deux derniers seront également inaugurés le 23 juillet, en présence notamment du ministre français des affaires étrangères, Michel Barnier.

    Le 23 juillet, le Vieux pont réunira des Chefs d’Etat de la région du Sud-Est européen, dont les présidents de toutes les anciennes républiques yougoslaves. Ils s’étaient donné un premier rendez-vous à Ohrid (ex-République yougoslave de Macédoine), sous l’égide de l’UNESCO, lors du Forum sur le « Dialogue entre les civilisations » qui s’est tenu les 29 et 30 août dernier. C’est à ce Forum que Dragan Čović, alors à la tête du Collège présidentiel de Bosnie-Herzégovine a convié ces homologues à l’inauguration du pont. Leur présence confirme leur engagement, pris à Ohrid, à œuvrer au nom d’une « nouvelle époque où le dialogue, la compréhension et la réconciliation sont appelés à remplacer les turbulences de l’histoire ».


    1. Predrag Matvejević : « Ce pont entre Orient et Occident », in Stari Most / Le Vieux Pont de Mostar, par Gilles Péqueux et Yvon Le Corre, Gallimard & Partenaires, 2002.

    2. Le projet, d’un coût total de 15,4 millions de dollars, a été financé par un crédit de la Banque Mondiale (4 millions de dollars), et des dons de l’Italie, les Pays-Bas, la Croatie et la Turquie. L’Union Européenne et le gouvernement de France ont fourni des services techniques. La ville de Mostar a octroyé pour sa part 2 millions de dollars.

    3. Membres du Comité :
    Prof. Leon Pressouyre, Président (France)
    Mounir Bouchenaki (UNESCO)
    Azedine Beschaoush (Tunisie)
    Laurent Levi-Strauss (UNESCO)
    Prof. Cevat Erder (Turquie)
    Prof. Zlatko Langof (Bosnie-Herzégovine)
    Prof. Milan Gojkovic (décédé, Serbie et Monténégro)
    Prof. Radovan Ivancevic (décédé, Croatie)
    Ferhat Mulabegovic (Bosnie-Herzégovine)
    Machiel Kiel (Pays-Bas)
    Prof. Girlu Necipoglu (Turquie)
    Prof. Giorgio Macchi (Italie)
    Prof. Eddy de Witte (Belgique)
    Prof. Gabi Dolff-Bonekamper (Allemagne)
    Prof. Mihailo Muravljov (Bosnie-Herzégovine)

    Accréditations : Ines Kajic, ines.kajic@mostar.ba - Miroslav Landeka : miroslav.landeka@mostar.ba, Tél. + 387 36 500 600, Fax : + 387 36 500 683

    Les formulaires d’accréditation se trouvent sur : http://www.mostar.ba

    Photo: © UNESCO/Alain Roussel






    Source Communiqué de presse N°2004 - 68
    Auteur(s) UNESCOPRESSE


     ID: 21743 | guest (Lire) Mise à jour: 16-07-2004 2:01 pm | © 2003 - UNESCO - Contact